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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Quand l’historique rencontre l’hystérique
[mardi 23 mars 2010 - 11:00]
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Le week-end a été épique aux Etats-Unis : la Chambre des Représentants a voté le texte de loi adopté plus tôt par le Sénat sur la réforme de la santé, et la blogosphère américaine a suivi ce moment historique avec passion, à gauche comme à droite. Et comme l’a correctement prédit le site DailyKos dimanche matin : "Today will be both historical and hysterical.”

A gauche, la satisfaction

Pendant les longs débats autour de la réforme de santé, aucun blogueur pro-démocrate n’a été réellement emballé par le texte. Initialement, la majorité de la blogosphère libérale soutenait le plan dit "single payer ", qui se rapprochait beaucoup des systèmes européens de santé. Mais la seule façon pour Obama d’obtenir le soutien des démocrates centristes et conservateurs a été de proposer une réforme beaucoup plus modérée : les compagnies d’assurances privées seront obligées dorénavant de couvrir tous les Américains, sans condition de ressources ou d’état de santé (la fameuse règle des "pre-conditions" où les compagnies refusaient d’assurer quelqu’un qui était déjà malade ou qui présentait des signes avant-coureur de maladie) ; mais les Américains seront quand même obligés de passer par des compagnies d’assurances privées, l’Etat fédéral ne lancera pas son propre programme d’assurance.


Les blogueurs libéraux ont longtemps pesté contre ces concessions aux modérés, mais on a senti une nette évolution de leur ton au fur et à mesure que le vote fatidique s’est approché. A quelques heures du vote de dimanche soir, Josh Marchall sur TPM a essayé de convaincre ses lecteurs qu’il fallait replacer le vote dans une perspective historique et politique plus large. Dans ce sens, l’adoption de la réforme, même insatisfaisante, lui apparaît comme l’apogée de la lutte d’un nouveau mouvement de gauche né de l’opposition à l’administration Bush : “After six years under President Bush and twelve years as the congressional minority, the Democrats took over Congress in 2006 and then expanded their majorities and elected a president in 2008 [Après 6 ans de Bush et 12 ans passés dans la minorité au Congrès, les Démocrates ont conquis le Congrès en 2006 puis ils ont étendu leur majorité et élu un président en 2008]. If they lose that majority only four years in it will be a painful reckoning for all the work, doggedness and creativity that went into building that rumbling machine that brought the Democrats back to power only a few years into what was formerly known as their permanent minority [S’ils perdent cette majorité au bout de seulement 4 ans, cela sera un résultat dur pour tout le travail, l’obstination et la créativité dont il a fallu faire preuve pour construire cette grosse machine qui a ramené les Démocrates au pouvoir après quelques années alors qu’ils étaient censés rester minoritaires pour toujours]. But as I've mulled these possibilities over the last few weeks I keep coming back to two realizations [mais alors que je réfléchis à cette possible issue, j’en reviens toujours à deux conclusions]. The first we know but tend to forget, that majorities are built to defend and better the country, not the other way around. If the bill passes, and should the worse befall the Dems and they wake up on November 3rd having lost both houses of Congress, they can look back on all the work in the 2004, 2006 and 2008 cycles and say, it wasn't wasted and it wasn't for nothing [La première, c’est que les majorités existent pour défendre et améliorer le pays, et non l’inverse. Si la loi passe, et si cela signifie la défaite pour les Démocrates et qu’ils se réveillent le 3 novembre en ayant perdu les deux chambres du Congrès, et bien ils pourront regarder ce qu’ils ont fait en 2004, 2006 et 2008 et dire qu’ils n’ont pas gaspillé leurs victoire, tout ça a servi à quelque chose].”


Et effectivement, après le vote de la loi dimanche soir, tous les principaux blogueurs libéraux se sont unis pour célébrer une victoire historique pour la gauche américaine. Le ton est même parfois des plus grandiloquents, comme pour Jonathan Chait sur le site de The New Republic : “Let me offer a ludicrously premature opinion: Barack Obama has sealed his reputation as a president of great historical import [permettez-moi d’émettre une opinion qui est si prématurée qu’elle en devient ridicule : Barack Obama vient de sceller sa réputation comme un président d’une immense envergure historique]." Sur le site ThinkProgress, Matthew Yglesias exprime la même idée : "Now that it’s done, Barack Obama will go down in history as one of America’s finest presidents [maintenant que c’est fait, Barack Obama va entrer dans l’histoire comme l’un des plus grands présidents américains]… Fundamentally, he’s reshaped the policy landscape in a way that no progressive politician has done in decades [il a bouleversé le paysage politique comme aucun politicien progressiste ne l’avait fait depuis des décennies]."

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1 commentaire

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HOKMAH

10/07/10 03:39
Avec la montée en puissance de l'individualisme et le "moins d'état" nous ouvrons une voie royale aux mafias et aux mercenariats en tous genres sur la planète. Un clignotant : la multiplication des services de polices privées et l'utilisation de mercenaires sur les champs de batailles, au delà des lois internationales car nos démocraties reposent trop sur l'illusion de la liberté de paroles face à l'entêtement des "faits". La situation de la liberté de la presse en France est inquiètante, sans parler de l'affaire des humoristes de France Inter. J'espère qu'il existe toujours un collège invisible de gens de bon sens...

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