On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Seize ans après les premières élections libres en Afrique du Sud, en avril 1994, et la fin de l’apartheid, le pays reste très contrasté. C’est aujourd’hui l’Etat le plus riche du continent, mais une forte majorité vit encore dans une situation d’extrême pauvreté, dans un pays où le taux de chômage est de près de 25%. Les Blancs et les Noirs sont aujourd’hui politiquement égaux, mais les premiers conservent encore la majorité du pouvoir économique. Une classe moyenne noire a cependant émergé ces dernières années, notamment grâce au Black Economic Empowerment (BEE), programme mis en place par le gouvernement de Nelson Mandela en 1994 pour favoriser l’emploi pour la majorité noire. La santé, et le sida en particulier, représente l'un des défis que l'Afrique du Sud doit relever aujourd'hui avec une forte opposition entre des hôpitaux ultra-modernes et des dispensaires vétustes.
L’Afrique du Sud semble loin du rêve de Nelson Mandela, même si le passage de la société raciste et inégalitaire de l’apartheid à une vraie démocratie s’est déroulé relativement en paix. Aujourd’hui, le président Jacob Zuma est fortement critiqué par des membres de son propre parti, l’ANC (Congrès National Africain) et par l’opposition.
Dans un dossier spécial, la revue Jeune Afrique présente un bilan de la situation en Afrique du Sud et de la première année de mandat du président.
Jacob Zuma, un président controversé
Un an après son élection à la tête de l’Afrique du Sud, Jacob Zuma doit faire face à de nombreuses oppositions. Elu président à la suite de Thabo Mbeki, Jacob Zuma est un ancien activiste de l’aile gauche de l’ANC. Il a combattu l’apartheid pendant de nombreuses années et a notamment été emprisonné pendant dix ans à Robben Island avec Nelson Mandela .
Après seulement quelques mois au pouvoir en 2009, les scandales de corruption et de clientélisme des membres de la classe dominante ont éclaté. Jacob Zuma, en cherchant à contenter trop de monde, Blancs, Noirs, pauvres et riches, a fini par exacerber l’opposition. La vie personnelle du président est également régulièrement attaquée, notamment sa polygamie.
Tensions raciales et sociales
Des émeutes ont éclaté dans de nombreux townships où la population se sent exclue du "miracle" sud-africain. Alors que l’Afrique du Sud domine l’économie africaine, c’est aussi l’un des pays les plus inégalitaires au monde, et de nombreux habitants de ces bidonvilles se sentent trahis par les dirigeants de l’ANC qui se sont enrichis mais n’ont pas amélioré la situation des quartiers et zones les plus pauvres des villes.
Dans les campagnes, la situation est considérée comme pire encore avec de fortes tensions raciales et inégalités entre les propriétaires, en majorité blancs, et les ouvriers, en majorité noirs. Le prix Nobel de littérature John Maxwell Coetzee a ainsi représenté cette haine raciale des campagnes dans son roman Disgrâce et le meurtre le 3 avril d’Eugène Terre’Blanche (fondateur de l'AWB, Mouvement de la résistance afrikaner) par deux de ses ouvriers noirs qui se plaignaient de ne pas être payés et d’être régulièrement battus a illustré ces tensions.
1 commentaire
ano
Et il semble que le meurtre du Le Pen local soit aussi une affaire de moeurs.
Bref, tout cela est dans la norme générale.