Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Jane B., biographie
[vendredi 05 février 2010 - 12:00]
Musiques
Couverture ouvrage
Citizen Jane
Pierre Mikaïloff
Éditeur : Alphee
Résumé : Portrait plaisant de la plus british des chanteuses/actrices françaises.
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« Toute recherche biographique se heurte à cet écueil : le matériau de base est la mémoire humaine. Autrement dit, un magma instable et fragile, en perpétuelle recomposition. Pour ma part, j’avoue qu’il me plaît que l’être posé sur mon petit microscope garde, dans une certaine mesure, sa part de mystère. Quels que soient les efforts déployés pour débusquer les plus infimes éclats de vérité, on ne recueille jamais que ce qu’un individu a bien voulu semer derrière lui. »
 
Glissé page 74, cet aparté un rien désabusé révèle en filigrane les intentions de Mikailoff : conscient de l’impossibilité inscrite au cœur de toute entreprise biographique, il cherche moins à consigner le récit d’une vie qu’à brosser le portrait d’une femme, portrait dans le dessin duquel entrent probablement autant de (men)songes que de faits réels. La vérité, au fond, n’a pas d’importance : existe-t-elle seulement ? Et le plus fidèle des biographes n’est-il pas celui dont l’imagination s’exprime le plus ouvertement ? Laissons les dates aux officiers de l’état civil et concentrons-nous sur les sentiments ! A cet égard, Mikailoff ne prend sans doute pas suffisamment de libertés, lui qui respecte ici cette pesante convention qu’est l’ordre chronologique. 
 
Tel quel, avec ses défauts (dont un piètre portfolio) et ses lacunes, Citizen Jane constitue pourtant un document estimable,  affectueusement dédié à celle, fille d’une comédienne de théâtre et d’un officier de carrière, qui fut l’une des icônes du Swingin’ London et qui, en tant qu’actrice, alla de A comme Antonioni (Blow Up) à Z comme Zidi (La moutarde me monte au nez, La course à l’échalote).
 
De « l’hurluberlue britonne » (la formule est de Gainsbourg himself), qui vient d’avoir 63 ans, Pierre Mikailoff donne une vision à la fois synthétique et sympathique – ses rares critiques se faisant toutes sur le mode allusif…
Une fois le livre refermé, ça ne fait aucun doute : il l’aime, lui non plus .
 
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