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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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La naissance de la droite française
[lundi 18 octobre 2010 - 23:00]
Histoire
Couverture ouvrage
La première contre-révolution (1789-1791)
Jacques de Saint Victor
Éditeur : Presses universitaires de France (PUF)
498 pages / 28,50 € sur
Résumé : Une référence pour comprendre les idées des premiers opposants à la Révolution française.
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Dès ses commencements, la Révolution française n’a cessé de susciter les interrogations des contemporains. Tous, opposants ou partisans du changement, ont eu immédiatement la perception qu’une époque allait se fermer pour toujours pour faire place à une nouvelle. Ce qui explique pourquoi, au moment même où les événements étaient en train de se dérouler, les protagonistes ont cherché immédiatement à écrire des histoires de la Révolution pour définir ce qui était en cours. En proposer une explication et la raconter signifiait dévoiler les enjeux politiques présents et les attentes futures.

En suivant cette approche, qui est en même temps politique et historiographique, les résistances au processus révolutionnaire ont été longtemps expliquées a contrario. Au fond pour l’historiographie révolutionnaire, peu importait de reconstruire la pensée des oppositions, car celles-ci étaient censées trouver leur explication profonde et leur justification immédiate dans la Révolution même. C’est celle-ci qui avait enfanté la contre-révolution, phénomène historique qui ne possédait pas, au moins au départ, une véritable autonomie politique. Au fond, l’idée, non dénuée de sens logique, était que la critique d’un événement et du système des valeurs qui en construit la légitimité, est la manifestation d’une différence qui ne débouche pas forcement sur la construction d’une altérité intellectuelle et politique.

Le livre de Jacques de Saint Victor renverse ce cadre interprétatif et propose une lecture novatrice de la pensée et des positions politiques des premiers opposants à la Révolution française. Son ouvrage, qui constitue en quelque sorte la continuation et peut-être l’achèvement de ses recherches précédentes  , s’efforce de tracer le parcours du groupe des députés qui, hostiles aux réformes de l’Assemblée Constituante, refusèrent néanmoins d’émigrer et siégèrent pour deux ans sur les bancs de droite pour porter la contradiction aux orateurs patriotes.

L’idée de l’auteur est que cette droite, composée notamment de membres du haut clergé et de la noblesse d’épée, a développé une pensée politique cohérente à la fois sur le plan institutionnel, social et politique. "Il a existé en France, même si ce courant a été toujours mineur au sein de la contre-révolution, une tendance "libérale "qui n’a pas connu dans notre pays les conditions politiques et sociales de son essor. Cela n’empêche pas qu’elle ait pu exister et que les aristocrates de 1789 en aient constitué la matrice fondatrice. " 

Titre du livre : La première contre-révolution (1789-1791)
Auteur : Jacques de Saint Victor
Éditeur : Presses universitaires de France (PUF)
Collection : Fondements de la Politique
Date de publication : 23/06/10
N° ISBN : 2130570771
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