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L'existence même de la réunion du 28 juillet sur les Roms était indigne d'un gouvernement qui se réclame de la République, les annonces faites par Brice Hortefeux sont dans la continuité. 
Pouria Amirshahi, secrétaire national du PS aux droits de l'homme
Après un an et demi de lutte en faveur de la modification de la loi LRU et de la revalorisation de la recherche, on peut légitimement se poser des questions: où en est-on? Quel est l'état des forces en présence? Quels effets ces changements auront sur la recherche ? Le débat est en cours, le mouvement de protestation des enseignants et des chercheurs n’ayant abouti que très partiellement. Mais on peut aussi profiter de cette occasion pour élargir le débat. C'est ce que propose Laurent Ségalat dans ce salutaire pamphlet intitulé La science à bout de souffle ? . Il présente de manière crue, brutale et imagée les difficultés dans le fonctionnement des institutions que chérissent le plus les chercheurs : les revues scientifiques, l’évaluation par les pairs, les commissions de spécialistes chargés de l’évaluation et l’ensemble de ces mécanismes sur lesquels repose la circulation des ressources et des résultats de recherche, plus particulièrement dans les sciences "dures".
La multiplication des cas de fraudes aurait du nous alerter, comme symptôme d’un plus grave problème, dit L.Ségalat. Or ce n'est pas le cas : rien ou presque n'a fondamentalement changé, malgré de nombreuses réflexions sur les dysfonctionnements de l’évaluation. Les systèmes d'évaluation sont au coeur de cette réflexion car celle-ci, comme le savent les chercheurs au quotidien, joue un rôle pivot dans la pratique et dans la définition de la politique de la recherche On assiste plutôt à une sorte de renforcement de l’évaluation bureaucratisée et managériale, avec force outils bibliométriques. Et de confondre allégrement la quantité avec la qualité : l'Australie voit sa production scientifique augmenter de 40% depuis la mise en place d'indicateurs bibliométriques: est-ce pour autant que la qualité de la recherche australienne a augmenté de 40%? Cette tension entre l’évaluation collégiale censée être informée par les pairs et la gestion managériale est de nos jours particulièrement forte. Car il y a bien quelque chose de pourri dans le royaume des sciences ! Ce livre, bien moins caricatural que ne l'annonce son auteur, est un guide dans la souche de cette pourriture et comme Ségalat n'a pas sa plume dans la poche, il touche là où ça fait mal, notamment une incapacité presque légendaire des chercheurs eux-mêmes à traduire en action leurs propres critiques du fonctionnement de la recherche.
Plusieurs éléments composent les racines du mal:
- la bureaucratisation de l'évaluation de la recherche (et de sa gestion).
- l'évaluation dans les formes qu'elle prend aujourd'hui.
- l'absence -paradoxale- de "contrôle de la qualité" dans la profession.
- la concurrence effrénée des chercheurs, à titre individuel.
- l'absence de mécanismes de coopération (notamment de coopérations "horizontales" au sein des mêmes champs disciplinaires et pas tant celles, "verticales", où des compétences se complètent dans les projets).
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