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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Rivalités et conflits autour de la mer du Nord
[vendredi 09 juillet 2010 - 19:00]
Histoire
Couverture ouvrage
Vaincre Louis XIV. Angleterre – Hollande – France. Histoire d’une relation triangulaire (1665-1688).
Charles-Édouard Levillain
Éditeur : Champ Vallon
465 pages / 28 € sur
Résumé : Une analyse fouillée et rigoureuse des rapports entre France, Angleterre et Provinces-Unies à l’époque de l’apogée de la puissance louis-quatorzienne.
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La seconde moitié du XVIIe siècle est une période d’intense activité militaire et diplomatique dans une Europe venant d’être redessinée par les traités de Westphalie. Dès 1665 et la mort de Philippe IV, la question de la succession d’Espagne trotte dans toutes les têtes, particulièrement celles des deux gendres du défunt roi, l’empereur Léopold et le roi de France Louis XIV. Ce dernier entend en effet agrandir son royaume par des conquêtes sur les Pays-Bas espagnols : bien que cela ne les concerne pas en principe, l’Angleterre et les Provinces-Unies comprennent vite que leur propre protection dépend de leur capacité à empêcher la France de prendre la Flandre. Plusieurs puissances se retrouvent donc en concurrence. La lutte pour les contrôles des mers du nord de l’Europe (mer du Nord et par conséquent mer Baltique) n’est pas la moindre des enjeux. Les Provinces-Unies, indépendantes depuis peu, se révèlent rapidement une puissance maritime militaire et commerciale de premier plan, capable de remettre en cause la prééminence anglaise. Parallèlement, dans les années 1660 se développe la flotte française, bientôt capable de rivaliser avec les plus importantes d’Europe.

Le travail entrepris dans cet ouvrage consiste à analyser la politique diplomatique et militaire de Louis XIV à travers le regard des deux grandes puissances du nord de l’Europe. L’auteur désire dépasser l’analyse habituelle de la guerre et de la diplomatie en prenant en compte l’ensemble de leurs conséquences, y compris sur le plan intérieur. Qu’elles soient belliqueuses ou harmonieuses, avoir des relations avec d’autres États amènent systématiquement à un retour sur soi et à une prise en compte d’une réalité différente de la sienne propre. L’auteur analyse ce jeu à trois à travers un plan chronologique extrêmement clair, chacune des parties insistant plus ou moins sur chacun des trois acteurs en fonction du contexte.

Ces trois pays représentent chacun un type de gouvernement. Les Provinces-Unies sont une république, mais au sein de laquelle le stathouder Guillaume d’Orange prend une importance grandissante. Le gouvernement de l’Angleterre repose sur un équilibre entre le roi et le Parlement. La France est, elle, au faîte de sa puissance dans les années 1660. Les trois entités ne cessent alors de s’opposer et de reconfigurer leurs alliances au gré des possibilités diplomatiques et intérieures. Car le grand projet de Charles-Edouard Levillain est précisément de montrer que la politique extérieure est indissociable de la vie politique interne. Politique reposant sur l’équilibre local des forces (roi/parlement en Angleterre ; stathouder/états généraux aux Provinces-Unies) mais également sur une culture propre incluant les représentations que l’on se fait de l’ennemi. Au cours de la période tout entière, Louis XIV fait peur car il est considéré comme aspirant à la monarchie universelle. La diplomatie ne se réduit pas à des choix géopolitiques mais y jouent également un rôle les représentations et les idées. L’auteur montre que les questions religieuses, politiques et culturelles sont inextricablement liées : il est évident pour un Anglais de l’époque qu’un royaume catholique sera tyrannique et le duc d’York, frère du roi Charles II, fait les frais de n’être pas anglican. Francophobie et haine du catholicisme vont de pair, on lie désir de monarchie universelle et croisade anti-protestante et la révocation de l’édit de Nantes ne fait finalement que confirmer ce que l’on pensait déjà en terre huguenote : les guerres de Louis XIV sont des guerres de religion.

Titre du livre : Vaincre Louis XIV. Angleterre – Hollande – France. Histoire d’une relation triangulaire (1665-1688).
Auteur : Charles-Édouard Levillain
Éditeur : Champ Vallon
Collection : Epoques
Date de publication : 31/03/10
N° ISBN : 9782876735279
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