On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
L’avant-propos permet à Vincent Pinel de retracer brièvement la genèse historique de la notion de genre : valorisé par un système de production soucieux d’asseoir son autorité, le genre connaît son apogée dans les années 1930-1950, à l’âge d’or des Majors américaines. Si son importance s’émousse au fil des ans, le genre continue néanmoins d’orienter le spectateur, éclairant son choix au fil des salles obscures. Malgré cette incontestable utilité, le genre attise, plus particulièrement en France, de nombreuses polémiques. Ainsi, le concept se dessine au milieu d’une nébuleuse sémantique et semble se dérober à toute définition univoque. Cette indécision résulte d’abord d’une pluralité des genres, et d’une diversité de sources, toutes deux évoquées par Pinel.
Le caractère fuyant du genre a également une autre source, effleurée rapidement par l’auteur : "parent pauvre" de la critique française, le discours générique suscite ordinairement un mouvement de réticence, attirant sur lui la foudre des hérauts du cinéma d’auteur. Ainsi, pour Barthélemy Amengual, le cinéma de genre enfermerait le spectateur dans un conformisme écervelé, le mettant sur des "rails" au lieu de l’éclairer. En outre, le genre étranglerait le cinéma dans le carcan des contraintes extrinsèques et mercantiles, éludant la créativité irréductible aux normes commerciales, l’art indifférent aux lois du marché.
Réfutant cette hypothèse, Pinel vise à dépasser ce clivage et cherche à restituer au fil de son ouvrage un nouvel équilibre entre création singulière et artefact industriel. Le titre de l’ouvrage révèle son ambition : réhabiliter le genre, en exposant son intérêt et sa richesse. Les nombreux ensembles sériés au fil de l’ouvrage (genres, mouvements, mais également écoles, styles…) contribuent à mettre en valeur l’influence structurelle de chacun, en réfutant la thèse d’une hégémonie débilitante. Vincent Pinel s’attache ainsi à brosser le portrait dynamique du cinéma à travers le XXe siècle, sans tenir compte des frontières géographiques – malgré une prépondérance des cinémas américain et européen (reconnue du reste par l’auteur lui-même).
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