Les femmes, invisibles migrantes
[lundi 17 mai 2010 - 00:00]
Immigration
Migrer au féminin
Laurence Roulleau-Berger
Éditeur : Presses universitaires de France (PUF)
183 pages
Enfin, l'auteure revient sur le développement d'une classe aisée et cosmopolite de femmes entrepreneures pour qui la migration est l'opportunité de développer leur activité professionnelle et leur confort de vie. Parallèlement à cela, Laurence Roulleau-Berger constate l'apparition d'un nouveau
lumpenproletariat international produit par la dégradation de la condition des femmes dans les pays de départ et le développement du travail du
care en Europe occidentale - comme la garde d'enfants ou les services à la personne - en demande de main d'œuvre féminine et précaire. Ces formes de travail restent souvent invisibles et peu prises en compte par les études ou les politiques, notamment dans le cas du travail domestique à domicile. Dans le cas d'emploi dans le cadre de réseaux familiaux étendus, ces formes de travail peuvent donner lieu à une certaine confusion entre relations de service et liens d'intimité, et mener à une absence totale de reconnaissance ou de juste rémunération des tâches
. Enfin, les migrantes qui se retrouvent au ban de ces activités viendraient nourrir une troisième classe, celle des femmes
hobos. Sans papiers et ayant coupé les liens avec leur pays de départ ou leurs réseaux dans les pays d'arrivée, elles oscillent entre déni d'existence et tentative de conquérir un statut. Leurs activités peuvent être multiples, incluant divers moyens de débrouille et de survie comme la vente à la sauvette ou la mendicité.
L'ouvrage reste cependant décevant sur la forme, notamment par son vocabulaire parfois hermétique. Les phrases, souvent trop longues et difficiles à suivre, répètent les mêmes termes à plusieurs reprises nuisant à la clarté et à la compréhension d'un phénomène déjà complexe. Aussi, certains concepts controversés comme celui d'"ethnicité"
ou celui de "classe" ne sont pas discutés ni définis précisément. Le concept d' "origine" ne l'est pas davantage, alors qu'il peut revêtir différentes significations, notamment lors de parcours migratoires dans plusieurs pays. Ce concept est souvent assorti d'une aire géographique vaste ou imprécise telle que l' "Afrique subsaharienne" ou l' "Europe centrale et orientale", qui regroupent des pays très divers et n'apportent pas réellement de données à une démonstration scientifique. Le lecteur peut aussi ressentir à certains passages le besoin de connaître - même sommairement - le protocole d'enquête, notamment le nombre de personnes interrogées lorsque l'auteure donne des chiffres concernant ses enquêtées.
Malgré ces dernières limites, cette étude garde le mérite de mettre en valeur les conséquences mondiales d'un phénomène en pleine explosion trop souvent ignoré
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salem
sam