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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL
Universalisme versus multiculturalisme
[vendredi 05 février 2010 - 14:00]
Intégration, discrimination
Couverture ouvrage
La dernière utopie. Menaces sur l'universalisme
Caroline Fourest
Éditeur : Grasset
288 pages
Résumé : Un utile et clair inventaire des diverses remises en cause de l'universalisme républicain qui gagnerait néanmoins à se montrer plus critique envers nos propres présupposés.
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Si C. Fourest avoue comprendre aussi bien la position d’Alain Gérard Slama, lorsqu’il exprime sa crainte « de voir le retour de particularismes régionaux menacer l’idéal commun », que celle de Mona Ozouf, « lorsqu’elle s’agace de voir le credo de l’unité servir à maintenir une vision uniformisante et conservatrice »  , elle me semble accorder plus d’importance à la crainte de Slama qu’à l’agacement d’Ozouf. J’ai tendance à prendre le parti inverse. Mais, à l’évidence, il s’agit entre nous d’une querelle de famille. .

 

 

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20 commentaires

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Policar

10/02/10 20:35
Tentative de réponse à Hoel
Je suis assez perplexe. J'ai vraiment l'impression que vous dialoguez avec quelqu'un d'autre que moi. Une preuve : vous écrivez "A la fin de votre article, vous parlez de voile et de religion, puis au paragraphe suivant, de langues, pardon, de "régionalisme"". Mais ce n'est pas moi qui parle de "particularismes régionaux" (et non de langues et de religion), mais Slama. quant à la querelle de famille, elle est entre C. Fourest et moi et non entre je ne sais quels "linguicistes" (???).
Enfin,je ne comprends guère votre allusion à la langue parlée à Limoges (avec un s).
Vous êtes libre de penser que je ne me "mouille" pas. J'exprime pourtant une position universaliste critique et je reproche, avec une incontestable empathie, à C. Fourest de n'avoir pas suffisamment insisté sur la dimension critique.
Enfin, je ne comprends pas votre emportement contre les intellectuels français "incapables d'appeler un chat un chat". De quelle incapacité parlez-vous ? Et que faudrait-il pour qu'ils trouvent grâce à vos yeux ? Adhérer au multiculturalisme normatif, comme semble le penser Jacques Bolo ?
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JacquesBolo

10/02/10 14:38
Caroline Fourest poursuit son travail intellectuel personnel qui me semble biaisé par des préjugés et des contradictions. Au fond, elle incarne assez bien la confusion et l’hypocrisie intellectuelle française sur le sujet, qu’on pourrait dire idéologique au pur sens marxiste: s’abriter derrière les grands principes pour justifier une réalité injustifiable. Elle caractérise comme communautaristes les idées des autres, en opposant concrètement les Noirs et les Arabes aux juifs, alors que l’antisémitisme est précisément le symbole du refus (antidreyfusard et pétainiste) de l’assimilation qui s’applique aujourd’hui aux premiers. Son refus jacobin classique du droit à la différence pourrait d’ailleurs ironiquement être considéré comme anti-américain, en ce qu’elle ne comprend pas l’essence de la devise « e pluribus unum » (l’unité dans la diversité). Au final, elle-même avait reconnu les limites islomophobes de ses propres thèses dans une des ses chroniques du monde du 3 octobre 2009 (voir ma critique dans: http://www.exergue.com/h/2009-10/tt/fourest-01.html).
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Hoel

10/02/10 00:01
Il n'ets pas toujours facile de comprendre votre compte-rendu du livre du fait de l'utilisation de termes abstraits dont on ne sait pas toujours exactement ce à quoi ils renvoient exactement. A commencer par le terme "universalité" qui est un terme beaucoup utilisé en france mais rarement défini.

Vous dites : "Il n'existe, en effet, aucune (bonne) raison de penser que l'identité nationale française aurait cet extraordinaire privilège de coïncider avec l'universel, ce qui nous affranchirait de l'effort d'ouverture à l'altérité de l'autre."

Il n'existe, en effet, aucune (bonne) raison de le penser, mais c'est pourtant ce que semble vaguement penser un certain nombre de journalistes/intellectuels français et je ne suis pas certain que Fourest n'en fasse pas parti, au moins à un certain degré. Mais je ne perdrais pas mon temps à essayer de le prouver.

Quand on parle de multiculturalisme, on parle de tout et n'importe quoi : de religions, d'excision, de langues, peut-être de danses et de cuisines, de sexualité !
C'est un fourre-tout. Comme si on pouvait mettre tous ces sujets sur un même plan. A la fin de votre article, vous parlez de voile et de religion, puis au paragraphe suivant, de langues, pardon, de "régionalisme".
Vous ne définissez pas ce que vous entendez par là. Ca permet de rester vague et de ne pas se mouiller. Oui, vous ne vous mouiller pas.
L'abstraction à ceci de merveilleuse qu'elle permet de ne pas se mouiller, et de ne pas voir la réalité (c'était le cas des intellectuels communistes qui ne voyaient que la beauté de leurs abstraction et ne voyait pas la réalité «réelle».)
Vous parlez de querelle de famille avec Slama et Fourest, mais de quelle famille s'agit-il ? La famille des linguicistes ?
Car quand vous parlez de «régionalismes» (terme au demeurant méprisant, élevant de fait les «parisiens» Slama et Fourest au rang d'universalistes non souillés par un quelconque particularisme régional - ce n'est pas «l'identité nationale française» qui coincide avec l'universel, c'est le journaliste parisien, en l'occurence.) quand vous parlez de «régionalismes», donc, vous parlez en fait de langues (ou de dialectes, ou peut-être de patois ?), de langues, donc, déclarer ennemis par la révolution française et combattues par l'Etat depuis pratiquement ces deux siècles. De langues classées en danger par l'Unesco. De langues qui ont été exclues de l'école et des administrations.
Au nom de quoi ? Au nom de la langue universelle qu'est le français ???
Parler le breton ou le basque est-il contraire aux droits de l'homme ? Exclure le breton et le basque de l'école et de l'administration sont-ils des «actions» conforme aux droits de l'homme ?
Fourest défend les droits du francophone, pas les droits de l'homme. C'est la famille jacobine qui parle de république mais jamais de démocratie. Et qui entend tout régenter depuis paris-la-capitale. Dire quelle langue on peut parler à telle endroit et quelle langue on ne peut pas parler. C'est du nationaliste qui se dissimule derrière l'idée d'égalité.
On parle quelle langue à Limoge ?

Pourquoi les intellectuels français, même timidement favorables au multiculturalisme, sont-ils incapables d'appeler un chat un chat, une belette une belette, et une langue minoritaire une langue minoritaire ? Parce que l'Etat a décidé qu'il n'y avait pas de minorités en france, et donc pas de langue minoritaires ? Les intellectuels français sont-ils les serviteurs de l'Etat français ou les serviteurs de la vérité.

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Policar

08/02/10 09:43
Ce que stigmatise C. Fourest, c'est précisément un universalisme qui, à force de s'ouvrir à la diversité (ou, plus précisément, aux identitarismes), se trouverait profondément dénaturé et, vous avez raison, à la limite ne se distinguerait guère d'un relativisme culturel généralisé.
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ange scalpel

06/02/10 15:56
\"L’universalisme, écrit-elle, « risque de succomber à force de tolérer les idées les plus intolérantes au nom du droit à la différence »

j \'avoue ne pas bien comprendre de quelle sorte d \'universalisme il s\' agit . Je croyais que l \' universalisme était la thèse selon laquelle il y a des universaux ( dans le domaine en question: humains, politiques) qui s\'\'exemplifient ( ou devraient le faire) dans tous les particuliers. Ici cela semble désigner une forme de relativisme , acceptation de toutes les différences comme telles.
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