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L'existence même de la réunion du 28 juillet sur les Roms était indigne d'un gouvernement qui se réclame de la République, les annonces faites par Brice Hortefeux sont dans la continuité. 
Pouria Amirshahi, secrétaire national du PS aux droits de l'homme

"Je veux secouer les gens, et je veux faire comprendre que l'homme n'est pas, de droit divin, un être démocratique. Que la démocratie a été une création, une conquête de l'histoire, qu'elle est constamment en danger et que d'ailleurs elle est en train de ficher le camp" . C'est avec un grand optimisme qu'il faut accueillir Démocratie et relativisme. Optimisme, car il est rare de trouver des livres qui ne cherchent pas à dire sur la démocratie ce que l'on croit déjà, qui ne se limitent pas aux quelques idées en vogue dans les mondes journalistiques et politiques.
La pensée de Cornélius Castoriadis témoigne de cette indépendance d'esprit, de cette volonté de penser le monde autrement que par les sens communs, qu'ils soit libéraux, marxistes, ou même démocrates. Invité par le MAUSS en 1994 pour une séance de débat, le philosophe et psychanalyste y précise certaines de ses idées, retranscrites dans cet ouvrage de 130 pages, si l'on inclut l'introduction. Cette dernière est écrite par Jean-Louis Prat et propose une mise en perspective des propos qui vont être tenus. On pourrait résumer brièvement la démarche intellectuelle en trois points :
- Premièrement, refuser le capitalisme en tant que système naturel ;
- Deuxièmement, fonder une pensée marxiste non-dogmatique ;
- Troisièmement, définir ce que serait, dans ce cadre conceptuel, une démocratie.
"Secouer les gens" n'est donc pas un terme exagéré : "libérer l'avenir", dirait Ivan Illich, montrer que les idéaux socialistes ne se sont pas effondrés avec le mur de Berlin, mais qu'ils doivent être constamment mis à l'épreuve de l'évolution des sociétés, et enrichis par une réflexion rigoureuse. C'est un euphémisme de préciser que la tâche est complexe, tant elle implique de passer au crible une multitude de données contemporaines : la consommation, le vote, les classes sociales, etc.
Ainsi, sont regroupés dans Démocratie et relativisme un ensemble de réflexions qui intéresserons un public varié. Le lecteur initié y découvrira une reformulation des idées de Castoriadis, parfois une re-présentation synthétique de ces idées par lui-même, ainsi que des réactions face à certaines critiques minutieuses des membres du MAUSS. Quant au lecteur non-initié, il trouvera une bonne occasion de s'introduire à l'œuvre d'un penseur qui a marqué le vingtième siècle.
Relativisme du relativisme
Parmi les quelques points qui seront relatés ici, la question du relativisme paraît essentielle parce qu'elle amorce une partie importante du débat, même si elle n'en constituera pas, il nous semble, sa perspective la plus éclairante. Peut-on affirmer que tous les systèmes politiques et culturels sont "égaux", et en même temps reconnaitre le rôle particulier de la pensée hellénique-occidentale, de par l'émergence en son sein de l'auto-critique politique ? Admettre que le relativisme est une valeur historiquement fondamentale ne revient-il pas à pratiquer une variante de l'ethnocentrisme occidental ?
4 commentaires
jean-louis
Cylael
De plus, même si on est libertaire, on peut tout de même se laisser penser que les marxistes ne sont pas tous dogmatiques. Peut-être que leur ouverture d'esprit est contradictoire avec leurs convictions marxistes. Encore faudrait-il leur prouver. Il semble même que Bakounine lui-même (le révolutionnaire russe j'entends!) ne devait pas trouver le marxisme si dogmatique que ca, vu l'intérêt qu'il a porté à l'oeuvre de Marx.
jean-louis
bakounine