La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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La bataille des mots : 'Gardes à vue'
[lundi 15 février 2010 - 16:00]
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A l'occasion d'un nouveau partenariat avec le site cartessurtable.eu, retrouvez une fois par semaine sur nonfiction.fr un article qui revient sur un sujet au coeur de l'actualité du débat d'idées. Cette semaine, voici une contribution sur les 'Gardes à vue', issue du 'Petit Lexique à l'usage de la gauche' de Cartes sur Table.

 

Il y a des situations dans lesquelles les statistiques semblent parler d’elles-mêmes. Le commentaire apparaît si facile qu’on serait tenté de s’en passer. Pourtant, le poids des évidences ne peut remplacer la force de l’analyse. Face à l’explosion du nombre de gardes à vue en France, il ne suffit plus de dénoncer les dérives – sous pression politique – du système policier et judiciaire. Il faut repenser en profondeur ce double système, en s’engageant dès lors à refuser par la suite la multiplication de textes de circonstances.


En mai 2009, l’Observatoire national de la délinquance a annoncé dans un rapport que de 2004 à 2008, le nombre de gardés à vue est passé de 427 000 à près de 578 000, soit une augmentation de 35,42%. Une question s’impose dès lors : cette explosion des gardes à vue, alors même que des abus manifestes sont de plus en plus fréquemment dénoncés, ne traduit-elle pas une inquiétante dérive des pratiques policières (le placement en garde à vue, mesure grave car permettant de priver une personne de sa liberté, est un pouvoir propre donné à la police sans qu’il lui soit nécessaire de recueillir l’autorisation de la justice pendant vingt-quatre heures) ?


En janvier 2010, l’enquête d’un journaliste de France Info pousse le ministère de l’Intérieur à admettre la nette sous-estimation du nombre annuel de gardes à vue : près de 800 000 personnes ont été gardées à vue en 2009, contre 600 000 annoncées officielle-ment.  Une question s’impose : que traduit cette inquiétante sous-estimation dans un Etat de droit ?
L’explosion du nombre des gardes à vue constitue un sujet d’autant plus sensible que les modalités françaises en sont aujourd’hui contestées au regard de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. On voit par conséquent se multiplier le nombre de gardes à vue alors même que celles-ci ne respectent pas les exigences européennes du droit à un procès équitable.


Les modalités de la garde à vue sont fixées en droit français dans le Code de procédure pénale (voir notamment les articles 63 et suivants). Placée en garde à vue, une personne est retenue dans un local de police, perd le droit d’en partir et de communiquer avec des tiers. Hors procédures exceptionnelles, elle peut être placée en garde à vue pendant deux fois vingt-quatre heures. Si elle peut, dès le début de sa garde à vue, demander à s’entretenir avec un avocat, il ne s’agit que d’un entretien d’au moins trente minutes et l’avocat ne reçoit pour information que l’intitulé et la date de l’infraction que son client pourrait avoir commise. Lorsque la garde à vue est prolongée, un second entretien peut avoir lieu en début de la deuxième période de vingt-quatre heures.

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1 commentaire

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denis

16/02/10 07:26
Texte militant qui convaincra les convaincus.

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