On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Si l’ambition de Clio@Themis est de ne pas "enfermer l’histoire du droit dans une étude complaisante du passé" mais d’être "un instrument critique de compréhension du présent", le but semble atteint dans ce deuxième volume (paru en novembre 2009), consacré à l’histoire de la culture juridique ou, plus exactement, aux "Histoires des cultures juridiques". Un pluriel évocateur et représentatif du pluralisme de la revue, qui vise "un élargissement et un enrichissement des perspectives" de recherche en histoire du droit. Ce pluralisme s’exprime tout d’abord, au sens propre, sur le plan linguistique, par le choix de publier les contributions dans leur langue d’origine (accompagnées d’un résumé en français ou en anglais). C’est un choix qui mérite d’être salué, en ce qu’il rompt avec l’emploi quasi-exclusif du français dans les revues hexagonales d’histoire du droit, au profit le plus souvent de l’anglais pour les travaux qui dépassent le cadre national. Mais aussi parce qu’il marque une ouverture aux auteurs étrangers, dont il permet de diffuser les travaux, et invite à des échanges transnationaux. La publication électronique de la revue facilite – via la recherche "full-text" – l’utilisation d’outils de traduction, souvent disponibles en ligne. Le numéro propose également, dans une logique inverse, la traduction en français d’une source américaine du début du XXe siècle.
Ce pluralisme idiomatique s’explique par une grande diversité non seulement quant à la nationalité des contributeurs (brésilien, français, italien, roumain, suédois), mais également quant au champ de leurs recherches : le Pérou, l’Italie, la France, la Suède, le Danemark, l’Espagne... Chaque analyse dépasse le plus souvent le cadre national, pour envisager son objet d’étude sous l’angle transfrontalier. Les divers pays abordés le sont autant par des auteurs étrangers qu’autochtones : ainsi, Herman Nébias Barreto, professeur brésilien, écrit une contribution en anglais sur la littérature juridique publiée au Pérou… En ce sens, ce numéro est, plus encore que le premier, la parfaite illustration de la démarche qui caractérise la revue, "nécessairement européenne, comparatiste, réactive aux phénomènes de mondialisation du droit". Cela la place dans une conception anglo-saxonne de la culture juridique, elle-même au cœur de ce numéro. Dans cette conception, la notion de culture juridique (legal culture) ne renvoie pas à une tradition juridique au sens historique ou philosophique, mais plutôt à "un ensemble d’éléments distinctifs, mais temporaires, qui caractérisent un système juridique par rapport à un autre" (cf. propos introductifs de Serge Dauchy).
A l’origine, une partie des contributions de ce numéro a été présentée lors d’un séminaire exploratoire soutenu par l’ESF (European Science Fondation) , qui traitait de la circulation de la littérature juridique en Europe à l’époque moderne. Le choix de publier le fruit de ce séminaire dans une revue qui veut encourager "des réflexions sur la culture juridique, la formation ou la circulation des notions et des concepts, représentations ou pratiques juridiques", semble on ne peut plus logique. Il participe d’ailleurs d’une certaine mise en abyme, puisque le format électronique de la revue contribue lui-même largement à diffuser la culture juridique actuelle.
2 commentaires
amicuscuriae
Le comite de redaction osera-t-il donc - c'est ce que j'espere - s'attaquer aux degats causes par une sociologie triomphante dans la foulee de la democratie triomphaliste sur papier telle que nous la laissait l'arriviste Alexis - notre Alexis des GrandsJours pour une si petite republique.
Il faut dire que la demarche proposee est d'envergure, qui ne saurait faire abstraction de l'aphorisme de Daniel Boorstin qui resumait ainsi il y a quelques annees deja la nouvelle epistemologie a l'ordre du jour: 'l'histoire americaine, ecrit-il, celle de l'immobilier' (English: 'real estate') avant d'ajouter que la publicite ('English: 'advertising') constitue la rhetorique d ela democratie.
Bon courage a toute l'equipe
amicuscuriae
Le comite de redaction osera-t-il donc - c'est ce que j'espere - s'attaquer aux degats causes par une sociologie triomphante dans la foulee de la democratie triomphaliste sur papier telle que nous la laissait l'arriviste Alexis - notre Alexis des GrandsJours pour une si petite republique.
Il faut dire que la demarche proposee est d'envergure, qui ne saurait faire abstraction de l'aphorisme de Daniel Boorstin qui resumait ainsi il y a quelques annees deja la nouvelle epistemologie a l'ordre du jour: 'l'histoire americaine, ecrit-il, celle de l'immobilier' (English: 'real estate') avant d'ajouter que la publicite ('English: 'advertising') constitue la rhetorique d ela democratie.
Bon courage a toute l'equipe