Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !
A la fois fantasque et secrète, grave et extravertie, Jane Birkin offre un profil difficilement saisissable et représente, pour ses biographes, un authentique défi – un défi qui exige beaucoup d’agilité pour être relevé. Cela tombe bien : d’agilité, la plume de Pierre Mikailoff – déjà auteur de plusieurs ouvrages biographiques – ne manque pas, conférant l’aspect d’une exquise friandise (une lollipop pour l’ex-lolita pop ?) à ce Citizen Jane, qui paraît (trop ?) opportunément au moment où sort en salles le Gainsbourg de Joann Sfar. Nimbé d’un inextinguible halo de magie, le couple que Jane B. forma avec Serge G. fait l’objet d’une attention privilégiée de la part de Mikailoff et occupe une place centrale dans son livre.
De la rencontre, suscitée par le tournage durant l’été 1968 du film Slogan, à la séparation, officialisée en octobre 1980, en passant par la naissance de Charlotte en 1971, l’histoire du couple culte des seventies est relatée avec force détails et anecdotes. Pierre Mikailoff s’attarde aussi longuement sur l’union artistique, qui survivra à la mort du couple, entre Gainsbourg et sa muse, à commencer, bien sûr, par Je t’aime moi non plus (la chanson, enregistrée en 1969, et le film, tourné en 1975). De toute évidence, Mikailoff porte à cette période de la vie de Jane Birkin un intérêt proche de la fascination, au point d’en négliger un peu le reste, en particulier les autres relations amoureuses, résumées en quelques paragraphes (John Barry, Jacques Doillon) ou quelques lignes (Olivier Rolin). Cette partialité ne pose pas vraiment problème dans la mesure où le lecteur perçoit assez vite que l’exhaustivité n’est pas le souci premier de l’auteur, et que ce qui fait la limite de Citizen Jane – une certaine forme de désinvolture – en fait aussi le charme.
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