Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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CNL
Peut-on se passer du sacro-saint prix unique du livre ?
[dimanche 26 septembre 2010 - 22:00]
Edition
Couverture ouvrage
Le prix unique du livre à l'heure du numérique
Mathieu Perona, Jérôme Pouyet
Éditeur : Rue d'Ulm
92 pages / 6,65 € sur
Résumé : Ni procès ni apologie du prix unique, cet ouvrage a le mérite de remettre en cause un certain nombre d'idées reçues, condition essentielle pour avancer dans le débat sur le prix unique du livre remis en cause avec l'apparition des nouvelles technologies.
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 Depuis 1981, le livre bénéficie de la loi sur le prix unique : c'est l'éditeur qui fixe le prix de vente au détail de chaque ouvrage, qui doit être respecté par les détaillants à plus ou moins 5 %. Le principal objectif de cette mesure est de limiter la concurrence entre les détaillants, notamment entre les grandes surfaces culturelles de type Fnac ou Virgin et les librairies traditionnelles. Selon le texte de la loi sur le prix unique du livre, cette limitation de la concurrence aurait pour effet de préserver à la fois la " qualité " et la " diversité " de l'offre : deux notions assez floues fortement imprégnées de subjectivité. Le but de cette étude est de s'interroger sur l'efficacité de cette loi, définie comme une " véritable colonne vertébrale définissant les rapports entre les différents acteurs " (p. 12), à remplir ces objectifs en portant un regard sur l'évolution du marché du livre durant les trois dernières décennies, mais aussi de se demander si le prix unique a toujours une raison d'être à l'heure de l'émergence des nouvelles technologies numériques. Mathieu Perona et Jérôme Pouyet présentent brièvement le fonctionnement du secteur du livre et de ses différents acteurs avant de se focaliser sur les principes et les modalités du prix unique. L'étude se concentre ensuite sur les conséquences qu'a eu cette loi jusqu'à présent sur le marché du livre, puis l'envisage sous l'angle des mutations actuelles en interrogeant son rôle dans l'avenir : ses principes et ses objectifs ne sont-ils pas obsolètes ? Quelles mesures pour le remplacer ? 

Malgré la brièveté de l'ouvrage, les auteurs prennent le temps de bien définir leur objet d'étude en rappelant de façon précise en quoi consiste la loi sur le prix unique et l'arrière-plan historique qui a conduit à son instauration. À cette occasion, le rôle primordial et central du libraire est expliqué. C'est son rôle traditionnel de conseil, de prescription et de mise en avant des ouvrages qui est en effet au centre du dispositif puisque c'est ce type de services qui permet d'atteindre un des buts premiers de la loi sur le prix unique : l'accès à une offre éditoriale diversifiée et de qualité, qui passe nécessairement par l'accès du lecteur à de l'information sur les ouvrages disponibles. Ainsi, librairies traditionnelles et grandes surfaces culturelles ne sont plus amenées à se faire concurrence au niveau des prix, mais au niveau du service proposé. En outre, le libraire ayant fourni ce service de conseil auprès du lecteur/acheteur bénéficiera directement de son effort de mise en avant de l'offre puisque ne pouvant pas trouver le livre désiré moins cher ailleurs, le client se fournira chez le commerçant lui ayant conseillé l'ouvrage. 

Cette question de fixer des règles spécifiques liées au prix du livre n'est ni limitée à la France, ni daté de seulement trois décennies. L'idée de fixation d'un prix unique a vu le jour bien avant 1981, ce que nous rappellent les auteurs en évoquant le concept de " prix conseillé ", apparu dès la fin du XVIIIe siècle, remis en question dans les années 1960 car perçu comme une entrave à la concurrence. Pourtant, à partir des années 1970, l'apparition de la Fnac et de sa politique de prix au rabais menaçant la survie des librairies conduit à un débat public qui prend à l'époque une grande importance, jusqu'à aboutir à la " Loi Lang " dont il est question dans notre ouvrage. D'un point de vue géographique, un tableau intitulé " Prix unique et taxation des livres dans le monde " (p. 38-39) nous montre que, même si le débat français est particulièrement intense, " le livre fait dans la plupart des pays l'objet l'objet d'un traitement réglementaire de faveur, illustré [...] par l'imposition quasi générale d'un taux de TVA réduit. " (p. 37).

Titre du livre : Le prix unique du livre à l'heure du numérique
Auteur : Mathieu Perona, Jérôme Pouyet
Éditeur : Rue d'Ulm
Collection : Collection du CEPREMAP
Date de publication : 22/05/10
N° ISBN : 2728804397
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2 commentaires

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valois

02/10/10 10:29
La loi Lang, votée par le Parlement dès juillet 1981, était issue des 101 propositions du président Mitterrand Il s'agissait de contrer la pratique du "prix libre" qui amenait les libraires, et d'abord les grandes surfaces, dans tout l'Hexagone, à vendre bestsellers, dicos, pris littéraires à des prix cassés - souvent sans bénéfice pour le libraire, qui rattrapait sa perte de marge sur les ouvrages difficiles ou de vente lente dont le prix de vente au public était majoré par rapport au prix fixé par l'éditeur. Cette loi permettait aux libraires de conserver en rayon un fonds d'ouvrages - et aux lecteurs de n'être pas les victimes de prix fortement majorés par leur point de vente (plus particulièrement en province).
La pratique du prix unique a d'ailleurs été adoptée par d'autres pays européens. Il faut savoir en outre qu'aujourd'hui, dans bien des points de vente, le maintien d'un ouvrage en rayon dépend essentiellement de son rythme de rotation sur une période limitée souvent aux 90 jours suivant sa publication. D'où un appauvrissement de l'offre au public.
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babelouest

27/09/10 07:43
La concurrence est un procédé détestable. Elle incite ceux qui la pratiquent à rogner sur des postes plus ou moins importants pour emporter le marché vis-à-vis de l'acheteur. En bloquant les prix, ce seront les prestations autour de l'acte de vente, et non celui-ci, qui seront essentielles. Cela est valable pour tout, et non seulement pour les livres.

Je sais que ma position n'a pas l'aval des acteurs du Marché, précisément parce que c'est le Marché qui est en cause. La notion de profit est haïssable.

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