Engelmann, premier interprète de Wittgenstein
[lundi 08 mars 2010 - 14:00]
Philosophie
Lettres, rencontres, souvenirs
Ludwig Wittgenstein, Paul Engelmann, Ilse Somavilla (dir.)
Éditeur : L'Eclat
Longtemps avant que cela ne devienne un thème privilégié des études wittgensteiniennes, Engelmann s’interrogeait sur la continuité entre le « premier » et le « second » Wittgenstein, en dépit du contraste entre le
Tractatus et les
Recherches philosophiques. Il se demande dans quelle mesure la conception du langage comme jeu dans les
Recherches (la signification c’est l’usage) rompt avec la théorie représentationnelle du
Tractatus, et il repère une continuité dans la permanence du thème de l’inexprimable et de l’impossibilité de se placer à l’extérieur des limites du langage. La crispation du
Tractatus sur l’indicibilité de la relation entre le langage et le monde sera répudiée par Wittgenstein, mais non l’idée qu’il y a de l’inexprimable.
C’est pourquoi, bien qu’il n’entre guère dans la substance philosophique des énoncés de Wittgenstein sur le langage et le monde, Engelmann se montre un guide très sûr sur le sens si déroutant du
Tractatus. Ainsi quand il évoque le rôle crucial pour Wittgenstein du « choix des termes », dont peut dépendre « le succès de son entreprise philosophique », le pouvoir du « mot juste »,
. De même que pour Gottfried Keller, « l’un des seuls grands poètes que Wittgenstein aimait intimement », « sa véracité ne lui permettait pas d’adopter un ton supérieur à ses émotions, ne serait-ce que d’une vibration. »
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Céline