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Société

Homoparenté

Couverture ouvrage

Jean-Pierre Winter
Albin Michel , 224 pages

Freiner l'homoparenté
[vendredi 13 aot 2010]


Jean-Pierre Winter pose la question de l’homoparentalité et appelle à la prudence…  

* Cet article suscite des désaccords au sein de la rédaction et de la communauté. Nonfiction.fr le publie avec le souci de défendre la liberté d'expression mais publiera également, le cas échéant, un avis différent, contradictoire, ou plus nuancé, si un rédacteur souhaite le rédiger. La Rédaction.

 

On peut dire "chapeau et merci" à monsieur Jean-Pierre Winter, pour Homoparenté (Éd. Albin Michel, Paris, 2010), un ouvrage à contre-courant, osé, convaincant, qui devrait être mis entre les mains de tous ces hommes et de toutes ces femmes qui pensent à un projet de parentalité ou de co-parentalité dans le cadre d’un célibat ou d’un couple homosexuel. Grâce à cet homme de poigne (que certaines personnes homosexuelles voient à tort comme "un homophobe" parce qu’ils ne lisent pas ses écrits, et parce que ce dernier n’est pas un béni-oui-oui de l’intégralité des causes homosexuelles), nous avons la preuve qu’il existe encore des intellectuels et des gardiens qui veillent sur nous en portant un regard critique sur les évolutions sociales de notre temps et en nous empêchant de "signer" des projets de lois sans avoir bien lu la totalité du contrat qui nous engage sur des générations et des générations.

Dépassant le terrain de la simple sincérité du désir de maternité/paternité – sincérité qu’il ne remet pas en cause –, le psychanalyste, qu’on a vu maintes fois calmer avec brio l’ardeur des militants homosexuels ou féministes à la télévision, fait une nouvelle fois preuve d’une grande lucidité dans son analyse des enjeux de la transmission de la vie et de l’homoparentalité. Il nous rappelle que la validation légale de la "famille" homosexuelle ne doit pas être de l’ordre de l’évidence, ni simplement une question de "bon cœur", mais qu’elle peut avoir des conséquences fâcheuses dans la construction des enfants et d’une société puisque cette revendication se fonde sur un mythe : celui du couple homosexuel procréatif. "Ce qu’on essaie de nous faire oublier dans la revendication d’égalité des couples homosexuels [par rapport aux couples hétérosexuels], c’est que chez eux ce n’est pas le couple qui fera l’enfant mais un trio. Un trio au minimum, un quatuor dans certains cas, mais pas un couple"  . Il soulève ainsi la "violence du refus du réel"   étant donné que, concrètement, le couple homosexuel ne peut pas avoir d’enfant et n’est pas procréatif : "Contre toute attente, nous sommes là au cœur de ce qui sera le problème de l’enfant élevé par un couple homosexuel. Car ce qu’on lui dit ne correspond pas aux formes qu’il voit. On lui dit qu’il est l’enfant d’un couple qui manifestement ne peut pas avoir d’enfant ; on lui demande donc d’être le témoin de l’impossible. Il est à craindre que cette jonction soit particulièrement difficile à faire pour cet enfant"  .

Il décortique un à un beaucoup d’arguments employés par les défenseurs de l’homoparentalité, et s’attache à développer des thèses nouvelles pour justifier en quoi le fait d’entériner le droit des couples homosexuels à adopter des enfants (ou à en créer par le biais d’un tiers – personne généralement non-désirée d’amour) nécessite la prudence, non le refus. Il faut bien comprendre que Jean-Pierre Winter ne cherche pas à s’opposer ni à contrecarrer bêtement la demande de législation pour les couples homoparentaux, car il n’est pas "contre" en soi : il se contente de dire "Attention, réfléchissons avant de légiférer un fantasme". Il n’a même pas repris les arguments classiques des détracteurs de l’homoparentalité (il aurait pu, par exemple, essayer d’expliciter l’une des légendes classiques et clairement homophobes selon laquelle les couples homosexuels ne doivent pas avoir d’enfant(s) car ils rendraient leur(s) progéniture(s) homosexuel-le-s comme eux. Winter est beaucoup plus fin que cela).

Il rappelle certaines distinctions lexicales et sémantiques importantes pour dénoncer les abus de langage et recadrer les choses : notamment, la différence entre "parentalité" et "parenté" ; l’emploi abusif et anachronique de l’adjectif "judéo-chrétien" ; l’apologie de la Grèce Antique présentée comme un modèle civilisationnel, alors qu’il s’agissait concrètement d’une société esclavagiste ; la différence entre le couple femme-homme aimant – il insiste énormément sur la notion de couple désirant – et le couple mythique "hétérosexuel"   ; etc. Par ailleurs, il nous sort de l’habituel traitement victimisant de l’homophobie pour la présenter sous un jour plus réaliste, à savoir comme une hétérophobie masquée, une peur-mépris de la différence (des sexes entre autres) : "Est-ce l’homophobie qui empêche les couples d’homosexuels de devenir des parents ‘à part entière’ ? N’y aurait-il pas plutôt dans nos sociétés une espèce d’hétérophobie, au sens de la haine de la différence ?"  . Jean-Pierre Winter met sur le tapis les conséquences troublantes du rejet d’"altérités fondamentales"   telles que la différence des sexes (celle dont nous sommes issus, est-il besoin de le rappeler…) opérée par le couple homosexuel : "le déni de la différence la plus universelle et la plus lourde de conséquence : la différence des sexes, sous-tendant le déni de la différence entre la vie et la mort"  . Concernant le projet de loi sur l’homoparentalité, il se situe du point de vue concret de l’enfant, et sort des considérations poétiques d’"adultes entre adultes" au nom de l’enfant : "on peut se demander si c’est bien l’enfant qu’il s’agit de protéger, ou plutôt le partenaire du parent légitime qui craint d’être rejeté par l’enfant qui n’est pas légalement le sien. C’est pourquoi il veut établir un lien légal avec l’enfant. La ‘prévention’ protègerait donc le ‘non-parent’, alors qu’il pourrait adopter, plutôt que l’enfant"  .

Rares sont les essais montrant une résistance aussi claire (éclairante même !) et aussi peu haineuse à la revendication d’une minorité de militants homosexuels ou gay friendly – qui se fait passer, grâce aux médias, pour majoritaire. Qui a dit, lorsqu’on est homosexuel soi-même, ou bien défenseur d’une reconnaissance du désir homosexuel et du respect des couples homosexuels, qu’il fallait obligatoirement cautionner tous les droits demandés par la communauté homosexuelle au nom de la sacro-sainte "égalité" ? (droit à l’adoption, reconnaissance des "familles" homoparentales, droit au "mariage gay", etc.). Bien des résistances à l’homoparentalité et à d’autres droits réclamés par certains militants LGBT zélés sont exprimées, non seulement par des gens non-homos mais aussi par des personnes homos. Certaines réclamations font presque l’unanimité, d’autres dérangent, divisent, et là encore, on se rend compte de l’extrême diversité des opinions et des désirs au sein même de la communauté homosexuelle. Loin de nous inquiéter, ces résistances doivent nous encourager à analyser "ce qui coince". Car ce n’est pas parce que, au niveau des droits, la communauté homosexuelle a besoin de certains cadres juridiques pour assurer sa sécurité, sa reconnaissance, et son bonheur, qu’elle doit voir se réaliser tous ses désirs sans exception. Même si les mots "droit" et "désir" commencent par la même lettre, ce n’est pas une raison pour que tous nos désirs personnels – et parfois nos fantasmes les plus farfelus –, même bien intentionnés, fassent loi, régissent le Réel et l’Universel, et soient gravés sur la pierre pour l’ensemble de la communauté humaine.

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67 commentaires

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Bonobo

15/08/12 11:19
Bonjour,

Je tombe sur cet article en cherchant tout autre chose. Je trouve au contraire qu'il est très bien fait. Et je trouve la position de M. jean-Pierre Winter assez bien vue et très subtile. La subtilité étant nichée entre le gros non non non et le fanatique oui, oui oui, elle a pu échapper à certains, mais elle n'en demeure pas moins vraie...

J'aime bien notamment la position de M. Winter sur cet aspect :

Concernant le projet de loi sur lhomoparentalité, il se situe du point de vue concret de lenfant, et sort des considérations poétiques d"adultes entre adultes" au nom de lenfant : "on peut se demander si cest bien lenfant quil sagit de protéger, ou plutôt le partenaire du parent légitime qui craint dêtre rejeté par lenfant qui nest pas légalement le sien. Cest pourquoi il veut établir un lien légal avec lenfant. La prévention protègerait donc le non-parent, alors quil pourrait adopter, plutôt que lenfant".


Par ailleurs, je relève que malgré ce qu'ont pu écrire certains commentateurs leurs commentaires ont bien été publiés, et reste lisible 2 ans après !
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+ de 2000 ans de perscutions

24/06/12 02:09
- Oui..., les homosexuels sont parfois homophobes :

Les homos qui ne sassument pas, qui ne peuvent sassumés, ou qui ne le veulent pas, sont légions. Les religions nen manquent pas. Surtout léglise catholique, car depuis quelle a interdit à ses prêtres, à ses nonnes et à ses moines de se marier ; une multitude dhomos se sont crus à labri en entrant dans les ordinations.

- Il est aussi en partie question du syndrome de Stockholm :

L'adhésion des victimes à la cause de leurs agresseurs. Lagresseur doit être capable d'une conceptualisation idéologique suffisante pour pouvoir justifier son acte aux yeux de ses victimes. Ce syndrome peut modifier durablement, voire définitivement, la personnalité, les valeurs et les convictions morales de l'individu. La victime adopte souvent par la suite, un jugement permissif vis à vis de lagresseur, ainsi qu'une attitude souvent très critique à l'encontre de la société. Afin de pouvoir supporter ses angoisses, la victime conceptualise quelle cesse dêtre une proie, en adoptant les points de vues du chasseur. Plus elle rationalise en ce sens, plus il lui semble être passé du côté du plus fort. Il y a une forme de lâcheté dans cette attitude plus pathologique que volontaire, que lon rencontre aussi pendant les guerres. Durant lesquelles des personnes en viennent à dénoncer les leurs aux tortionnaires, (sans que ce soit systématiquement pour de basses rémunérations).

Jai connu étant enfant lhumiliation de voir un magrébin poussé à devoir ouvertement dénigrer ses origines et les siens, avec grande vulgarité. Sans doute pour pouvoir conserver sa place de travail, dans la petite entreprise miteuse des racistes qui lemployaient. Je men souviendrai toute ma vie avec répugnance et aversion.
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Storm

18/09/10 05:01
Copie du message effacé une huitième fois par la rédaction : "Je trouve cet article très mal écrit... Au lieu de donner son avis, il faudrait commencer par apprendre à écrire !".
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Anonyme

15/09/10 23:14
CET ARTICLE EST MAL ECRIT
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Anonyme

15/09/10 18:19
Il est incroyable que des commentaires n\'ayant rien d\'insultants soient supprimés par la rédaction. A quoi sert-il de pouvoir commenter les articles alors ? Et que faites-vous de la liberté d\'expression quand elle ne vous arrange pas ? Dire qu\'un article est mal écrit n\'a rien d\'insultant. C\'est le jeu de tout forum. Si vous n\'êtes pas capables d\'assumer cela, votre travail est indigne
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