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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Revue Trafic : Kiarostami, Vertov et Hawks à l’honneur
[jeudi 20 décembre 2007 - 10:00]
Dans son dernier numéro  , la revue de cinéma Trafic, fondée par Serge Daney, montre son éclectisme et la solidité de ses ambitions théoriques en mettant à l’honneur trois réalisateurs aussi différents qu’Abbas Kiarostami, Dziga Vertov et Howard Hawks, à travers plusieurs ensembles d’articles.

Pour piocher de manière subjective au coeur de ce numéro, soulignons que Youssef Ishaghpour   y prolonge une réflexion déjà très approfondie sur Kiarostami  . L’ensemble formé par le travail d’Ishaghpour et l’article de Frédéric Sabouraud explore le rôle de la caméra numérique dans la relation que le cinéma de Kiarostami entretient avec le réel. Ishaghpour insiste en particulier sur la façon dont la technologie numérique restitue le réel non pas en simplifiant son enregistrement, sa captation, mais en le reconstruisant de manière plus abstraite  .

Ce numéro publie aussi des textes de Dziga Vertov inédits en français  . Cet ensemble, qui comporte aussi des poèmes, ravira les admirateurs du théoricien du “ciné-oeil” et l’article de Y. Tsivian qui les accompagne éclaire L’Homme à la caméra à partir de sa représentation d’enjeux économiques  .

Enfin, Raymond Bellour propose une nouvelle lecture de Bringing up Baby / L’Impossible Monsieur Bébé   dans la lignée de ses analyses du cinéma hollywoodien classique  . Il fait ici se rencontrer la psychanalyse et un bestiaire fait de léopards, de dinosaures et de singes. Il complète et nuance le célèbre point de vue de Stanley Cavell   sur ce film fondamental.


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Crédit photo : M J M / Flickr
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