Rédacteur

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Don Corleone
[jeudi 25 mars 2010 - 05:00]
Europe
Couverture ouvrage
Les parrains de Corleone
John Follain
Éditeur : Denoël
362 pages / 20,90 € sur
Résumé : Une histoire de la mafia corleonaise, de Navarra à Provenzano.
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Les parrains de Corleone (Denoël, 2010), c’est l’histoire de l’ascension, l’apogée et la chute de l’un des clans les plus célèbres de la Cosa Nostra sicilienne, celui de Corleone.

Car avant de devenir un mythe hollywoodien, grâce à Francis Ford Coppola et Marlon Brando, Corleone c’est d’abord une petite ville de Sicile dans laquelle les pauvres ne connaissaient depuis des siècles qu’une loi, celle des riches bourgeois, les Borghesi. Entre les deux, les Fratuzzi, hommes de main des propriétaires et ancêtres des mafieux, appliquaient la loi du maître, à défaut de celle de Rome.

John Follain remonte jusqu’au docteur Michele Navarra qui lança la dynastie corleonaise à la fin de la Seconde Guerre mondiale, au moment de l’invasion de l’île par les troupes alliées. Médecin des pauvres d’un côté, chef mafieux sans pitié de l’autre, il pouvait aussi guérir qu’achever, décider de la vie ou de la mort. Ce qui peut expliquer pourquoi on lui donna le surnom de « U Patri Nostru » (Notre Père).

Ce surnom ne réussit pas à l’épargner. Car dans la mafia, sans doute plus qu’ailleurs, il est bien plus difficile de conserver le pouvoir que de le prendre. En 1958, au sommet de sa puissance, Navarra est assassiné au volant de son Alfa Romeo par un de ses plus fidèles lieutenants, Luciano "Graine de feu" Liggio.

Avec le règne de Liggio, le clan corleonais allait connaître un développement extraordinaire au sein de la Cosa Nostra sicilienne, faisant d’une modeste bourgade l'un des épicentres du crime organisé italien.

Avec un Etat qui regarde ailleurs et une population soumise à la loi du silence, les mafieux deviennent des Intouchables pour qui l’impunité va de soi. Pourtant, comme dans toutes les histoires, alors que tout le monde baisse les bras, quelques-uns redressent la tête. Ce seront ce que les mafieux appellent des cadaveri eccellenti : des vrais serviteurs de l’Etat, souvent abandonnés ou même dénigrés par leur hiérarchie. La liste est longue de ceux qui tomberont sous les balles de la mafia… Mais c’est l’assassinat en 1992 du juge palermitain Giovanni Falcone qui marque un tournant dans ce que John Follain appelle le "terrorisme de la mafia". Cet assassinat commandité par le nouvel homme fort du clan, Salvatore Riina, choque toute l’Italie et oblige les autorités à prendre enfin les choses en main.

Face à eux, Riina est un parrain d’un nouveau type qui, à l’inverse de ses prédécesseurs, n’hésite pas à se lancer dans une guerre ouverte contre les autorités… et contre tous ceux qui dans l’organisation ne lui prêtent pas une allégeance totale. La brutalité ne connaît plus de limite : on tue en plein jour en toute impunité avant de dissoudre dans de l’acide ou de brûler le corps des victimes. Les morts se succèdent mais la violence ne faiblit pas – et ce malgré l’arrestation de Riina, allant jusqu’à l’enlèvement et à la séquestration pendant deux ans dans une prison souterraine du petit Guiseppe Di Matteo, fils d’un repenti, avant d’être finalement étranglé et dissous dans de l’acide.

Titre du livre : Les parrains de Corleone
Auteur : John Follain
Éditeur : Denoël
Nom du traducteur : Anatole Muchnik
Collection : Impacts
Date de publication : 21/01/10
N° ISBN : 2207261077
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2 commentaires

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habitnoir

08/06/11 15:45
Pour répondre à Bibi, non John Follain ne parle pas de l'affaire de Roberto Calvi, l'autre banquier de Dieu et blanchisseur pour les Viddani, retrouvé pendu sous Blackfriars bridge à Londres
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Pensez BiBi

03/04/10 17:57
BiBi aimerait savoir si John Follain parle dans son bouquin de l'assassinat de Roberto Calvi un soir de brume dans la capitale britannique et de l'entrisme de la Mafia new look dans les transactions embryonnaires d'alors de cette célèbre Chambre de Compensation luxembourgeoise.
En effet cette corrélation est le moment de bascule de la Nouvelle Mafia avec celle transitoire d'hier. Pour elle, le dispositif de cette Chambre avec ses comptes cachés fut du pain béni ( mais bien entendu, moi, je n'en crois rien de tout ça....Je ne veux pas de procès à la Denis Robert !)
Espérons quand-même que ce livre sur la Mafia ne cache pas par ses omissions-là ce qu'il en est de la Mafia. Car aujourd'hui, c'est en parlant de la Mafia ( films, livres, émissions TV) qu'on en cache l'essentiel.

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