L'histoire de la Marine, revue et corrigée
[mercredi 10 mars 2010 - 14:00]
Histoire
La Marine de Vichy. Blocus et collaboration, juin 1940-novembre 1942
Bernard Costagliola
Éditeur : Tallandier
… à la collaboration
Bernard Costagliola distingue trois périodes dans l’histoire du blocus, entre sa mise en place et le débarquement américain en Afrique du Nord en novembre 1942 : le "blocus balbutiant" au second semestre 1940, le "blocus combattant" de janvier au printemps 1941 et enfin, le "blocus triomphant" du printemps 1941 à novembre 1942. La signature des protocoles de Paris en mai 1941 entre l’amiral Darlan et Otto Abetz marqua un tournant important pour le blocus. Pour la première fois, le gouvernement de Vichy renonçait ouvertement à la neutralité affichée depuis l’entrée en vigueur des armistices au profit d’une aide à l’effort de guerre du
Reich.
Ces accords permettent à l’ouvrage de délaisser le blocus stricto sensu, au profit de la politique de collaboration menée par l’amiral François Darlan. Ses conclusions, particulièrement sévères pour l’amiral de la Flotte, sont radicalement opposées à celles de ses derniers biographes
. D’après Bernard Costagliola, l’échec des protocoles de Paris ne signifiait nullement l’abandon par Darlan de sa volonté de collaborer. Seules les modalités envisagées changeaient. Son but devenait la mise en place d’une collaboration qui fût une alliance loyale et équilibrée, en échange de l’abandon du régime d’armistice.
À travers l’étude du blocus de la France par la Grande-Bretagne, Bernard Costagliola propose une nouvelle interprétation d’éléments clés de l’histoire du régime de Vichy. Torpillant définitivement la thèse d’un "accord de fait", il présente une lecture féconde et stimulante de la collaboration voulue par l’amiral Darlan. L’ouvrage est étayé par des sources abondantes et parfaitement maîtrisées, soutenu par un style alerte et offre un modèle de rigueur méthodologique
1 commentaire
François Delpla
Churchill a « trompé le cabinet de guerre » dans les jours précédant
Mers el-Kébir pour l'inciter à approuver cette action. Il le fait sans
aucun biscuit archivistique, donnant comme référence unique un livre
anglais non fiable.