Un déficit de démocratie en Europe ?
[jeudi 02 septembre 2010 - 00:00]
La globalisation
Il semble maintenant nécessaire, en raison de la nouvelle donne historique, de discuter d’une refondation du projet européen. Il y a d’ailleurs, chez les Européens, des demandes liées à ce nouveau contexte et c’est la globalisation qui les conduit à changer leur point de vue. Elle les inquiète car il s’agit d’une vaste redistribution de la puissance à laquelle ils ne sont pas préparés. Ils ont le sentiment que leurs Etats nations ne sont pas en mesure de faire face seuls à ces grands défis et, quand on leur parle de puissances comme la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil, ils craignent de ne plus avoir la position qu’ils occupaient. Ils redoutent aussi les épidémies, l’immigration, les mouvements religieux, la délocalisation, toutes ces formes de transgressions, de dépassements des frontières.
Au fond,
ce que demandent les Européens, d’une manière très pragmatique, c’est que l’Union européenne organise la résistance de l’espace européen à la globalisation. Ils ne demandent pas simplement une forme de protectionnisme, ils souhaitent aussi réussir la globalisation et ils ont en cela une vision plutôt optimiste, mais à condition que l’Europe montre qu’elle est mobilisée, en particulier pour toutes les questions d’innovation et de recherche, un enjeu majeur et un levier de puissance et de progrès pour demain. Outre cette demande permettant aux Etats nations de réussir la globalisation et de préserver un mode de vie, une majorité d’Européens ont aussi le sentiment que de nouveaux défis à l’échelle de la planète ne pourront pas être surmontés sans passer à la dimension européenne, tels le réchauffement de la planète et la dégradation du climat. Tout se passe comme si les Européens étaient en train de fabriquer
un pouvoir régalien européen en lui donnant comme substance, non pas la police, l’armée ou la justice, mais
le développement durable ou la régulation de l’immigration.
La nouvelle configuration suppose bien sûr que les élites politiques européennes entendent, acceptent et mettent en pratique cette demande, consistante et indiscutable, mais il n’est pas nécessairement simple d’en imaginer une traduction fidèle, dans la mesure où il faudrait aller assez vite à cause d’un phénomène négatif sur notre continent, le vieillissement démographique qui entraîne avec lui une forme de repli. Il y a en réalité une course de vitesse entre la réalisation au plan politique d’un nouveau contrat européen, capable de donner l'assurance aux Européens que le dossier de la globalisation sera pris en charge, et ce vieillissement, qui exacerbe beaucoup de peurs, pose de nombreux problèmes et pourrait promettre de beaux jours à des organisations politiques populistes et souverainistes et ne laisser de solution que dans une déconstruction de l’Europe
1 commentaire
Corsiglia
Mais, au fait, on vous a demandé à vous votre opinion sur le budget de la Recherche en France puisque vous payez des impôts.....? Euh........