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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Les midterms, et après ?
[lundi 11 octobre 2010 - 00:00]
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La blogosphère américaine continue de se passionner pour les élections des midterms du mois prochain et chaque site s’adonne au jeu des pronostics. Comme une large victoire républicaine est probable (à la Chambre et peut-être même au Sénat), les blogueurs se concentrent sur l’après-élection et se demandent : quels seront les effets du retour d’une majorité républicaine à Washington ?

 

Le renforcement de la droite conservatrice

Il semble que depuis la victoire historique de Ronald Reagan aux présidentielles de 1980, chaque victoire successive du parti républicain a marqué un durcissement conservateur de la droite américaine (en 1994 ou 2000 par exemple).

Lors du cycle électoral actuel, l’un des visages les plus médiatiques de la droite dure est celui du sénateur de la Caroline du Sud, Jim DeMint. Il a attiré l’attention de nombreux blogueurs le week-end dernier en expliquant que les homosexuels et les femmes célibataires sexuellement actives ne devraient pas avoir le droit d’enseigner dans les écoles. Sur le site de Crooks and Liars, Nicolle Belle n’hésite pas à se lancer dans un amalgame polémique: “Remember the tea bagger fear that Sharia law was coming to the US? Remind me again, how are the religious right of this country different? Okay, maybe Jim DeMint isn't recommending stoning...but really, how much longer do you think that will take? [Vous vous rappelez la peur des fans du Tea Party Movement de voir la Charia arriver aux Etats-Unis ? Il faut qu’on m’explique la différence entre la droite religieuse de ce pays et la Charia. C’est vrai que Jim DeMint n’en appelle pas au lynchage… mais donnez-lui encore un peu de temps”]. Le rapprochement entre les conservateurs évangéliques américains et les fondamentalistes musulmans est un thème qui se répand. Le Représentant démocrate de Floride, Alan Grayson, en a même fait le thème central de l’un de ses spots de campagne.

 

Les Républicains sont-ils sincères ?

Si de telles attaques trahissent une réelle peur à gauche de l’extrémisme grandissant du parti républicain, surtout depuis la montée en puissance du Tea Party Movement, tous les blogueurs ne sont pas convaincus que le GOP d’aujourd’hui est réellement différent de celui de George W. Bush.

Sur le site du New York Times, le principal éditorialiste conservateur du journal, Ross Douthat, récapitule les débats internes du parti depuis 5 ans pour en arriver à une conclusion très sceptique quant à la crédibilité de l’aggiornamento idéologique des leaders actuels du parti : “First, the argument in “Grand New Party,” which I co-wrote with Salam, was … the following: “If Republicans don’t address working and middle-class anxieties over health care, wage stagnation, the cost of childrearing, etc., they’ll give the Democrats an opportunity to entrench an even larger welfare state, and foreclose future opportunities for conservative reform.” We first advanced this argument, at essay-length form, in 2005, when the G.O.P. controlled the House, Senate and the White House. Over the next three years … well, you know what happened [Dans l’essai que j’ai co-écrit avec Salam, “Grand New Party”, l’argument principal était le suivant: “Si les Républicains ne prennent pas en compte les inquiétudes de la classe moyenne et de la classe ouvrière à propos de l’assurance santé, de la stagnation des salaries, du coût de l’éducation etc…, alors ils donneront aux Démocrates une parfaite opportunité d’élargir encore plus l’Etat Providence et de rendre beaucoup plus difficile une réforme conservatrice par la suite. Nous avons écrit cela en 2005, quand le GOP contrôlait la Chambre, le Sénat et la Maison Blanche. Inutile de rappeler ce qui s’est passé dans les 3 années qui ont suivi].  It’s nice for the institutional G.O.P. that now, after the most significant series of liberal legislative victories since the Great Society, and with federal spending up over 25 percent of G.D.P., a strict “less government!” message is suddenly resonating again. But from a policy perspective, I think the future that we were trying to warn Republicans against has already partially come to pass. [C’est bien de voir que parmi les leaders du GOP, après la plus longue série de succès législatifs pour la gauche depuis les années 60, et maintenant que les dépenses publiques dépassent les 25% du PIB, on entend de nouveau un message prônant une réduction de la taille du gouvernement. Mais sur un plan politique concret, j’ai bien peur que le futur dont nous craignions l’arrivée en 2005 quand on prévenait les Républicains qu’il fallait qu’ils réagissent est déjà partiellement devenu réalité.]

My olive-branch response would emphasize the extent to which the landscape of 2010 is very different than the landscape of 2005-6, when Salam and I were writing the essay and then the book: The deficit is much larger, the entitlement crunch is much closer, government and business are more intertwined than ever before, etc. And in this landscape, I think that it’s entirely appropriate for the G.O.P. to chart a more small government/libertarian course than it did in the Bush era [Je voudrais offrir une branche d’olivier à mes critiques tout en leur rappelant que le contexte de 2010 est très différent de celui de 2005-2006, quand Salam et moi avons écrit notre texte. Le déficit est bien plus grand, la faillite des programmes sociaux est bien plus proche, l’Etat et le monde des entreprises sont bien plus intriqués qu’avant etc… Et dans ce paysage, je pense que le GOP a tout à fait raison de proposer un programme plus axé sur la baisse de la taille du gouvernement – voire un programme libertaire - que celui qu’il défendait sous Bush.]

Well, maybe. A small-government agenda fits the times we’re living in, but it has to be a real small-government agenda, not just a lot of rhetoric about constitutionalism with no policy behind it [Enfin, peut-être. Un programme de baisse de la taille du gouvernement correspond bien à la période que nous vivons, mais il faut qu’il soit sincère, pas juste fait de rhétorique sur la Constitution complètement dénuée de propositions concrètes]. And my biggest worry is that the G.O.P. is basically taking one of the insights from “Grand New Party” — that even the Republican base has grown to love big government — and running with it in a cynical, rather than a constructive direction, by offering rhetorical promises to cut government joined to specific pledges to protect the most expensive sections of the welfare state [Ma principale inquiétude, c’est que le GOP parte du principe que nous avions dénoncé dans notre essai – principe selon lequel même la base républicaine s’est mis à aimer un gouvernement large – pour l’exploiter de manière cynique en promettant de diminuer la taille du gouvernement tout en promettant en même temps de protéger les pans les plus chers de l’Etat Providence.]”

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