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La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Réponse plurielle aux "climato-sceptiques"
[mardi 05 avril 2011 - 16:00]
Environnement et développement durable
Couverture ouvrage
Climat, une planète et des Hommes : quelle influence humaine sur le changement climatique ?
Erik Orsenna et Michel Petit (présenté par), ouvrage collectif
Éditeur : Le Cherche midi
333 pages / 18 € sur
Résumé : Après la vague de scepticisme qui a bousculé l'opinion fraîchement mobilisée contre le renforcement de l'effet de serre, voici (enfin) les réponses argumentées d'un collectif de scientifiques. Résultat, un ouvrage polyphonique, compact et dense, qui enchaîne au pas de course des articles synthétiques. Il est composé de courts essais, le tout organisé en cinq chapitres. Chaque contribution s'attache à une question précise ; par exemple « Que devient une goutte d’eau ? » ou « Qu’est-ce que le climat ? », " Le changement climatique est-il une idée à la mode ?. .." , etc.. A noter, la conclusion laissée à deux figures politiques : Michel Rocard et Alain Juppé. Toutefois, le lecteur est invité à forger sa propre position, grâce aux éléments du débat, rassemblés et clarifiés dans ce livre d'experts.
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"Voici le livre que nous étions beaucoup à attendre". Erik Orsenna inaugure l’ouvrage en ces termes. Rien de moins qu’un voyageur académicien pour faire toute la lumière sur le climat ! Un incipit prestigieux pour un livre qui rassemble les contributions de 26 spécialistes parmi les plus pointus sur le sujet, et parmi les plus actifs contre les climato-sceptiques. A savoir : Pierre Bacher, Edouard Bard, François Barlier, Pierre Bauer, Yves Coppens, Yves Dandonneau, Jean-Pierre Dupuy, Yves Fouquart, Jean-Claude Gall, Alain Gioda, Stéphane Hallegate, Sylvie Joussaume, Robert Kandel, Jean Labrousse, Michel Lefebvre, Emmanuel Le Roy Ladurie, Hervé Le Treut, Valérie Masson-Delmotte, Sandrine Mathy, Jacques Merle, Michel Petit, Serge Planton, Bernard Pouyaud, Gilles Ramstein, Bernard Seguin, Bruno Voituriez. Il importe de tous les mentionner, car chacun apporte l’éclairage de sa discipline : paléo climatologue, historien, physicien, astronome, océanographe, etc.
Ce livre se veut être une synthèse des connaissances existantes sur le climat en général et sur l’impact des actions humaines affectant le climat, en particulier. Son ambition : offrir une source d’information objective pour le lecteur afin qu'il puisse prendre position, en son âme et conscience, dans le débat sur le changement climatique.
De mon point de vue, le contrat est rempli ; sans être un spécialiste, ni un aficionado des sujets scientifiques, on apprend beaucoup. Les articles expriment les termes du débat, présentent le vocabulaire indispensable et les enjeux à avoir en tête lorsqu’on aborde le sujet. Une véritable propédeutique.

 

Des réponses aux arguments des climato-sceptiques


Ce livre est donc aussi, et il ne s’en cache pas, une réponse aux arguments des climato-sceptiques. On comprend mieux alors les mots d’Erik Orsenna. C’est vrai qu’il s’est fait attendre, ce livre ! Le vent de la tempête du Climategate   presque retombé, Claude Allègre se fait plus discret depuis le camouflet infligé dans l’enceinte de l’Académie des Sciences. Sa fondation peine à sortir de l’œuf et son livre, du flot de critiques qu’il a suscité. En effet, les Argonautes   ont pris leur temps, celui de la rigueur scientifique et de la pédagogie, pour apporter point par point une contre-expertise structurée et énergique, face aux sceptiques.
Le premier chapitre présente les techniques d’étude du passé du climat. Les auteurs expliquent ce qu’elles nous enseignent à propos de l’influence du climat sur le développement de l’activité humaine au fil des siècles. Détail amusant, ce chapitre réunit Emmanuel Le Roy Ladurie et Valérie Masson-Delmotte, -respectivement historien et paléo climatologue- ; soient, deux aventuriers du passé, explorateurs des glaces, à leur façon...

Parler d’histoire peut sembler une introduction originale, pour une synthèse de sciences « dures ». Cet apport n’est en rien anecdotique : l'historien fournit un matériau indispensable à la compréhension des civilisations disparues. De plus, la connaissance des phénomènes passés est singulièrement instructive et propre à nourrir l’analyse préalable à nos réponses aux catastrophes naturelles actuelles et nos futurs choix d’aménagement. Ce premier chapitre expose les méthodes utilisées par l’historien pour dénicher les informations alors qu’aucun relevé scientifiquement fiable n’est disponible : la dendrochronologie (étude des anneaux des arbres), la phénologie (étude de l’apparition des phénomènes périodiques) et plus particulièrement, la vendémiologie (relative aux vendanges) grâce aux informations accessibles par les registres paroissiaux ; ou encore l’étude des glaciers et de leur moraines, ainsi que des tourbières. Emmanuel Le Roy Ladurie est d’ailleurs passé maître dans l’art de cette « chasse » aux informations cachées dans la documentation pléthorique (et poussiéreuse) des paroisses rurales  .


Autre point intéressant du chapitre : Jean-Claude Gall met en exergue une notion dont nous ferions bien de nous souvenir aujourd’hui, celle de « crise biologique »  . Il s’agit de « changements de l’environnement planétaire, en particulier des climats, qui interviennent trop brutalement, dont par conséquent les répercussions s’avèrent très sévères ou qui concernent l’intégralité de la planète, les faunes et les flores […]. Elles sont alors massivement décimées. »  . Ces crises coïncident avec des périodes ambiguës ; elles sont à la fois sources de destruction massive et d’intense renouvellement de la biosphère. L’auteur liste six crises dites majeures depuis le début de la vie sur terre et s’interroge sur la capacité d’adaptation de l’homme face à la prochaine qui s’annonce. Et ce avec raison : même si le tsunami du Japon n’a rien à voir avec le changement climatique, il montre à quel point toutes nos protections, nos infrastructures, sont peu de choses face à une catastrophe naturelle de grande ampleur. Une leçon ardue, mais ô combien utile.

Le premier chapitre se clôt sur un rapide historique de la science du climat. D’une application accessoire pour le tourisme ou l’agriculture, elle devient à partir des années 1950 un véritable sujet d’étude scientifique, doté d’enjeux stratégiques. 1957 est déclarée « année géophysique internationale ». Grâce à des outils de plus en plus perfectionnées (ordinateurs, satellites), la climatologie s’est progressivement invitée au menu des agendas politiques nationaux et internationaux, quittant le champ strictement scientifique. En dépassant ce cadre, elle est entrée dans le débat public.

Titre du livre : Climat, une planète et des Hommes : quelle influence humaine sur le changement climatique ?
Auteur : Erik Orsenna et Michel Petit (présenté par), ouvrage collectif
Éditeur : Le Cherche midi
Date de publication : 20/01/11
N° ISBN : 2749119790
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2 commentaires

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bicente

04/10/11 20:34
Monsieur Orsenna a réuni dans ce livre une palette de personnalités qui sont qualifiées de " carbocentriste ".
Donc vos lecteurs vont tout de suite me qualifier de climatosceptique.
Je revendique mon scepticisme et non mon climatoscepticisme.
Je lis les ouvrages de deux "camps". Et ce mot-là me gène.
Ce que je reproche aux carbocentristes est l'attitude de tirer des conclusions alors que le nombre d'incertitudes est trop important à mon avis pour le faire. Ils se basent sur un consensus de scientifiques qui hélas pensent tous la même chose. L'esprit critique est totalement annihilé. Il est donc facile de s'auto-satisfaire.
De leur coté les sceptiques tombent dans le piège de la critique facile. Leurs arguments traitent de la forme des thèses et non du fond. Malheureusement leurs rares études contradictoires ne sont pas diffusées car la presse scientifique ne fait pas preuve d'impartialité. Il leur est donc difficile de faire valoir dans des conditions normales leurs arguments pour un débat scientifique digne de ce nom.
Pour ne citer qu'un exemple récent, quelle a été la couverture médiatique de l'expérience "CLOUD" menée au CERN sur le rôle des nuages. Plusieurs pays participaient à cette expérience, sauf la France.
Je n'ai qu'un espoir.
C'est celui que la science ne flirte plus avec le monde politico-économique car elle est en train de se brûler les ailes et d'y perdre en crédibilité.
Hélas j'ai bien peur que cela ne soit une utopie car nos scientifiques, quels qu'ils soient,ont besoin d'argent pour financer leur recherche. Et j'ai le sentiment qu'ils sont capables de tout pour y parvenir
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arzi77

14/04/11 10:41
Quelques extraits de cet ouvrage sont visibles sur le site du club des Argonautes:
http://www.clubdesargonautes.org/livreclimat/climat_une_planete_et_des_hommes.php
(Lien court: http://tinyurl.com/4xpmg2d )

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