On parle souvent des victimes directes des printemps arabes mais rarement des 2000 morts migrants, tués par non-assistance à personne en danger qui, abandonnés par l’Europe, se sont échoués dans des conditions épouvantables. L’Union européenne a fait des printemps arabes une tragédie qui a été celle des migrants tragiquement noyés, dont les oppresseurs ne sont ni Moubarak, ni Ben Ali mais les responsables européens. 
Bertrand Badie, sur nonfiction.fr, le 31 janvier 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !
À deux mois du premier tour de l’élection présidentielle au Brésil, tout indique que Dilma Rousseff, candidate désignée par Lula pour lui succéder, donnera une chance au Parti des Travailleurs (PT) d’obtenir un troisième mandat consécutif. La victoire du PT consacrerait alors une stratégie de conciliation d’interêts adoptée il y a une dizaine d’années pour courtiser un plus grand nombre d’électeurs. Après presque huit ans au pouvoir, nous constatons de fait que le gouvernement de Luiz Inacio Lula da Silva a pu agencer une politique d’expansion du marché intérieur, reposant sur l’inclusion des secteurs les plus pauvres de la société brésilienne et le maintien d’une politique économique de stabilité qui ne met pas en péril les soubassements de la pyramide sociale.
Bien que les sondages donnent Rousseff au coude-à-coude avec son principal adversaire, le chef de file centriste José Serra du Parti de la Social-Démocratie Brésilienne (PSDB) – tous deux sont autour de 40 % des intentions de vote – les sympathisants de la candidate du PT savent que la popularité de Lula, qui atteint presque 80 % d’opinions favorables, finira par donner à Rousseff un avantage électoral significatif. Leur conviction s’appuie sur l’espoir que la diffusion des messages télévisés des candidats, qui débutera d’ici quelques semaines, permettra une plus grande visibilité à la candidate officielle parmi les électeurs qui approuvent la gestion de Lula mais qui ne connaissent pas encore sa dauphine. Ils espèrent ainsi que cette publicité accrue pourra rapprocher le niveau de popularité de leur candidate de celui du président. Au début de cette année, tous les sondages situaient Rousseff sous le seuil des 30 % des préferences, ce qui montre que la progression de sa popularité est soutenue et qu’elle va de concert avec la diffusion graduelle de son image auprès du grand public.
La candidature de Rousseff est soutenue par une dizaine de partis de teintures idéologiques différentes. En pratique, la grande pluralité de partis politiques qui caractérise le jeu politique brésilien empêche qu’un parti puisse gouverner en solitaire ou qu’il ne se satisfasse que de l’appui des partis idéologiquement les plus proches. L’histoire des expériences démocratiques au Brésil démontre que la plupart des gouvernements se sont constitués à partir d’une coalition de forces politiques, d’identités régionales et même idéologiques très différentes les unes des autres. Une équation qui s’est avérée efficace pour assurer la gouvernabilité, mais aussi pour ne pas trop bouleverser le statu quo. Depuis 1989, date à laquelle les Brésiliens ont récupéré le droit d’élire directement leur président, aucun candidat ayant remporté l’élection présidentielle n’a obtenu plus de 20 % des sièges à la chambre des députés. Cette contrainte oblige les élus à former des gouvernements de coalition permettant, d’une part, de rassembler des forces majoritaires au Congrès et, d’autre part, de céder une partie des postes ministériels au contrôle des alliés.
Jusqu’en 1998, Lula s’est allié trois fois comme candidat à la présidence à des partis avec qui il avait des affinités idéologiques patentes. Chaque fois, le résultat fut le même : la défaite. En 2002, pour la première fois, il a étendu l’alliance à un petit parti de droite proche du milieu entrepreneurial, le Parti Libéral. Il s’est également engagé à respecter les principes macro-économiques qui ont permis au gouvernement de Fernando Henrique Cardoso de stabiliser l’économie et de gagner la confiance des investisseurs. Dès la première année de son mandat, Lula a démontré qu’il savait bien tenir ses promesses face aux exigences du marché. Cependant, il n’a pas fait d’efforts significatifs pour élargir sa base d’appui au Congrès National au-delà des partis qui l’ont soutenu pendant la campagne électorale. Progressivement, cette négligence a compliqué la viabilité législative des projets de lois qu’il a présentées. Ainsi, un an après son ascension au pouvoir, il s’est vu obligé de faire appel au soutien de la première force législative et de l’intégrer au gouvernement. Paradoxalement, c’est le Parti du Mouvement Démocratique Brésilien (PMDB, centriste), parti qui a participé au gouvernement Cardoso et qui a été la cible des critiques virulentes du PT lorsqu’il était dans l’opposition, qui a fait office d’allié du gouvernement Lula. Aujourd’hui, c’est ce même PMDB qui est le partenaire principal du PT, et ce, tant dans la course pour l’élection présidentielle que dans la joute électorale pour le renouvellement de la composition du gouvernement des états.
1 commentaire
PARTI DES TRAVAILLEURS
ENTRE UN PETIT PEU DE NATIONALISME POINTILLEUX ET UNE PETIT PEU DE MULTILATÉRALISME BON ENFANT..........