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critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Présence de Gaëtan Picon
[mercredi 09 mars 2011 - 11:00]
Arts et Culture
Couverture ouvrage
Gaëtan Picon (1915-1976): Esthétique et culture. Préface de Jean-François Sirinelli, postface d'Yves Bonnefoy.
Agnès Callu
Éditeur : Honoré Champion
716 pages
Résumé : Une biographie scientifique explique pourquoi Gaëtan Picon a laissé le souvenir d'un des plus grands critiques littéraires et d'art de son siècle.
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Un critique littéraire, même s'il se double d'un critique d'art, mérite-t-il une biographie? Cet honneur, si c'en est un, pourrait sembler réservé au créateur ou à l'homme d'action. Mais Gaëtan Picon est quelqu'un dont l'œuvre critique, tant par sa démarche que par son style, peut légitimement être qualifiée de créatrice, et qui de plus, dans les dernières années de sa vie, est passé du statut d'écrivant à celui d'écrivain; c'est aussi quelqu'un qui a rêvé de traduire ses idées dans le domaine politique, même si ce rêve s'est heurté à une réalité décevante. La biographie que lui consacre Agnès Callu est donc bienvenue et rappelle la place qu'il convient de reconnaître à Picon dans le paysage intellectuel français de l'après-1945. 

 

Né en 1915 à Bordeaux, Gaëtan Picon est prénommé d'après son arrière-grand-oncle génois inventeur d'un quinquina toujours fameux (l'"amer Picon"). Son père ayant abandonné sa famille à la suite de mauvaises affaires, il est élevé par sa mère, à laquelle il demeurera profondément attaché, son frère Pierre, de neuf ans son aîné, remplaçant à sa manière le père disparu. Bachelier en 1934, il est, quatre ans plus tard, reçu premier à l'agrégation de philosophie, ayant entre-temps soutenu un mémoire sur Nietzsche, qui restera un de ses auteurs de prédilection. Marié en 1937 à Geneviève Lagueunière, il commence une carrière de professeur de lycée, à Montauban, puis à Mont-de-Marsan et à Bordeaux, carrière qu'il prend rapidement en grippe au point de se dégoûter presque de la philosophie. À Mont-de-Marsan, du moins, il se lie d'amitié avec Paul Gadenne (1907-1956), dont il aime le roman Siloé (1941), tandis qu'à Bordeaux il enseigne à la faculté des lettres, où Jean Lacouture est l'un de ses étudiants. En 1945, Picon et sa famille s'installent à Paris, où, officiellement en poste au lycée Charlemagne, il commence en Sorbonne une thèse d'esthétique qu'il abandonnera, non sans en tirer la matière de L'écrivain et son ombre (1953), présenté comme le premier volume d'une Introduction à l'esthétique de la littérature laissée inachevée. 

 

Picon a commencé à publier en revue dès 1934, notamment dans les Cahiers du Sud marseillais de Jean Ballard, puis, dans l'immédiat après-guerre, dans le Confluences de René Tavernier et dans Fontaine, dont le fondateur Max-Pol Fouchet devient à cette époque un ami proche. Plusieurs des premiers articles de Picon portent sur Malraux, dont La Condition humaine l'a émerveillé, et avec qui il est aussitôt entré en contact, faisant sa connaissance en 1935 au Comité de vigilance des intellectuels anti-fascistes. Il lui consacre, en 1945, son premier ouvrage, qui est en fait la première monographie au sujet de l'auteur de L'Espoir (son préféré parmi ses livres). En 1948, année de la mort de l'auteur du Journal d'un curé de campagne, Picon publie un Bernanos, tout en reconnaissant que son agnosticisme lui ferme en partie une œuvre dominée par le problème de la foi. L'année suivante, chez Gallimard, c'est un brillant Panorama de la nouvelle littérature française, qui est probablement le livre auquel son nom demeure le plus communément associé. Plusieurs rééditions mises à jour (1958, 1960, 1976) ont confirmé le succès de ce tableau qui, dès la première impression, faisait une place d'honneur à Leiris et à Blanchot et qui, pour citer Denis Hollier, "reste, de très loin, la meilleure présentation du meilleur de la littérature des années trente et quarante". Sans rencontrer un accueil aussi favorable, un Panorama des idées contemporaines, en 1957, confirmait à son tour l'esprit de synthèse de Picon, la multiplicité de ses intérêts et l'abondance de ses lectures.

Titre du livre : Gaëtan Picon (1915-1976): Esthétique et culture. Préface de Jean-François Sirinelli, postface d'Yves Bonnefoy.
Auteur : Agnès Callu
Éditeur : Honoré Champion
Collection : Poétiques et Esthétiques XXe-XXIe siècles
Date de publication : 31/01/11
N° ISBN : 9-782745-321756
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1 commentaire

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Nerval

18/04/11 12:35
Bonjour, cf cet autre commentaire à propos de Gaëtan Picon sur le site Poezibao

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/04/gaëtan-picon-1915-1976-écrivain-lecteur-et-revuiste-pour-la-poésie-par-alain-paire.html

cordialement, A.P

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