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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Un large panorama de l'édition jeunesse dans les pays francophones
[samedi 21 août 2010 - 12:00]
Edition
Couverture ouvrage
L'Edition de jeunesse francophone face à la mondialisation
Jean Foucault, Michel Manson, Luc Pinhas
Éditeur : L'Harmattan
299 pages / 27,55 € sur
Résumé : Cette étude montre combien la situation de l’édition jeunesse dans les pays francophones est fragile, en abordant la question de la production mais aussi de la position des éditeurs et des auteurs.
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Ce livre est issu d’un colloque qui s’est tenu les 26, 27 et 28 juin 2008, organisé par l’université Paris 13 et la Maison des Sciences de l’homme de Paris-Nord. Ce colloque a réuni des chercheurs venus de différents espaces francophones qui ont débattu sur le passé, le présent et l’avenir du livre d’enfant et de jeunesse francophone. Actuellement, on constate que l’édition pour la jeunesse se mondialise. La production se concentre de plus en plus et les grands groupes ont mis au point ces dernières années des stratégies d’internationalisation. On assiste également à une globalisation de la littérature de jeunesse. On voit apparaître des structures de distribution et des chaînes de vente de plus en plus imposantes. De plus, avec l’essor du numérique, d’Internet et de la vente en ligne, l’accès à la diversité culturelle et à la mondialisation est facilitée.

Dans son introduction, Luc Pinhas de l’université Paris 13 souligne que l’anglais est la langue la plus traduite dans la littérature jeunesse. La littérature anglo-saxonne constitue 75 % des acquisitions mondiales. Les best-sellers de la littérature jeunesse sont issus des territoires anglo-saxons. En 2007, six des dix premières ventes en grand format étaient des traductions de livres anglophones. Autre signe fort de l’évolution du marché, en dix ans la production pour la jeunesse a doublé. Pour autant, Luc Pinhas insiste surtout sur la standardisation des contenus. Ceux-ci évoluent peu et ce secteur est victime des phénomènes de mode. Ainsi, la chick lit et la fantasy s’imposent depuis de nombreuses années dans la littérature pour adolescents. Cela s’explique notamment par une volonté d’internationaliser la commercialisation des livres en touchant le plus grand nombre de lecteurs. Ce que Luc Pinhas explique dans son introduction, c’est que la plupart des éditeurs, dans tous les pays, cherchent à gommer les spécificités d’une littérature locale, régionale au profit d’une littérature standardisée qui trouvera des acheteurs partout dans le monde. Dans ce même ordre d’idées, on assiste au développement des coéditions internationales. Mais parallèlement à cette globalisation émerge un désir d’affirmation du local, du territoire, trop longtemps oubliés. On voit alors apparaître le thème principal du livre, les tendances contradictoires entre une volonté d’universalisation et la revendication du divers. Luc Pinhas souligne la scission qui existe dans l’édition mondiale avec une édition dans les pays et territoires francophones du Sud très récente et donc fragile même si l’on assiste à l’émergence de maisons d’édition spécialisées en jeunesse qui ont réussi à se forger une très bonne réputation. Dans la plupart des pays arabes, la production est peu innovante. Les éditeurs publient majoritairement des contes et des légendes et restent tournés vers le passé. Cette raison, ainsi que le prix élevé du livre, jouent en sa défaveur. Au Québec, la situation est assez similaire à celle de la France. On compte de grands groupes industriels qui partagent le marché avec de nombreux petits éditeurs indépendants. La Suisse et la Belgique sont quant à eux victimes de la concurrence française. Suite aux rachats français de quelques maisons d’édition belges de jeunesse, seules survivent des maisons d’édition qui s’inscrivent dans des champs de diffusion restreints. En Suisse, les éditeurs spécialisés en jeunesse nés dans les années 1980 se sont désormais tournés vers des stratégies de niche. En France, de nombreux éditeurs jeunesse sont reconnus à travers le monde. En 2008, le SNE (Syndicat national de l'édition) affirmait que 1 167 cessions de droits avaient été réalisées en direction de trente-neuf langues.

Luc Pinhas conclut son introduction en soulignant le contraste existant entre une littérature de jeunesse et d’enfance qui a souvent été agent de la biodiversité et cette tendance vers la standardisation des productions internationales. Il s’interroge sur le rôle de la révolution numérique. Cette dernière pourrait être favorable si elle parvient à résoudre les problématiques de distribution et de transports entre les territoires géographiquement éloignés. Mais on peut craindre que cette révolution favorise l’uniformisation. Dans ce cas-là, la scission déjà visible sera accentuée avec d’un côté des grosses productions transnationales qui se répandront dans le monde et de l’autre des petits éditeurs capables de faire vivre une certaine diversité mais rendus peu visibles.

Titre du livre : L'Edition de jeunesse francophone face à la mondialisation
Auteur : Jean Foucault, Michel Manson, Luc Pinhas
Éditeur : L'Harmattan
Collection : Références critiques
Date de publication : 22/02/10
N° ISBN : 2296111920
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1 commentaire

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Ptolémée

16/10/10 03:16
J'ai participé à ce colloque, et j'aime beaucoup le compte rendu synthétique et très clair que vous faites de ses actes.
Vous serez peut-être intéressée par un ouvrage paru aux mêmes éditions, et traitant un sujet similaire : http://www.neoprofs.org/comptes-rendus-de-lecture-f54/compte-rendu-figures-du-social-dans-la-litterature-de-jeunesse-francophone-par-kodjo-attikpoe-t14462.htm
Merci à vous !

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