On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Un livre de plus sur le "terrorisme" ? Qu’on ne s’y trompe pas : en cette période de regain des violences de nature terroriste à travers le monde, il apparaît plus que nécessaire d’actualiser les connaissances sur ce sujet. Et quoi de plus légitime que de porter son regard sur l’état de l’organisation transnationale la plus célèbre en la matière : Al-Qaïda ?
C’est ce que propose Jean-Pierre Filiu, spécialiste du monde arabo-musulman et professeur associé à la Chaire Moyen-Orient de Sciences Po Paris, dans son dernier ouvrage consacré aux Neuf Vies d’Al-Qaïda. Neuf vies pour une organisation secrète qui, comme un chat noir, a rebondi sur ses pattes maints fois, malgré les tentatives occidentales en vue de l’éradiquer. Et la couverture noire de l’ouvrage sur lettres de sang présente à nouveau son meilleur ambassadeur : le Saoudien Oussama Ben Laden. L’auteur a travaillé à partir de sources arabes, française et anglaises, s’inscrivant dans la prolongation des recherches de Gilles Kepel (Al-Quaïda dans le texte), mais se démarquant de façon explicite des ouvrages de qualité variable traitant du même sujet. .
Le contexte de la rédaction s’inscrit dans une chronologie bien précise : Al-Qaïda ayant été fondée en 1988, il s’imposait vingt ans après de publier une histoire détaillée, ainsi que des perspectives relatives à l’organisation qui a marqué par ses actes de violence terroriste l’histoire des relations internationales. L’auteur ne cache pas dans son introduction un angle d’attaque défavorable quant à l’avenir de l’organisation. D’une part, celle-ci est accusée par l’auteur d’avoir dévoyé l’islam, au point de s’être attirée le rejet des populations arabo-musulmanes. D’autre part, l’élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis d’Amérique en novembre 2008 a mis à rude épreuve l’organisation qui, perdant avec l’administration Bush son meilleur ennemi en Occident, s’est vue confrontée à un président américain aux antipodes de la caricature néo-conservatrice. .
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