On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Si les excès de la finance sont, à n’en pas douter, la cause immédiate de la crise de 2008, celle-ci a toutefois, pour Robert Reich , une cause plus profonde : la forte montée des inégalités aux États-Unis au cours des trente dernières années. Désormais, ceux-ci ne devraient pas connaître de reprise économique durable sans réduction des inégalités.
Un parallèle avec la Grande Dépression
La démonstration de Robert Reich s’appuie sur un parallèle entre la crise actuelle et la Grande Dépression de 1929. Dans les deux cas, les décennies précédant la crise ont enregistré une forte augmentation des inégalités de revenus, une forte baisse de l’épargne et un fort accroissement de l’endettement des ménages, et enfin une très forte montée de la spéculation. Les mesures adoptées après la crise de 1929 et, surtout, après la Seconde Guerre mondiale ont permis de corriger le tir. Mais à partir du début des années 1980, le balancier est reparti dans l’autre sens. À la fin des années 1970, le 1% des contribuables qui percevaient les revenus les plus élevés engrangeaient moins de 9% du PIB. En 2007, ils en empochaient plus de 23% (le phénomène est surtout saisissant si l’on considère le 1% les plus riches). Il faut remonter à 1928 pour trouver un tel pourcentage. L’analyse est reprise ici des travaux désormais bien connus de A. B. Atkinson, T. Piketty et E. Saez . L’essentiel des fruits de la croissance des trente dernières années aux États-Unis, explique Robert Reich, est allé aux plus riches. Et le salaire médian, corrigé de l’inflation, a stagné entre 1980 et 2007.
Or, il se trouve que de telles inégalités de revenus, comme on avait pu le constater au moment de la crise de 1929 dépriment la demande globale. “Quand les revenus sont concentrés entre des mains relativement peu nombreuses, la demande globale stagne car les plus riches ne dépensent pas tout ce qu’ils gagnent, loin s’en faut. Ils thésaurisent leur épargne, la consacrent à une spéculation effrénée ou, surtout en ce moment, l’investissent à l’étranger.” . Dans ces conditions, le pouvoir d’achat disponible pour la consommation ne réussit pas à absorber tout ce que le pays peut produire. Lorsque les 10% les plus riches accaparent près de 50% du revenu total, dont ils consacrent les 4/5ème seulement à la consommation, une meilleure répartition peut avoir un effet assez considérable sur la celle-ci .
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