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Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

L'existence même de la réunion du 28 juillet sur les Roms était indigne d'un gouvernement qui se réclame de la République, les annonces faites par Brice Hortefeux sont dans la continuité.

Pouria Amirshahi, secrétaire national du PS aux droits de l'homme

Bilan définitif ?
[lundi 01 mars 2010 - 13:45]
Arts et Culture
Couverture ouvrage
Un objet culturel non identifié
Thierry Groensteen
Éditeur : Editions de l'An 2
206 pages / 18,53 € sur
Résumé : Un bilan approfondi du milieu de la bande dessinée et de sa situation dans le paysage culturel contemporain.    
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Dans Un objet culturel non identifié, Thierry Groensteen pose la question de la légitimation de la bande dessinée dans le paysage culturel actuel. Après avoir occupé les fonctions d’animateur de revues, dont les Cahiers de la bande dessinée, d’enseignant, de directeur de musée au Centre national de la bande dessinée et de l’image, d’éditeur, de critique dans les pages du Monde et de nombreux ouvrages spécialisés, il livre une réflexion en forme de bilan, qui reste d’actualité. L’ensemble est sans concession, incisif et parfois cassant. Témoignage direct de l’un des intellectuels les plus actifs dans le milieu du neuvième art depuis trente ans, O.C.N.I. interroge la bande dessinée, son statut, sa perception, le rôle des éditeurs, retrace l’historique de la bédéphilie, zoome sur les relations avec l’institution, les médias et questionne l’avenir du médium.

Si aujourd’hui lire une bande dessinée n’est plus dommageable, la légitimité économique véhiculée par les chiffres et incarnée par les têtes de pont comme Enki Bilal et Marjane Satrapi n’est pas synonyme de reconnaissance. Même si dans les années 1990, la mise en images (réussie) d’autobiographie (Julie Doucet, Jean-Christophe Menu ou Fabrice Neaud) manifeste une forme d’aboutissement dans l’utilisation du médium, on peut être reconnu comme cultivé sans rien connaître de Franquin, Breccia ou Ware.

Avant la légitimation, la reconnaissance. Groensteen nous interpelle sur le fait que la bande dessinée se voit souvent réduite à sa plus simple expression, les schtroumpfs plutôt que Tardi. Par ailleurs, il souligne qu’un sérieux problème patrimonial prive le lecteur de classiques jamais réédités. En effet, le lecteur de bande dessinée brave plusieurs obstacles. L’incapacité à lire le texte et l’image assemblés relève de la lacune ou alors “seuls des a priori dogmatiques et contre intuitifs pourraient faire soutenir le contraire”. Soupçonnée d’infantilisme car confinée dans la case enfance au début du XXe siècle, elle revient en grâce après 1968 et avant la télévision. Certains toisent – lire une image c’est ontologiquement facile – et puis ce sont souvent les mêmes images des mêmes personnages. Ce raisonnement ne s’applique pas à Moebius ou Killoffer, ou alors le préjugé l’emporte.

Il est vrai que l’héritage de la caricature rappelle davantage un gai luron qu’un sérieux Newton. De même, sa nature littéraire et visuelle lui est reprochée. Si l’écrit reste, la figuration graphique apparaît comme une tâche au regard de l’abstraction dans l’art contemporain. Dernier frein amplifié par la répétition d’un petit format imprimé sur le papier, obligeant une lecture enchaînée à l’opposé de la toile fixe. Comme ces tares congénitales ne suffisent pas, Groensteen nous rappelle que les éditeurs ont institué la série, vision fordiste de l’album qui représente les trois-quarts de la production, renvoyant dans la marge les ouvrages exigeants. Cette indifférenciation du livre conduit à la prééminence du 48CC pour 48 pages cartonnées couleurs, ainsi baptisée par J.-C. Menu dans son brûlot Plates-bandes . Étalon de la bande dessinée, le 48CC est tellement normatif qu’il en devient presque l’incarnation. Ce contenant formaté est comblé par le système du “scénariste-maison”. Un scénariste connu de l’éditeur et reconnu d’un public se voit accolé un jeune dessinateur. Cette politique suscite deux critiques de l’auteur. Peu d’éditeurs rééditent, la mémoire fait défaut. Peu d’éditeurs prennent le risque d’ouvrir leurs portes à des auteurs féminins, et l’on reste souvent proche “d’un imaginaire machiste de série B”

Titre du livre : Un objet culturel non identifié
Auteur : Thierry Groensteen
Éditeur : Editions de l'An 2
Date de publication : 31/10/06
N° ISBN : 2848560789
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