Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL

Les idées sur le Web

Bientôt de nouveaux résultats !

Lettres persanes d'hier et d'aujourd'hui
[mardi 08 juin 2010 - 15:00]
Moyen-Orient
Couverture ouvrage
Marche sur mes yeux
Serge Michel, Paolo Woods
Éditeur : Grasset
260 pages / 20,90 € sur
Résumé : Après la Chinafrique, l'Iran rebelle vu par deux Occidentaux.
Page  1  2 

Qui a peur de l’Iran ? Tout le monde, pourrait-on croire. L’image donnée de ce grand pays, à la culture millénaire, par l’actuel président Mahmoud Ahmadinejad n’a certes rien de rassurant pour les regards occidentaux. Cela n’a pas empêché des journalistes de se rendre dans le plus grand pays chiite du monde, dominé par une théocratie se voulant réticente à toute ouverture vers l’extérieur et vers les pays occidentaux.

Serge Michel, journaliste suisse et longtemps correspondant pour plusieurs quotidiens francophones, tente avec Marche sur mes yeux de donner une photographie de la société iranienne en 2009, une société prise en pleine effervescence de l’élection présidentielle. Mais la photographie serait incomplète sans le travail de Paolo Woods, collègue de Serge Michel avec lequel il avait déjà réalisé les illustrations réussies de la "Chinafrique"  , leur premier ouvrage commun.

C’est avant tout le récit personnel du journaliste helvétique qui doit servir d’ossature à l’ouvrage. Celui-ci est agrémenté de petits chapitres sur des Iraniens rencontrés au cours de leurs pérégrinations, rencontres essentiellement localisées sur la capitale Téhéran et sa région proche.

Entre manifestations et non-dits

En introduction historique à l’ouvrage, Serge Michel revient sur ses années passées en tant que correspondant à Téhéran depuis une dizaine d’années. L’occasion pour le journaliste de comparer l’évolution des mentalités des étudiants en révolte dans la capitale en 1999 avec ceux de l’année présidentielle de 2009. En une décennie, l’Iran et sa société se sont soudainement ouverts à la mondialisation, provoquant un enrichissement des classes moyennes et une quête du confort pour les jeunes urbains plus soucieux de leur apparence que de leur soif de liberté. Mais l’un des aspects les plus intéressants de l’ouvrage est l’appréhension du journaliste face à la tradition des politesses à l’iranienne : entre les salutations respectueuses et les louanges exagérées autour d’un service  , l’auteur présente une forme de non-dits dans l’attitude générale des Iraniens. À ce titre, on n’échappe pas à la perception, involontaire ou pas de la part de l’auteur, d’un peuple qui serait faux et hypocrite. Serge Michel semble ainsi considérer que cette attitude est propre à la culture poétique de ce peuple dont la vie est rythmée par le lyrisme et la poésie, et qui cacherait le visible et la réalité par l’invisible de paroles suaves et élogieuses à l’égard de l’étranger…  .

Titre du livre : Marche sur mes yeux
Auteur : Serge Michel, Paolo Woods
Éditeur : Grasset
Date de publication : 10/05/10
N° ISBN : 2246757614
Page  1  2 
Commenter Envoyer à un ami imprimer Charte déontologique / Disclaimer digg delicious Creative Commons Licence Logo

Aucun commentaire

Déposez un commentaire

Pour déposer un commentaire : Cliquez ici