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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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La Constitution de 1848 : la République contre elle-même ?
[mardi 02 mars 2010 - 11:00]
Histoire du Droit
Couverture ouvrage
1848, Quand la République combattait la Démocratie
Arnaud Coutant
Éditeur : Mare et Martin
558 pages / 23,75 € sur
Résumé : En croisant les analyses juridiques et politiques, Arnaud Coutant offre une lecture stimulante d’un régime que sa brièveté (1848-1851) a souvent condamné.
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Le nouvel opus au titre évocateur d’Arnaud Coutant consacré à la Deuxième République tend à expliquer l’échec du régime par l’antinomie qu’il consacre entre démocratie et république. Fondée sur une approche juridique et politique, l’analyse jette un éclairage précieux sur un régime généralement peu considéré du fait de sa brièveté, alors même qu’il constitue " l’un des exemples les plus marquants de l’idéal républicain au XIXe siècle ".

L’ouvrage est d’une lecture agréable et l’on suit bien le propos de l’auteur. A cet égard, le plan très précis séduira les juristes, habitués à ce genre de démonstration, mais il déroutera éventuellement les autres lecteurs, y compris les spécialistes de la période, qui s’étonneront parfois de voir dissociées des questions qui furent traitées d’un même mouvement par les acteurs de la révolution de Février. L’ensemble est bien documenté (bon travail sur les sources) et livre des perspectives intéressantes, tant sur les influences des rédacteurs de la constitution que sur l’impact des événements sur les travaux juridiques en cours (excellente restitution des travaux des comités).

On pourra sans doute trouver que dans l’analyse des propositions politiques, les lectures de l’auteur sont un peu unilatérales – sans doute du fait de son intérêt pour Tocqueville et les libéraux . Les opinions des socialistes sont trop largement sous-exploitées, Arnaud Coutant faisant sans doute siens les propos d’un Paul Bastid, qui affirmait que les problèmes de droit les laissaient indifférents. Ils sont certes très occupés à se battre les uns contre les autres pour imposer leur propre définition du socialisme, mais on se permettra de rappeler que les recherches menées depuis quelques années tendent à prouver que les questions juridiques les ont au contraire passionnés . L’absence de vraie considération pour le point de vue des socialistes manque singulièrement quand il est question de la dimension sociale de la révolution de Février, alors même que pour nombre de ses acteurs, la république est associée à la reconnaissance de droits sociaux (le droit au travail), contrairement à la démocratie qui est une question purement politique.

Titre du livre : 1848, Quand la République combattait la Démocratie
Auteur : Arnaud Coutant
Éditeur : Mare et Martin
Collection : Droit & Science Politique
Date de publication : 08/06/09
N° ISBN : 2849340669
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