On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Avocat de gauche et homme de combats et de convictions, Jean-Louis Brochen est le mari de Martine Aubry. Il s'engage ici contre la réforme en cours de l'aide juridictionnelle en faveur des plus démunis. Portrait.
Il y a quelques mois, le président de la République lançait une formule, pour le moins malheureuse, en comparant le couple bling-bling qu’il formait avec Carla Bruni à "Martine et Martin". Mais quelle mouche a bien pu piquer Nicolas Sarkozy ? Car le mari de Martine Aubry ne s’appelle pas Martin, mais Jean-Louis Brochen. Une figure peu connue du grand public.
Assis à la terrasse d’un café au festival d’Avignon, où il accompagne son épouse, Jean-Louis Brochen est calme, mesuré, presque trop sage. Avec Martine Aubry, il forme un couple d’apparence contradictoire. Les contraires s’assemblent ? Il y a pourtant plus de ressemblances, plus de points communs qu’il n’y paraît entre la maire de Lille et l’ancien bâtonnier. Elle est rapide – trop parfois. Il est calme – trop peut-être. Mais ils partagent une histoire, des valeurs de gauche, un sens de la justice et de la défense des plus démunis, une passion pour la culture. Ils sont mariés depuis mars 2004.
Bienvenue en Provence
Né à Roubaix le 7 juin 1944, d’un père breton et d’une mère nordiste, Jean-Louis Brochen est un homme du Nord. Il est grand, solide comme un roc, les cheveux en bataille : à la terrasse du café où on l’interroge à Avignon, on a l’impression d’être dans un remake de Bienvenue chez les Ch’tis à l’envers : Bèn-vengudo en Prouvènço.
Ayant grandi dans une famille catholique, avec les communions et la confirmation qui vont avec, Jean-Louis Brochen a étudié au lycée de Roubaix puis de Tourcoing, passant ce qu’on appelait encore le "bac philo" en 1964. Entre temps, il obtient une bourse de l’American Field Service, association militant pour la compréhension entre les peuples, qui lui permet de passer une année aux Etats-Unis, dans l’Oklahoma. Il y découvre le Midwest, ses grands espaces, le sens de la liberté, ce côté "don’t-fence-me-in" (ne m’enfermez pas) du "wild west" et des Midwesterners. En même temps, dans la petite ville de Ponca City où il vit, du nom d’une tribu indienne encore nombreuse dans la région, il souffre un peu d’un monde sans art, ni vie culturelle urbaine. Brochen se souvient : "Je me suis retrouvé plongé dans l’Amérique profonde vivant parfois comme un personnage de film de John Ford".
De retour en France, il entre à la faculté de droit de Lille, est professeur d'anglais à Villeneuve d'Ascq ou à l'école Berlitz de Lille. Il est moniteur de Travaux dirigés en relations internationales à la faculté de droit de Lille. Il prête le serment d'avocat le 3 novembre 1969.
Il ne commencera à exercer qu’en juillet 1971, après deux années de service militaire au titre de la Coopération, au Cameroun anglophone, en tant qu’enseignant du français langue étrangère (FLE).
Pourquoi a-t-il choisi le métier d’avocat ? A la fois par fidélité et par rupture. La tradition familiale bien sûr, son père, le bâtonnier Yves Brochen, étant l’un des avocats réputés de Lille et, à sa mort précoce, en 1971, le fils, Jean-Louis, reprend le cabinet paternel. Par rupture aussi, car le jeune avocat veut s’engager à gauche, militer autant qu’il veut plaider.
Ainsi, il est tour à tour Secrétaire de la Conférence du Stage (1973), président de l’Union des Jeunes Avocats de Lille (1973-1974), et devient surtout, au niveau national, secrétaire général puis président du SAF – le célèbre Syndicat des Avocats de France (1981-1983).
Cet engagement au sein de sa profession, Jean-Louis Brochen le poursuit sur tous les fronts : dans les prisons, au côté de ses clients détenus, mais il agit aussi au sein de la Commission de Surveillance des Prisons de Loos ; sur le terrain de la délinquance, il est membre du premier Conseil National de Prévention de la Délinquance ; à l’international, il est vice-président de l’association Juristes sans frontières. A ce titre, on le retrouve en Bosnie, où il mène une mission humanitaire de juristes pendant la guerre, ou encore au Rwanda où il participe avec Médecins du Monde au rapatriement sanitaire de vingt enfants victimes du génocide, dans le cadre de la chaîne de l’espoir. (Lire la suite ->)
30 commentaires
moi
Byzance
Attention à ne pas confondre.
John Ford
Citation tirée du film "L'homme qui tua Liberty Vallance". Pour l'aspect culturel seulement: rétablissons la naissance de Yourcenar à Bruxelles et pas à Lille, la pièce de Tadeusz Kantor "La classe morte" avec son créateur au début des années 80 dans le cadre du défunt festival international de théâtre de Lille, la perte du festival international de court-métrage aujourd'hui à Clermont-Ferrand ...
toto
Si oui, pourquoi s'en cacher?
viton
tout beau tout gentil
c'est pas réaliste