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La phrase

Le président de la République a soulevé une montagne, elle retombe sur lui. En lançant l'offensive contre les Roms, le gouvernement français croyait régler à son avantage électoral un problème de simple police de frontières et de réglementation municipale. Enorme erreur. La question des Roms n'est pas de sécurité policière ou sociale, mais d'abord de sécurité mentale.

André Glucksmann, Le Monde, 31 août 2010.  

Les idées sur le Web

Mémoire des luttes
L'assciation altermonialiste de Gunter Holzmann
Débat sur les statistiques ethniques
[vendredi 23 avril 2010 - 17:00]
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L’une des récentes notes de la Fondation Jean Jaurès porte sur Les statistiques ethniques. Le vrai débat. Ecrit par Hervé Le Bras   et préfacé par Elisabeth Badinter, cet essai expose la question, fortement débattue aujourd’hui, des statistiques ethniques en France. En effet, deux conceptions s’affrontent sur ce point : d’une part ceux qui pensent qu’élaborer des statistiques ethniques pourrait aider à la lutte contre les inégalités et les discriminations et d’autre part, ceux pour qui ces statistiques ne feraient qu’aggraver la situation.

Une politique ni juste ni efficace

Dans sa préface, Elisabeth Badinter expose son refus de tels outils. Selon elle, une politique de statistiques ethniques, et ensuite de quotas, ne serait ni juste ni efficace. Elle ne serait pas juste puisque les discriminations ne sont pas uniquement "raciales" ou "ethniques" et qu’il serait dès lors nécessaire de classifier la population selon toute caractéristique pouvant entraîner de possibles discriminations ou inégalités (origine régionale, lieu de résidence, apparence physique….). Elle ne serait pas non plus efficace puisque, comme l’exemple de la parité l’a montré, établir une politique des quotas ne suffit pas à réduire les inégalités. La question des statistiques ethniques, et son corollaire la politique des quotas, sont surtout un moyen politique de se détourner du vrai problème : "En vérité, brandir la discrimination positive comme l’arme ultime de la lutte contre les inégalités n’est qu’un leurre qui épargne de s’attaquer aux vraies racines de celles-ci : patriarcales pour les unes, sociales pour les autres"  .

Quelles statistiques ?

Le parti pris par Hervé Le Bras est d’inverser le débat : avant de s’interroger sur les implications politiques et philosophiques d’une telle politique, il est nécessaire de s’interroger sur la faisabilité de celle-ci. Comment les statistiques ethniques seraient-elles recueillies ? Quels critères seraient choisis ? Questions qui entraînent un besoin primordial de définition : comment définir une "ethnie", une "race", une "origine" dans un pays où de nombreuses personnes combinent plusieurs "origines" et "sentiments d’appartenance" différents ?

"Nos appartenances sont multiples, parfois contradictoires, et elles peuvent changer"   : par cette courte phrase, Hervé Le Bras montre bien tout le dilemme existant autour de cette question. Comment classer les individus ? Faut-il prendre des caractéristiques "objectives" (couleur de peau, origine nationale, langue maternelle…) ou des caractéristiques "subjectives", c’est-à-dire choisies par les individus eux-mêmes ?

Après avoir étudié la situation des statistiques "ethno-raciales" dans d’autres pays, l’auteur explique que le choix des catégories a toujours été fait pour des raisons pratiques et historiques. Le classement en races aux Etats-Unis est issu de l’histoire ségrégationniste de ce pays et de la volonté politique de développer une "discrimination politique". La question de la religion est absente des classements américains car elle n’a aucune raison pratique ; à l’inverse les catégories ethniques ne sont pas répertoriées en Allemagne mais les appartenances religieuses le sont puisque la taxe religieuse doit être répartie entre les prêtres catholiques et les pasteurs protestants en fonction de la part de chaque groupe dans la population nationale.

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1 commentaire

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Sociologue consultant

30/04/10 08:56
Ces débats et prises de position sont à n'en pas douter l'héritage de notre "tabou postcolonial" !

Les statistiques tenues sur le handicap, les femmes, les seniors ont permis de légiférer et de faire avancer concrètement les choses : pourquoi ce blocage sur l'origine ?

Le plus grand danger n'est pas de créer un système de mesure basé sur l'origine ethnique, mais d'en rester au statu-quo actuel qui permet à certaines grandes chaines de passer des reportages sur la violence et les braquages où 100% des personnes floutées sont noires de peau ! Croyez-vous vraiment que c'est le reflet de la réalité ? Le grand Eric Zémour vous dit que oui, et bien moi je soutiens que non, mais pour être encore plus crédible, je souhaiterais avoir des chiffres...

Ne croyez-vous pas qu'insidieusement, ce type de reportage induit des représentations négatives (et erronées !) chez les spectateurs ?

Une seule façon de briser la subjectivité : la mesure, la levée des tabous et la capacité à regarder les choses en face pour avancer.

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