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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Les Hébreux : construction d’une tradition et d’un peuple
[jeudi 11 février 2010 - 18:00]
Religion, Spiritualités
Couverture ouvrage
Les Hébreux
Stéphane Encel
Éditeur : Armand Colin
416 pages / 27,55 € sur
Résumé : Un manuel qui est en même temps un ouvrage de réflexion sur une période difficile à appréhender.
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Avec la mort d’Alexandre en 333 s’ouvre la période hellénistique, caractérisée par des changements importants, comme la naissance d’une identité propre chez les Juifs d’Egypte, marquée notamment par l’écriture de la Septante, traduction de la Bible en grec sous l’impulsion de Ptolémée II à partir de 200 avant notre ère. A Jérusalem se met en place un conflit entre la maison des Tobiades et des Oniades pour la grande prêtrise du Temple, qui donne lieu à une grave crise en -175, lorsqu’un membre de la famille des Oniades demande l’aide du souverain de Syrie Antiochos IV pour devenir grand prêtre et, surtout, est accusé d’introduire le mode de vie grec, caractérisé par deux institutions : le "gymnase"et "l’éphébie" . A la suite de la révolte qui se produit à Jérusalem, réprimée par Antiochos qui profane dans le Temple en y introduisant une statue de Zeus, s’enclenche une révolte de plus grande ampleur, menée par la famille des Maccabées ou Hasmonéens qui fonde une nouvelle dynastie. Le règne de Simon (142 – 134), parvient à ramener la stabilité. Ce leader charismatique est à la fois prince, grand prêtre et général en chef, "cumul […] contraire aux prescriptions de la Loi, mais nécessaire à la cohésion du groupe" .

Les Hébreux face à Rome


Avec la victoire de Pydna contre la Macédoine en 168, Rome établit sa domination sur l’Orient. En Judée, les très fortes oppositions internes, à la fois politiques et religieuses, notamment entre Pharisiens, Sadducéens et Esséniens, permettent à Rome de s’établir de manière diplomatique, en jouant de ces luttes intestines. C’est en libérateur que Pompée entre donc à Jérusalem en -63, car il a fait de la Syrie une province romaine, réduisant à néant l’ennemi de la Judée ; on attend de lui qu’il rétablisse l’unité. L’instabilité ne se dissipe pas pour autant, comme l’illustre le règne d’Hérode de 37 à 4 avant notre ère, accusé d’être un "roi demi-juif" , décrit à la fois comme un roi sanguinaire et un grand bâtisseur. La fondation du principat par Octave à partir de 27 avant notre ère, et l’annexion de l’Egypte comme province impériale, a de lourdes conséquences : la séparation rigide entre citoyens romains, citoyens pérégrins et pérégrins non citoyens   formant une "nation égyptienne" , suscite un fort mécontentement : les Juifs, comptés parmi la dernière catégorie alors qu’ils étaient auparavant associés aux Hellènes, passent du statut de "conquérants, par rapport aux Egyptiens sous domination […] au rang d’Egyptiens" . Cette humiliation, jointe à la mauvaise gestion de plusieurs gouverneurs romains des provinces d’Egypte et de Syrie, prépare le terrain de la révolte de l’an 66 de notre ère, provoquée par la levée d’un impôt supplémentaire, qui donne lieu au siège et à la chute de Jérusalem face aux troupes de Titus et de Vespasien en 70. La Judée devient alors province impériale indépendante de la Syrie. S’ensuit un soulèvement important mais aux motivations encore mal connues entre 115 et 117. Après la répression de la troisième révolte, menée par Bar Kochba entre 132 et 135, en réaction notamment à la décision de l’empereur Hadrien de réaliser une nouvelle colonie à l’emplacement de Jérusalem, la ville est interdite aux Juifs et la province rebaptisée Syrie – Palestine, étape finale de l’annexion.  C’est alors que s’opère un véritable tournant, conséquence de la destruction du Temple et de l’éloignement de Jérusalem : l’étude et le commentaire de la Torah (les cinq premiers livres de la Bible) sont "institué[s] comme clé de voûte du judaïsme – se substituant définitivement au culte sacrificiel désormais impossible" .

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