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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

Dans Gustave Flaubert : Une manière spéciale de vivre, Pierre-Marc de Biasi retrouve son ami Flaubert. Fi des distances temporelles, des différences référentielles, pour le plaisir des exégètes comme des néophytes, de Biasi nous emporte dans la flamboyante ronde flaubertienne…Les plus avertis connaissent le chercheur Pierre de Biasi : agrégé, docteur, directeur de recherche à l’ITEM (Institut des Textes et Manuscrits modernes), branche du CNRS, spécialiste de génétique littéraire, mais aussi passionné d’art et plasticien lui-même. Sa pratique nourrit ses réflexions, nous constaterons avec quelle fertilité !
Le généticien compulse, lit et relie, analyse, synthétise, transmet, comme tout chercheur. La génétique textuelle explore manuscrits, lettres, notes, dessins, ratures, gribouillis. Elle explore les tréfonds de la création littéraire, pour mieux éclairer l’œuvre à jamais inachevée. Sondant les limbes de la création, cette approche n’érige aucune stèle mortuaire à l’œuvre, mais l’enrichit de ces possibles, des traces entrevues, des chemins possibles. Pierre-Marc de Biasi transmet dans de nombreux ouvrages cette réjouissante promenade vers le texte publié. Toutefois cette légèreté attentive ne se gagne qu’au prix d’une intimité étroite avec un corpus. Et le corpus des manuscrits de Gustave Flaubert, nous le savons aujourd’hui, s’avère incommensurable. De cet homme voué à l’écrit nous restent correspondances, brouillons, essais, témoignages de ses contemporains, de ses éditeurs, de ses amantes…
Ecrire, c’est vivre. Tautologie qu’il s’agit de ré-énoncer. En effet, abolissant temps et espace, le lecteur amoureux de Biasi épouse la dynamique intime de Flaubert. Parce que, abolissant temps et espace, notre lecteur amoureux, Pierre de Biasi, rejoint ainsi Flaubert dans sa dynamique intime. Il le côtoie avec attention et savoir, et nous invite à le suivre. Nous voici dans la fratrie Flaubert, les désirs enfouis des enfants face aux projets affirmés des parents. Nous voici au chevet du jeune Flaubert, terrassé par des crises aussi violentes que subites. Nous voici en selle, chevauchant, épousant la jouissance du cavalier fondu dans la vitesse, dans l’espace, dans la puissance. Nous entendons les contradictions de l’artiste en germe, son opposition taiseuse à son milieu familial, sa propre acception à l’appel de la création, nous assistons le jour venu à son adoubement, à la reconnaissance des pairs, à l’effroi de la bonne société..
Promenade à multiples voix/es où de Biasi tisse avec Flaubert les aléas de la création. L’écrivain pense, veut faire œuvre, cherche, théorise, tente, "gueule". Œuvre n’est pas un mot de circonstance. S’il vise la postérité, ce n’est que pour Elle, s’il triture la prose, c’est pour La hisser à la perfection poétique. Il lui faut la langue, l’énergie, il lui faut se dégager du moi, de ce moi encombrant, de ses élans débordants. Ces combats intimes, de Biasi nous les explique, ne désavoue pas son objet, crochète une dentelle fine et nette de cette présence grâce la maîtrise du généticien sur son corpus.
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