Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !

Cet ouvrage, étonnamment, n’a reçu quasiment aucune critique, alors qu’il annonce un travail minutieux et novateur, pétri du désir d’analyser la situation française actuelle à l’aune des questions de genre – dans une perspective constructionniste clairement revendiquée et amplement développée. Marie-Josèphe Bertini, philosophe et directrice de recherches en sciences de l’information et de la communication, n’est pas une inconnue dans le domaine, puisqu’elle a déjà commis un autre ouvrage abordant les stéréotypes de genre diffusés dans les médias, analysant les grandes figures de références historiques qui leur servent de support (Femmes – Le pouvoir impossible, Paris, Pauvert/Fayard, 2002). Ici, elle s’attache à démonter les processus de fabrique du genre, de l’assignation au rôle de femme ou d’homme, dans la société française. Elle ferraille avec l’ordre symbolique unique et homogène, pour aller vers l’intégration d’une multitude d’ordres symboliques.
L’auteure convoque une foule de disciplines, de pensées, de théories, d’ouvrages, argumentant pas à pas, pied à pied, contre le bloc de l’ordre symbolique, lui opposant des pensées issues d’une variété impressionnante de disciplines, de la philosophie bien sûr, mais aussi du droit, de la politique, de l’histoire des femmes, de la sociologie, de la biologie, de la médecine, de l’anthropologie, de l’histoire des représentations, etc., s’appuyant sur des citations pertinentes qu’elle réinscrit autant dans son sujet que dans la pensée de leur auteur-e. Ce travail érudit, soutenu par une langue précise, claire, très explicative, reste malgré tout ardu, très conceptuel et convoque surtout de multiples références qu’il vaut mieux maîtriser a minima pour ne pas se sentir submergé-e. Ce choix étendu de sources doit permettre de mieux appréhender son objet : l’ordre symbolique rigide, qu’elle définit ainsi : " […] l’ensemble des lois, règles, normes, interdits et tabous gouvernant et codifiant les stratégies de sociabilité censées exprimer par extension les fondamentaux universels de l’espèce humaine" . Cet ordre symbolique impose la différence des sexes dont l’auteure propose de penser la déconstruction – pour laisser place à une société ouverte à la multitude et au mouvement.
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