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critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Castelli et le triomphe de l'avant-garde américaine
[mardi 02 mars 2010 - 05:00]
Arts et Culture
Couverture ouvrage
Leo Castelli et les siens
Annie Cohen-Solal
Éditeur : Gallimard
560 pages
Résumé : L'un des grands noms du marché de l'art new-yorkais dans la seconde moitié du vingtième siècle, Leo Castelli (1907-1999) fait l'objet d'une biographie admirablement documentée d'Annie Cohen-Solal.
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De l'expressionnisme abstrait à l'art conceptuel, la figure de Leo Castelli (1907-1999) a dominé ce qu'il faut bien appeler le marché de l'art dans la seconde moitié du vingtième siècle en Amérique – période cruciale puisque c'est alors que l'art américain s'est enfin affranchi de tout complexe d'infériorité par rapport à l'Europe, Paris perdant, dans le même temps, sa suprématie au profit de New York. C'est dire l'intérêt de la biographie que consacre à cet acteur privilégié Annie Cohen-Solal, dont chacun connaît la remarquable biographie de Sartre, parue en 1989, mais qui elle-même connaît bien l'Amérique, ayant été conseiller culturel français à New York au début des années 1990.
Leo Castelli nait à Trieste le 4 septembre 1907. Ernesto Krausz, son père, originaire de Siklos en Hongrie, est directeur adjoint de la succursale triestine du Credit Anstalt de Vienne ; sa femme Bianca, dont Leo Castelli adoptera le nom, appartient à l'une des grandes familles juives, toscane d'origine, de ce grand port cosmopolite alors rattaché à l'empire austro-hongrois. Annie Cohen-Solal, à bon droit fascinée par cet arrière-plan – ce n'est pas sans raison que le livre s'intitule Leo Castelli et les siens –, retrace un portait riche et vivant du milieu où a grandi le futur galeriste. Après avoir passé à Vienne les années de la Première Guerre mondiale, les Krausz regagnent en 1918 un Trieste désormais italien, où le jeune Leo poursuit ses études, tandis que son père est devenu l'un des principaux banquiers de la ville, statut qu'il perdra avec la promulgation par Mussolini des lois antisémites de 1938. Après avoir fait son droit à Milan, Leo Castelli passe quatre ans à Bucarest en tant qu'employé d'une compagnie d'assurances italiennes. C'est là qu'il épouse en 1933 Ileana Schapira – la future Ileana Sonnabend (1914-2007) – fille d'un riche entrepreneur local. Le couple, qui en tant que couple sera vite désuni (ils finiront par divorcer en 1958) sans cesser pour autant de former, dans le monde de l'art, un partenariat à vie, s'installe à Paris en 1937. C'est à Paris, en 1939, que commence la véritable carrière de Leo Castelli lorsqu'il crée, place Vendôme, en collaboration avec René Drouin, la galerie d'art moderne qui porte le nom de ce dernier. Ils y exposent Leonor Fini (amie d'enfance à Trieste), Eugène Berman, Max Ernst, Millie Oppenheim, Pawel Tchelitchew. La guerre interrompt aussitôt ces activités. Grâce à son beau-père, Castelli, accompagné de sa femme et de sa fille, réussit à gagner New York en mars 1941. Ses parents à lui n'auront pas cette chance : après avoir passé à Budapest, dans la clandestinité, les années de la guerre, ils mourront lors du siège de la ville par les armées soviétiques.
Après avoir repris ses études à l'Université Columbia. Castelli retrouve l'Europe en 1945 au titre de sergent dans l'armée américaine, ce qui lui permet d'être naturalisé citoyen américain l'année suivante. Tout en gagnant sa vie comme directeur d'usine, Castelli commence à collectionner sérieusement l'art contemporain et se mêle à la vie artistique de la métropole. Entre 1947 et 1953, originellement par le biais de la galerie Drouin (qui sera liquidée l'année suivante), il fait ses armes comme courtier de la veuve de Kandinsky, non sans entrer dans des difficultés avec cette dernière, qu'évoque un chapitre pittoresque du livre. En 1951, à la galerie Sidney Janis, dans la 57e Rue, Castelli organise l'exposition " Young U.S. and French Painters ", qui fera date : De Kooning, Kline, Pollock, Rothko y voisinent avec Dubuffet, Lanskoy, Soulages et Staël. Les expressionnistes abstraits, qui ne constituent en aucun cas une école même s'ils sont regroupés par la critique sous cette bannière, Castelli les fréquente au club qui se réunit de 1950 à 1955 dans la 8e Rue. Il les expose en 1951, dans un local ad hoc, au Ninth Street Show, qui connaît un grand retentissement. Enfin, en février 1957, au 4 East 77th Street, Castelli ouvre sa propre galerie qui va faire de lui, selon l'expression d'Annie Cohen-Solal, " le leader absolu de l'art américain " pendant les trois (sinon quatre) décennies suivantes.

Titre du livre : Leo Castelli et les siens
Auteur : Annie Cohen-Solal
Éditeur : Gallimard
Collection : Témoins de l'art
Date de publication : 01/10/09
N° ISBN : 978-2-07-077349-7
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