On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Ancien membre du gouvernement et ancien président d'Emmaüs, Martin Hirsch revient avec un essai Pour en finir avec les conflits d’intérêts. Car si l'actualité regorge d'exemples qui font les gros titres des journaux, les conflits d'intérêts sont légions dans le système français. Et pour cause : "pas une seule fois je n’ai eu le moindre enseignement, la moindre séance sur les conflits d’intérêts" témoigne le sémillant énarque.
Avec humour, l'auteur raille d'ailleurs la phrase du cardinal de Richelieu qui disait : "il est normal qu'un ministre veille sur sa fortune en même temps que sur celle de l'Etat." Mais l'exception culturelle française en la matière ne s'arrête pas là. Car il existe chez nous une sorte de mythologie selon laquelle être honnête permettrait de surmonter tout conflit d'intérêts. Et l'honnêteté reste une notion vague, puis nous vivons dans "un pays où l'on peut se faire réélire triomphalement après avoir été condamné définitivement pour trafic d'influence ou pour corruption."
Mais c'est quoi, un conflit d'intérêts ?
Selon Martin Hirsch, Pour en finir avec les conflits d'intérêts, il faut déjà les définir. Or il existe deux conceptions de la chose : "la conception française et celle de presque tous les autres pays et de toutes les organisations internationales."
Pour la doctrine française, c'est assez vite vu : le conflit d'intérêts n'est mentionné nul part, pas même dans le code pénal. Les délits qui existent et qui s'en rapprochent sont la prise illégale d'intérêts, la corruption et le délit de favoritisme. "En d'autres termes, il faut avoir consommé pour être condamnable […] un peu comme si le fait d'avoir de l'alcool dans le sang ne devenait un délit que si un accident intervenait."
A l'inverse, dans la plupart des autres pays, la faute commence en amont, dès lors que l'on est en situation de devoir concilier des intérêts contradictoires, par exemple en siégeant dans une commission qui se prononce sur le sort d'une société avec laquelle on a des intérêts financiers... y compris par le truchement de son conjoint ou de ses enfants.
Ainsi, selon le Conseil de l'Europe, "un conflit d'intérêts naît d'une situation dans laquelle un agent public a un intérêt personnel de nature à influer ou paraître influer sur l'exercice impartial et objectif de ses fonctions officielles." L'OCDE reprend par ailleurs la même définition...
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Pointilleux