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Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

Avec Internet, on voit ce que c'est que la société à l'état brut, sans cette petite couche qui s'appelle la civilisation, on voit ce que c'est qu'une société où il n'y a ni censure, ni tabou, ni règle que l'on s'impose à soi-même. C'est un rappel extraordinaire de la violence qu'il y a en chacun de nous.

Alain Minc  

Les idées sur le Web

Institut Montaigne
Un think tank de tendance libérale et UMP
Les intellectuels de gauche sont-ils hors-jeu ?
[vendredi 16 juillet 2010 - 16:00]
Littérature
Couverture ouvrage
Dégagements
Régis Debray
Éditeur : Gallimard
291 pages / 18.91 € sur
Résumé : Un essai sur la société du spectacle dénoncée par la force des aphorismes, des digressions et de la mélancolie, ce qui constitue aussi sa faiblesse. Attachant et irritant.
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Carnet de la chose politique

Philosophe de formation, ancien compagnon de route de Che Guevara et auteur de Révolution dans la Révolution, ancien compagnon de route communiste, ancien conseiller de François Mitterrand, Régis Debray a parcouru différents chemins de traverse politique. Raison pour laquelle il continue d’irriter les uns et les autres. Dégagements est une contribution à l’analyse de la société du spectacle dans sa démesure, sa puissance et son ridicule. Le livre de Régis Debray regroupe des billets écrits chaque trimestre pour la revue Médium (médiologie : l’étude de la transmission matérielle d’une idée et du savoir). Au centre du propos, le livre porte donc sur les idées que des évènements et des objets véhiculent dans la sphère des médias et la sphère de l’intime. Un tableau, une biographie, une conférence, une exposition photo, une guerre, une vente aux enchères, tout est prétexte pour investir le champ d’étude de la construction symbolique des images.

La thèse porte sur la fin d’une époque, celle de la grande politique et de la grande histoire, de la grande fraternité des luttes révolutionnaires, ou encore de "l’âme" de la France disparue en 1940 qui exaltait alors la grandeur et l’accomplissement de l’homme par le haut. Le temps est au présentisme. Pour Régis Debray, les peoples tiennent le haut du pavé dans cette société du spectacle qui régit désormais les hiérarchies sociales tout autant que les hiérarchies politiques. Toute valeur est renversée par le "modèle boursier de la valeur", avec ses notes et ses cotations, ses hausses et ses baisses, qui s’appliquent aux idées, aux personnes, aux œuvres d’art. "Les rapports de force sont devenus des rapports d’images". Et les images se traduisent par un glissement des enjeux de fond à des enjeux de forme. Régis Debray porte alors un regard critique sur la sphère médiatique ou "vidéosphère" et le nivellement de la société par le bas qu’elle impose.

 

Carnet de la chose littéraire

Au fil de la plume, ces articles renvoient autant à la critique de la société qu’à l’engagement dans le temps d’un homme. Régis Debray évoque alors, plus qu’il ne raconte, ses rencontres avec l’homme que fut Julien Gracq, ses aventures avec Che Guevara, ses rendez-vous de l’histoire (Andy Warhol), ses lectures (Proust, Valery, Gracq, Malraux, Voltaire, Cordier) et ses films (Ken Loach). Exercices de louanges pour ces figures qui ont incarné une époque, un style, une ambition de faire la différence. Exercice de style. Plaisir de montrer comment alors les détails du présent se rapportent et s’éclairent à travers les circonvolutions du passé. Le livre de Régis Devray est une succession d’analogies, de digressions, d’aphorismes à double tranchants. On peut aimer ou ne pas aimer le style Debray, trouver que l’ouvrage tourne en rond, ne propose pas de structure ou de démonstration. Il n’empêche. Régis Debray aime l’écriture, les formules rapides, les changements de ton. Dans cette démarche d’écriture, lui-même n’est jamais loin.

Entre justification et profession de foi, Régis Debray opère un retour sur son engagement. Son enthousiasme pour le communisme comme un engagement humain, son enthousiasme pour Cuba comme une erreur. Pour lui, pourtant, son analyse est toujours valable. "Ecrire en 1971, au Chili, au cœur de l’exaltation populaire, qu’il ne faut pas tenir l’armée en quantité négligeable ; en France, en 1972, face aux gauchistes qui donnent le ton, que les luttes illégales ou clandestines, sont inaptes ou criminelles ; en 1978, lors du 10e anniversaire de 1968, que les héros de Mai deviendraient les grands notables de l’Europe libérale, en 1981, que les grands soulèvement ne seront plus d’ordre idéologique mais religieux (…), en 1989 que les socialistes auront à choisir entre le socialisme et l’Europe". Et Régis Debray d’affirmer toujours cette conviction que ce sont les actes et le caractère, pas les doctrines ou les idéologies, qui fondent l’histoire des hommes. Et de ce retour sur lui-même, une dernière exaltation romantique : le regret des armes après les hautes arcanes du pouvoir et ses fourches caudines, le sentiment d’avoir manqué quelque chose, "le sentiment d’avoir couru toute sa vie derrière des papillons".

Titre du livre : Dégagements
Auteur : Régis Debray
Éditeur : Gallimard
Collection : Blanche
Date de publication : 04/03/10
N° ISBN : 978-2070128402
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4 commentaires

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victorlefevre

30/07/10 19:16
Régis Debray, homme auquel nous devons le fumeux 'théorème de Godël-Debray". Je suppose que son ouvrage passe sous silence ses impostures intellectuelles...

Si le verbe est haut et prolixe en néologismes, je ne pense pas que cet homme ai apporté quoique ce soit à la pensée. Il ne suffit pas de forger quelques mots - "vidéosphère", "médiologie"... - et tourner de jolis formules, pour être un intellectuel - même de gauche.

Et je ne sais pas si les intellectuels de gauche sont hors-jeu, en tout cas M.Debray me semble avoir pratiqué suffisamment les jeux du pouvoir pour ne plus pouvoir se dire du coté des déclassés et des marginaux.
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GdeC

27/07/10 16:58
Debray ? je croyais que tu allais me parler de Chomsky, bensaïd... M'enfin ! ça va pas la tête ! sit uv eux raffraîchir tes références sur la (vraie) gauche : http://gauchedecombat.posterous.com/attention-danger-pensee-critique
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LLT

27/07/10 16:15
ici le bon lien pour le commentaire précédent.

http://mediathequefrejus.over-blog.com/article-les-amis-de-la-mvm-notice-1-mars-2010-regis-debray-46025832.html
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LLT

27/07/10 15:37
Voici un texte dans le blog "Rien perdu pour attendre"
consacré à Dégagements.
LLT

http://mediathequefrejus.over-blog.com/article-les-amis-de-la-mvm-notice-1-mars-2010-regis-debray-46025832.htm

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