On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Philosophie et physique quantique. L’intitulé, à lui tout seul, risque d’en effrayer plus d’un et d’en étonner de nombreux autres qui ne verront pas bien, de prime abord, ce que la philosophie peut apporter à une entreprise scientifique dont Richard Feynman disait, en badinant, que personne n’y comprend rien, pas même lui !
Et pourtant, il y a non seulement beaucoup à dire sur ce sujet, mais il y a même matière à écrire un grand livre de philosophie, comme vient tout juste de le démontrer Michel Bitbol, qui s’est distingué en France depuis de nombreuses années par ses remarquables travaux de vulgarisation et de recherche sur la philosophie de la physique quantique .
Physique quantique et principe d’indétermination
Il y a fort à parier que le lecteur un peu averti de ce dont il retourne en physique quantique s’empressera de citer le célèbre "principe d’indétermination" de Werner Heisenberg, ce qui ne constitue pas, après tout, un mauvais point de départ pour parler de ces choses-là. Ce principe énonce, en substance, qu’il est impossible de connaître simultanément la position d’une particule atomique et sa quantité de mouvement. Plus une mesure de position est précise, plus elle modifie de manière imprévisible la quantité de mouvement et par suite la vitesse du corpuscule. La trajectoire de la particule étudiée reste ainsi inconnue. Position et vitesse sont des grandeurs incomposables.
La première interprétation de ce fait consisterait à dire que l’indétermination des valeurs d’un couple de variables résulte de ceci que leur mesure requiert deux dispositifs expérimentaux incompatibles. Le problème porterait alors sur l’appareillage qui serait incapable d’écarter l’écueil de la perturbation des phénomènes observés par les moyens d’investigation. La physique quantique donnerait des moyens de prédiction, à condition d’ordonner toutes les prédictions pouvant être faites à des conditions expérimentales données. Ce qui serait perdu, c’est la possibilité de prédire avec certitude la valeur des deux variables conjuguées pour un système. Mais même dans le cas de la prédiction de l’une seule des deux variables, la prédiction resterait conditionnelle (suspendue à l’utilisation d’un certain appareillage).
Les relations d’incertitude de Heisenberg n’interdiraient pas par elles-mêmes que l’on puisse fournir simultanément des valeurs des deux variables conjuguées, mais elles indiqueraient plutôt que les valeurs fournies n’ont qu’une valeur prédictive mutuellement limitée : une mesure perdrait en imprécision ce que l’autre gagnerait en précision. Les mouvements des corpuscules continueraient d’obéir aux lois de la mécanique classique – une impossibilité matérielle nous empêchant seulement de déterminer les conditions initiales, ayant pour conséquence d’interdire toute prédiction. Il y aurait donc en réalité déterminisme (de droit), et seulement indéterminisme apparent dû à la faiblesse de nos procédés de mesure.
7 commentaires
clovis simard
Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.
Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.
LES PHÉNOMÈNES QUANTIQUES !
QUBITS-Page-1
GOMME QUANTIQUE-Page-2
7 MERVEILLES DE LA PHYSIQUE-Page-3
TÉLÉPORTATION-Page-15
INTRICATION-Page-23
Cordialement
Clovis Simard
Aristote
Je suis loin d'être toujours d'accord avec Bitbol. Sa déconstruction du réalisme naïf est brillante, son parti pris hyperkantien peut être questionné.
Cela reste un grand livre. Prévoir l'achat de plusieurs surligneurs jaunes !
Yvon111
Pour ce qui est du commentaire du livre ce n'est effectivement pas très clair.
Un des leitmotiv de Bitbol est le caractère relationnel de tout phénomène, en physique quantique mais pas seulement.
J'étudie aussi l'interprétation de la physique quantique, il me semble que Bitbol oublie qu'on ne peut faire de la physique qu'en faisant des mesures et que la mesure a par défintion un caractère relationnel.
D'ailleurs la physique quantique est la théorie détaillée de la mesure, quantitative, discontinue et probabiliste.
A ma connaissance Michel Bitbol ne développe pas suffisamment le concept de mesure qui montre pourtant clairement le caractère relatif et non ontologique de toute détermination quantitative
JacquesBolo
Afeissa Hicham-Stéphane