On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Un formidable projet
Au final, cet ouvrage est à lire pour la richesse des réflexions qu’il égrène tout au long de la démonstration, et pour les portes qu’il ouvre, la synthèse des multiples disciplines qui convergent vers la construction d’un nouveau paradigme mis en évidence avec brio. Soulignons également l’extrême rigueur des citations, la philosophe précisant toujours avec une extrême honnêteté ce qui vient d’ailleurs, restituant son emprunt tout en l’articulant à sa propre démonstration. Cet ouvrage donne donc accès à une convergence de recherches visant à redynamiser la pensée d’un meilleur vivre-ensemble dans notre société, dans un mouvement vivant et fécond qui ne doit pas craindre les réticences et les crispations qu’il suscite. L’auteure est convaincue que le processus est en marche et qu’il se fera, malgré tout, avec toutes les forces qui l’animent. Renverser l’ancien ordre immuable pour lui substituer un nouvel ordre qui ne se fixe pas de but transcendant, mais chemine au plus près des aspirations de ses diverses composantes, ouvert au défi de l’avenir, à l’intégration des multitudes dans la production du savoir et dans la détention du pouvoir, tel est le formidable projet de société auquel l’auteure appelle, sans éviter de répondre à ses contradicteurs et contradictrices.![]()
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