On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Marie-Thérèse Eyquem apparaît, dans cette biographie, comme une féministe de transition, entre les garçonnes de l’entre-deux-guerres, qu’a étudiées Christine Bard, et les féministes du Mouvement de libération des femmes (MLF), à partir de 1970. Elle conserva dans sa maturité l’allure des premières, comme en attestent les archives télévisées de la campagne des élections législatives de 1973 . A travers son Mouvement démocratique féminin, elle offrit notamment, et avec d’autres, un débouché politique aux revendications du Mouvement français pour le planning familial dans les années 1960. Très croyante dans sa jeunesse, elle retrouva la foi dans les dernières années de son existence et renoua alors avec un mysticisme qui ne l’avait pas vraiment quittée : ce trait-là l’éloignait, elle, l’homosexuelle pourtant assumée, de l’évolution des mœurs qui se dessinait dans les années 1970. Destin complexe en définitive que celui-là : Florys Castan Vicente nous permet d’en prendre la mesure, qui sait marier la rigueur de l’analyse à l’empathie sans laquelle il n’est pas de bon livre d’histoire. ![]()
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