Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Du sport féminin au socialisme
[samedi 20 mars 2010 - 14:00]
Gender studies
Couverture ouvrage
Marie-Thérèse Eyquem. Du sport à la politique, parcours d'une féministe
Florys Castan Vicente
Éditeur : Editions de l'OURS
248 pages / 17,80 € sur
Résumé : Marie-Thérèse Eyquem (1913-1978) : une féministe atypique ?
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Il suffira, pour donner une idée du courage politique de Marie-Thérèse Eyquem, de rappeler qu’elle affronta à deux reprises le gaulliste Roger Frey aux élections législatives, dans le XIIème arrondissement de Paris : la proximité de ce dernier avec certains "barbouzes" ou militants du SAC peu timides dès qu’il s’agissait de manier matraques et barres de fer avait de quoi dissuader plus d’une velléité de candidature ! Moins que l’analyse de sa place au sein de la Convention des institutions républicaines, de la FGDS ou du Parti socialiste de l’après-Epinay  , dont elle fut secrétaire nationale, ce sont les relations de Marie-Thérèse Eyquem avec François Mitterrand qui retiendront l’intérêt du lecteur. Les liens d’amitié entre ces deux personnalités que rassemblaient l’amour des forêts landaises  , un rapport ambigu au régime de Vichy et l’appartenance à une même génération   étaient solides et confiants. Leur évocation permet d’insister sur un des aspects les plus marquants de la trajectoire de François Mitterrand en politique : sa fidélité et sa liberté en amitié. Le regretté Eric Duhamel l’a bien montré dans ce qui reste comme une des meilleures biographies du quatrième président de la Vème République  .

Un féminisme de transition


Marie-Thérèse Eyquem apparaît, dans cette biographie, comme une féministe de transition, entre les garçonnes de l’entre-deux-guerres, qu’a étudiées Christine Bard, et les féministes du Mouvement de libération des femmes (MLF), à partir de 1970. Elle conserva dans sa maturité l’allure des premières, comme en attestent les archives télévisées de la campagne des élections législatives de 1973  . A travers son Mouvement démocratique féminin, elle offrit notamment, et avec d’autres, un débouché politique aux revendications du Mouvement français pour le planning familial dans les années 1960. Très croyante dans sa jeunesse, elle retrouva la foi dans les dernières années de son existence et renoua alors avec un mysticisme qui ne l’avait pas vraiment quittée : ce trait-là l’éloignait, elle, l’homosexuelle pourtant assumée, de l’évolution des mœurs qui se dessinait dans les années 1970. Destin complexe en définitive que celui-là : Florys Castan Vicente nous permet d’en prendre la mesure, qui sait marier la rigueur de l’analyse à l’empathie sans laquelle il n’est pas de bon livre d’histoire. .
 

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