Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !
Depuis le début de la présidence Obama, le fonctionnement interne du Sénat est un sujet de discussion passionné pour les blogueurs américains. Les républicains obstructionnistes utilisent tous les gadgets parlementaires possibles et offrent ainsi une leçon d’instruction civique dont les démocrates se seraient bien passés. Le débat sans fin au Sénat sur la réforme de la santé a d’abord rappelé à tout le monde l’existence du « filibuster » : cette méthode parlementaire permet à un élu de l’opposition de bloquer indéfiniment le passage d’une loi en monopolisant le débat. La seule façon de briser un filibuster est un vote à une super-majorité de 60 voix, ce qui explique pourquoi les démocrates, qui n’ont plus que 59 sénateurs depuis la victoire surprise de Scott Brown au Massachusetts pour remplacer Edward Kennedy après son décès, n’arrivent pas à boucler cette réforme.
Cette semaine, c’est une variante du filibuster qui a secoué la blogosphère : la technique dite du « blockade » ou « blocking », le blocage. Le sénateur Jim Bunning (républicain du Kentucky) a bloqué le vote d’un texte assez large, permettant l’extension exceptionnelle du versement des allocations chômage et encadrant le salaire des employés travaillant dans les transports, au prétexte que l’argent pour financer ces programmes devrait venir de la loi Stimulus adoptée l’an dernier pour favoriser la reprise de l’économie, et non être ajouté au déficit fédéral comme cela était prévu. Près d’un million d’Américains se sont ainsi retrouvés sans ressource ou sans emploi cette semaine. Pour la blogosphère libérale, cet épisode résume tout ce qui ne va pas dans le système politique américain aujourd’hui. Les républicains sont devenus des radicaux sans aucun souci pour le bien commun: “the bizarre right-wing senator seems to be actually flipping off the entire country [on dirait que le bizarre sénateur conservateur est en train de faire un doigt d’honneur à tout le pays] [...] And so the nation waits for one right-wing clown to end his tantrum [le pays attend qu’un clown de droite finisse son caprice]" se plaint Steve Bennen sur Washingtonmonthly.com), et la presse se montre incapable de rendre compte correctement de ces abus parlementaires (“But in a lot of press reports, reporters […] don't even mention Bunning's name [la plupart des articles ne mentionnent même pas le nom de Bunning]. It's just "senate gridlock." [on parle juste de ‘blocage du Sénat’] … It is really a press failure. [c’est un grand échec pour la presse]” remarque Josh Marshall sur TPM.
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