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critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Les armes : un marché hors de contrôle
[mercredi 24 novembre 2010 - 23:00]
Relations Internationales
Couverture ouvrage
Contrôler les armes
Amnesty International
Éditeur : Autrement
140 pages / € sur
Résumé : Un éclairage poignant et pédagogique du monde complexe et cruel des armes.
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L’ONG Amnesty International nous relate, à travers cet ouvrage, préfacé par Lilian Thuram et divisé en quatre chapitres, la vie quotidienne de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, qui vivent dans la peur des massacres, des exactions extrajudiciaires, tortures, violences sexuelles, déplacements et disparitions forcés en lien avec des armes de poings, matraques, fusils d’assaut, pistolets mitrailleurs, qui servent tous les jours à des violations de droits humains.

Le premier chapitre, assez généraliste, revient sur la réalité des armes dans le monde, et présente les problématiques inhérentes aux transferts d’armes. Les transferts internationaux d’armements sont estimés à 22,7 milliards de dollars, par le SIPRI, en 2008,  soit une hausse de 32,4 % par rapport à 2002. Toujours selon cet organisme de recherche, les dépenses militaires mondiales s’élevaient en 2008 à 1 464 milliards de dollars, soit une hausse de 47 % depuis 1998. De plus, en 2007, un institut de recherche, le Small Arms Survey estimait qu’il y avait environ 875 millions d’armes à feu en circulation. Selon les Nations Unies, entre 7,5 et 8 millions d’armes légères sont produites chaque année. Ces armes proviennent majoritairement du « bloc occidental » puisqu’en 2004, 75 % des ALPC (armes légères et de petit calibre) produites provenaient des Etats-Unis ou de l’Union européenne. Les Etats-Unis, dans les années 2000, ont par exemple livré en Amérique latine plus de 4 200 pistolets, 45 000 fusils M16, 4 000 lance-grenades et environ 300 000 grenades aux pays d’Amérique centrale (Costa Rica, El Salvador, Honduras…). La production de munitions est très importante puisqu’en 2005, au moins 76 pays se seraient livrés à cette production, qui serait comprise entre 10 et 14 milliards de munitions d’un calibre inférieur à 12,7 mm. Les munitions sont déterminantes dans la gestion des conflits. En effet, les combats, qui ont eu lieu pendant la période 1990-1996, ont baissé d’intensité au Mali (rébellion du Nord) faute de suffisamment de munitions.

Les transferts d’armes sont encadrés par des législations nationales, régionales ou internationales. Une partie de ces normes prennent en compte la question des droits humains et le droit international humanitaire. Mais ce cadre reste peu développé, très hétérogène et plus ou moins bien respecté. Seule une soixantaine d’Etats a une législation qui réglemente le transfert d’armes.

Ce livre met l’accent sur les failles du système et les personnes qui l’exploitent. Ce peut être les courtiers, qui doivent prendre en charge des activités diverses, telles que la négociation et la facilitation du transport, l’assurance et les financements liés aux ventes d’armes et aux livraisons. Alliés à certains transporteurs et financiers, ils deviennent des intermédiaires entre acheteurs et vendeurs. Les contrôles à l’exportation sont assez disparates puisque dans un certain nombre de cas les transferts sont subordonnés à l’accord par l’Etat exportateur d’une licence d'exportation (délivrée sur la base d’un certificat d’utilisation finale). Mais les certificats peuvent être aisément contournés avec de la corruption ou en les falsifiant. En outre, l'absence dans certains pays de réglementation relative au transbordement ou au transit d'armes permet de réaliser fréquemment des transferts illégaux. Par exemple, Leonid Minin (personnage qui a inspiré le film Lord of War) a, en 2000, conclu un accord portant sur la livraison au Libéria (malgré un embargo des Nations Unies) de 113 tonnes d’armes achetées à Spetstechnoexport. Ces armes sont parties de Gostomel en Ukraine jusqu’à Abidjan dans un Antonov An-124 puis ont été transférées dans un avion plus petit pour être acheminées en plusieurs fois jusqu’à Monrovia.

Titre du livre : Contrôler les armes
Auteur : Amnesty International
Éditeur : Autrement
Date de publication : 13/10/10
N° ISBN : 2746714760
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