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On parle souvent des victimes directes des printemps arabes mais rarement des 2000 morts migrants, tués par non-assistance à personne en danger qui, abandonnés par l’Europe, se sont échoués dans des conditions épouvantables. L’Union européenne a fait des printemps arabes une tragédie qui a été celle des migrants tragiquement noyés, dont les oppresseurs ne sont ni Moubarak, ni Ben Ali mais les responsables européens.

Bertrand Badie, sur nonfiction.fr, le 31 janvier 2012. 

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La gauche sera marxiste ou ne sera pas
[vendredi 23 avril 2010 - 09:00]
Histoire
Couverture ouvrage
Les Intellectuels contre la gauche. L'idéologie antitotalitaire en France (1968-1981)
Michael Scott Christofferson
Éditeur : Agone
445 pages / 23,75 € sur
Résumé : Un livre d'un jeune historien américain qui tente de revoir l'interprétation du courant antitotalitaire de la gauche française.
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Le livre de Michael Scott Christofferson, issu d’une thèse de doctorat supervisée par l’historien américain Robert Paxton, tente de déconstruire l’idée que la gauche intellectuelle française aurait peu à peu abandonné ses tendances totalitaires les plus dangereuses en redécouvrant la tradition du libéralisme politique. Pour Chistofferson, la majeure partie des études sur le sujet  , n’ont fait que renforcer cette idée sans remettre en cause l’hégémonie intellectuelle des "antitotalitaires", cette génération de penseurs profondément déçus par le marxisme et hantés par son spectre. Cette unanimité d’interprétation du moment antitotalitaire s’appuierait abusivement sur les révélations supposées de L’Archipel du Goulag (1973) d’Alexandre Soljenitsyne pour légitimer l’idée que la majorité de l’intelligentsia française, assoupie jusque-là dans ses rêves totalitaires, se serait subitement réveillée en comprenant la nature véritable du marxisme au sortir des années 1970. De plus, cette analyse galvauderait l’usage du terme même de totalitarisme. C’est un des points de départ de l’analyse de Michael Christofferson : le concept de totalitarisme serait inapplicable pour comprendre à la fois les régimes nazi et soviétique ; ceux-ci différeraient bien plus qu’ils ne se ressembleraient  . L’entreprise antitotalitaire aurait réussi en France pour deux raisons essentielles : contrairement aux Etats-Unis, à l’Italie et à l’Allemagne, la France était mieux disposée à rejeter une idéologie qu’elle avait trop embrassée. L’écart irrémédiable apparu entre un gauchisme diffus parmi l’intelligentsia et des partis de gauche progressant vers le pouvoir aurait alimenté la fureur critique du premier contre le "réalisme" des seconds  . Michael Christofferson refuse donc de souscrire à cette dialectique de l’aveuglement innocent et de la lucidité forcée. D’une part, l’engagement communiste ne saurait se réduire à un égarement collectif dans une passion démesurée et désincarnée : l’antifascisme a, par exemple, conduit nombre de trajectoires individuelles vers le communisme. L’antitotalitarisme n’est, en outre, pas réductible à un moment où se serait opérée une prise de conscience brutale et où, tout à coup, ceux qui avaient tant lutté pour défendre l’idéal du socialisme réel auraient "changé de camp" pour dénoncer avec violence les crimes du communisme...

Titre du livre : Les Intellectuels contre la gauche. L'idéologie antitotalitaire en France (1968-1981)
Auteur : Michael Scott Christofferson
Éditeur : Agone
Nom du traducteur : André Merlot
Collection : Contre-Feux
Date de publication : 17/09/09
N° ISBN : 2748900987
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2 commentaires

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Jean Scott

26/04/10 16:55
Comment identifiez-vous le "tropisme marxiste-léniniste" ? Et comment le developperiez-vous ?
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JacquesBolo

24/04/10 12:50
La position de l'auteur est sans doute un peu biaisée par le fait que les intellectuel française parlent beaucoup plus de politique qu'aux Etats-unis.

Mais pour la question traitée, il me semble que ce qu'il vise est plutôt ce qui correspond aujourd'hui aux "bobos". Ils représentent la réalité sociologique d'une mouvance non totalitaire, et surtout non organisée (d'où leur pb), qui les apparente aux libertaires. Ils subissent aujourd'hui les attaques conjointes des stals et des fachos qui comprennent qu'ils représentent leurs adversaires essentiels (et les traitent respectivement de "libéraux" et de "gauchistes").

Leur réalité sociologique est simplement le fait qu'ils sont des intellectuels qui ne peuvent donc plus être enrégimentés par des bureaucrates (à gauche) ou des curés (à droite). La mutation correspond à la différence entre les catholiques et les protestants. Et la difficulté réside dans l'organisation d'égaux.

Bobos de tous les pays, unissez vous!

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