Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !
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Après Théodose , Pierre Maraval s’atelle à la biographie d’un autre empereur chrétien, Constantin, lui aussi souvent qualifié de l’adjectif "grand". Ce ne sont pas les seuls rapprochements que l’on peut faire entre Constantin et Théodose : ils sont tous deux parvenus à concentrer un pouvoir impérial divisé et à fonder leur dynastie, à pacifier tant bien que mal un empire attaqué par les barbares, et ils ont surtout joué un rôle essentiel bien que controversé dans l’essor du christianisme. Enfin, les sources les concernant sont très subjectives, partagées bien souvent entre les apologies des chrétiens et les critiques, parfois violentes, des auteurs païens – même s’il faut se garder de généralisations abusives. Cependant, le travail présenté ici sur Constantin est très différent puisqu’il paraît dans la collection de poche "La Véritable Histoire de…" des Belles Lettres, dont le concept est de présenter le portrait d’un personnage de l’Antiquité à travers les sources contemporaines ou immédiates . Cette recette aboutit selon l’éditeur à une "biographie brute", mais qui n’est pour autant pas toujours aussi "authentique" ou "véritable" que l’on pourrait le penser de prime abord, en particulier lorsque les sources en question sont nourries des opinions de leurs auteurs et non pas seulement de leur travail d’investigation. Toutefois, ces digressions subjectives ont elles aussi leur utilité en ce qu’elles permettent de restituer une atmosphère et les sentiments que le personnage décrit pouvait susciter à son époque.
La Véritable histoire de Constantin s’adresse au grand public et constitue une première approche du règne de cet empereur, mais pourra également être un outil commode pour les spécialistes, en tant que corpus des principales sources. Pour les premiers, qui n’ont de connaissances que générales sur la question, il sera utile de commencer la lecture de l’ouvrage… par la fin, où se trouve une chronologie sommaire du règne de Constantin, une généalogie et une bibliographie des éditions de référence des sources citées. On s’y attardera surtout sur la liste des auteurs et des œuvres utilisées, précieuse grille de lecture pour rester critique face aux textes. Sur ce point, deux "camps" se dégagent : les chrétiens d’une part – représentés essentiellement par Eusèbe de Césarée et Lactance – les païens d’autre part – avec Ammien Marcellin, Libanios ou Zosime – plus ou moins critiques sur le personnage de Constantin. Muni de cette postface aux allures de prolégomènes, le lecteur peut ensuite se plonger dans le corps de l’ouvrage, où chapitres et textes sont introduits individuellement par les notes aussi succinctes qu’éclairantes de l’historien.
Maraval a classé les textes selon seize thèmes présentés chronologiquement. Deux séquences sortent particulièrement du lot, abordant les événements les plus marquants du règne de Constantin : sa prise de pouvoir et sa politique religieuse (tant envers les païens, que les juifs et les chrétiens).
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clairdefemme