Universalisme versus multiculturalisme
[vendredi 05 février 2010 - 14:00]
Intégration, discrimination
La dernière utopie. Menaces sur l'universalisme
Caroline Fourest
Éditeur : Grasset
288 pages
Si C. Fourest avoue comprendre aussi bien la position d’Alain Gérard Slama, lorsqu’il exprime sa crainte « de voir le retour de particularismes régionaux menacer l’idéal commun », que celle de Mona Ozouf, « lorsqu’elle s’agace de voir le credo de l’unité servir à maintenir une vision uniformisante et conservatrice »
, elle me semble accorder plus d’importance à la crainte de Slama qu’à l’agacement d’Ozouf. J’ai tendance à prendre le parti inverse. Mais, à l’évidence, il s’agit entre nous d’une querelle de famille.
20 commentaires
Policar
Je suis assez perplexe. J'ai vraiment l'impression que vous dialoguez avec quelqu'un d'autre que moi. Une preuve : vous écrivez "A la fin de votre article, vous parlez de voile et de religion, puis au paragraphe suivant, de langues, pardon, de "régionalisme"". Mais ce n'est pas moi qui parle de "particularismes régionaux" (et non de langues et de religion), mais Slama. quant à la querelle de famille, elle est entre C. Fourest et moi et non entre je ne sais quels "linguicistes" (???).
Enfin,je ne comprends guère votre allusion à la langue parlée à Limoges (avec un s).
Vous êtes libre de penser que je ne me "mouille" pas. J'exprime pourtant une position universaliste critique et je reproche, avec une incontestable empathie, à C. Fourest de n'avoir pas suffisamment insisté sur la dimension critique.
Enfin, je ne comprends pas votre emportement contre les intellectuels français "incapables d'appeler un chat un chat". De quelle incapacité parlez-vous ? Et que faudrait-il pour qu'ils trouvent grâce à vos yeux ? Adhérer au multiculturalisme normatif, comme semble le penser Jacques Bolo ?
JacquesBolo
Hoel
Vous dites : "Il n'existe, en effet, aucune (bonne) raison de penser que l'identité nationale française aurait cet extraordinaire privilège de coïncider avec l'universel, ce qui nous affranchirait de l'effort d'ouverture à l'altérité de l'autre."
Il n'existe, en effet, aucune (bonne) raison de le penser, mais c'est pourtant ce que semble vaguement penser un certain nombre de journalistes/intellectuels français et je ne suis pas certain que Fourest n'en fasse pas parti, au moins à un certain degré. Mais je ne perdrais pas mon temps à essayer de le prouver.
Quand on parle de multiculturalisme, on parle de tout et n'importe quoi : de religions, d'excision, de langues, peut-être de danses et de cuisines, de sexualité !
C'est un fourre-tout. Comme si on pouvait mettre tous ces sujets sur un même plan. A la fin de votre article, vous parlez de voile et de religion, puis au paragraphe suivant, de langues, pardon, de "régionalisme".
Vous ne définissez pas ce que vous entendez par là. Ca permet de rester vague et de ne pas se mouiller. Oui, vous ne vous mouiller pas.
L'abstraction à ceci de merveilleuse qu'elle permet de ne pas se mouiller, et de ne pas voir la réalité (c'était le cas des intellectuels communistes qui ne voyaient que la beauté de leurs abstraction et ne voyait pas la réalité «réelle».)
Vous parlez de querelle de famille avec Slama et Fourest, mais de quelle famille s'agit-il ? La famille des linguicistes ?
Car quand vous parlez de «régionalismes» (terme au demeurant méprisant, élevant de fait les «parisiens» Slama et Fourest au rang d'universalistes non souillés par un quelconque particularisme régional - ce n'est pas «l'identité nationale française» qui coincide avec l'universel, c'est le journaliste parisien, en l'occurence.) quand vous parlez de «régionalismes», donc, vous parlez en fait de langues (ou de dialectes, ou peut-être de patois ?), de langues, donc, déclarer ennemis par la révolution française et combattues par l'Etat depuis pratiquement ces deux siècles. De langues classées en danger par l'Unesco. De langues qui ont été exclues de l'école et des administrations.
Au nom de quoi ? Au nom de la langue universelle qu'est le français ???
Parler le breton ou le basque est-il contraire aux droits de l'homme ? Exclure le breton et le basque de l'école et de l'administration sont-ils des «actions» conforme aux droits de l'homme ?
Fourest défend les droits du francophone, pas les droits de l'homme. C'est la famille jacobine qui parle de république mais jamais de démocratie. Et qui entend tout régenter depuis paris-la-capitale. Dire quelle langue on peut parler à telle endroit et quelle langue on ne peut pas parler. C'est du nationaliste qui se dissimule derrière l'idée d'égalité.
On parle quelle langue à Limoge ?
Pourquoi les intellectuels français, même timidement favorables au multiculturalisme, sont-ils incapables d'appeler un chat un chat, une belette une belette, et une langue minoritaire une langue minoritaire ? Parce que l'Etat a décidé qu'il n'y avait pas de minorités en france, et donc pas de langue minoritaires ? Les intellectuels français sont-ils les serviteurs de l'Etat français ou les serviteurs de la vérité.
Policar
ange scalpel
j \'avoue ne pas bien comprendre de quelle sorte d \'universalisme il s\' agit . Je croyais que l \' universalisme était la thèse selon laquelle il y a des universaux ( dans le domaine en question: humains, politiques) qui s\'\'exemplifient ( ou devraient le faire) dans tous les particuliers. Ici cela semble désigner une forme de relativisme , acceptation de toutes les différences comme telles.