On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Dans le cadre du partenariat de nonfiction.fr avec le site cartessurtable.eu, retrouvez une fois par semaine sur nonfiction.fr un article qui revient sur un sujet au coeur de l'actualité du débat d'idées. Cette semaine, voici une contribution sur le 'Social', issue du "Petit Lexique à usage socialiste" de Cartes sur Table.
Dénoncer le "dualisme social", lutter contre la "fracture sociale", être le président du "pouvoir d’achat". Si Usbek et Rica, les deux Persans de Montesquieu, arrivaient en France aujourd’hui, nul doute qu’ils attribueraient naïvement ces slogans de campagne au parti socialiste. De par son nom même, il est en effet celui qui doit placer la question sociale – celle relative aux rapports entre les travailleurs et les employeurs, et plus largement aux rapports entre les différentes classes de la société – au centre de ses
préoccupations.
Comment se fait-il dès lors que la droite ait réussi à s’approprier jusqu’à cette thématique ? Comment expliquer que le parti socialiste ait laissé échapper jusqu’à ce mot, "social", pourtant constitutif de son identité ?
La droite a su poser le bon diagnostic. Et a su le faire au bon moment. En 1995, la lutte contre le chômage – l’une des formes les plus cruelles de l’exclusion – était une nécessité. En 2007, le pouvoir d’achat était la première préoccupation des Français. Mais au-delà du diagnostic, force est de se rendre à l’évidence. Le pouvoir d’achat occupe toujours le premier rang des préoccupations : il n’a pas augmenté. Pas plus que le chômage n’a diminué entre 1995 et 1997 et que Jacques Chirac n’a résorbé la fracture sociale, qui s’est même accentuée. Ainsi, si le constat posé par la droite était le bon, elle n’a en revanche apporté aucune solution satisfaisante. Et n’a pas su répondre aux préoccupations sociales légitimes des Français.
C’est là que la gauche a tout son rôle à jouer. C’est là que le parti socialiste doit se réapproprier la thématique sociale. Alors que la crise a révélé les contradictions entre les discours sur le pouvoir d’achat d’un président fasciné par les classes supérieures et la réalité de son plan de relance, il existe pour le parti socialiste de véritables opportunités. Celle d’opposer au "bouclier fiscal" un "bouclier social", rempart pour les Français contre les souffrances de l’exclusion. Celle de construire une véritable réponse sociale à la crise, quand la droite se satisfait de l’absence de résultats de son "sommet social", alors même que la désespérance sociale se traduit tous les jours au travers d’actions et de mouvements sociaux. Au-delà du seul diagnostic, la gauche doit proposer des solutions inédites aux Français, offrir comme alternative au "paquet fiscal" un véritable "paquet social". D’un point de vue historique, face à la montée du chômage de masse et de l’exclusion, seuls les gouvernements de gauche ont d’ailleurs su innover : revenu minimum d’insertion, emplois-jeunes, contrats emploi-solidarité, couverture maladie universelle et couverture maladie universelle complémentaire. Il est temps à nouveau d’innover, face à une droite qui défend le désengagement de l’Etat et remet en cause mois après mois les acquis sociaux des Français. Le non-renouvellement des emplois-jeunes n’a constitué qu’une goutte d’eau dans cette déconstruction systématique.
1 commentaire
manjacostel
Belle bataille. Il s'agit d'une bataille de communicants . A ce jeu, les publicitaires embauchés par la droite ont obtenu de beaux succès.
Mais le débat peut -il se limiter à un débat de publicistes, de démagogues? Ne s'agit-il pas de la vie et de l'avenir de tous?
Le débat est forcément vicié, quand il se limite à arbitrer sur la qualité des spots de publicité , surtout quand rien ne change. Réfléchissons à l'usure...Et nous sommes usés jusqu'au tréfonds...
Faut-il laisser croire à Seguela qu'il fut le vainqueur de 1981?
Le fait de placer le débat et les enjeux au niveau de manipulations linguistiques ne constitue pas une bonne approche .
Pourquoi ? En 1985, quand un jeune diplômé, dégrossi façon MITT , de diplôme.com venait expliquer à des agents du service public(par exemple) ou à des ouvriers de l'automobile du secteur privé ( par exemple) que les améliorations de productivité , devaient permettre de baisser les coûts , de gagner des parts de marché, mais qu'il en résulterait automatiquement de douloureuses suppressions d'emplois, gage de l'avenir d'un emploi pérenne , citoyen et durable,(ouf .. les délégués syndicaux, même celui de la CFDT qui rêvait surtout d'autogestion(>LIP) à cette époque , en demeurait tétanisé coincé entre la colère, et la nausée .
Plus tard les mêmes diplomes de diplôme.com degrossi façon Friedman (1,50m 40 kilos, un dur de la jungle quoi ) sont venus expliquer que la vie était dure , que rien n'était acquis à jamais, qu'il fallait se battre dans la jungle et respecter les riches ....
5 ans ont suffit pour que de haut fonctionnaires à vie , pris entre des fonctions prenantes , notamment l'encaissement de jetons de présence à EDF et à ELF mais encore à Peugeot, ou Saint Gobains par exemple , nous expliquent que nous devions nous battre contre la vigueur Chinoise . Juste une parenthèse n'y a t-il pas des sénateurs chinois moins chers que les nôtres et pour le même usage?.
Que si les emplois industriels se mondialisaient, à la pelle, c'était normal , puisque le français est par nature fainéant et qu'il profite, en fait, grassement de la mondialisation. NDLR Mon dieu n'y a t-il pas de professeurs chinois moins chers que ceux de la Sorbonne qui nous bassinent tous les jours dans les medias...
Mais que nous garderions les centres de recherche. C'est à dire les clés de la baraque la plus gaie à l'ouest du Pacifique.
Mais les centres de recherche foutent le camp aussi. Le chercheur chinois, ou hindou est moins cher que celui du CNRS.
Aujourd'hui la droite nous informe qu'il faut prévoir 2000 milliards d'euros pour les retraites en 2050 , mais , et personne n'en parle, nous allons donner quatre fois plus, soit 10000 millards d'euros, aux boursicoteurs de toute race. Et oui le CAC 40 annonce chaque année 200 milliards de gracieusetés . Il s'agit , le plus souvent de perte de recettes, engendrées par les privatisations massives et successives jospino-rocardo- balladuriennes, de niches fiscales enkystées dans l'esprit de leurs utilisateurs et celles du boucklier fiscal de nature scrofuleuse, puisqu'il s'agit de se protéger les miches . (Pour le plaisir ...)A mon avis parler de la qualité du message publicitaire est accessoire, qui anesthésie les débatteurs , et masque le véritable hold-up, que constitue la prise de contrôle et la jouissance, par la mafia, des outils de la richesse nationale.
Le débat de la gauche ne devrait porter que sur cette spoliation initiale qui entraîne toutes les autres retraite , école , santé etc....