Newsletter

Pour s'abonner gratuitement à la newsletter hebdomadaire, indiquez votre adresse email :
ok

Rédacteur

critique à nonfiction.fr

La phrase

L'existence même de la réunion du 28 juillet sur les Roms était indigne d'un gouvernement qui se réclame de la République, les annonces faites par Brice Hortefeux sont dans la continuité.

Pouria Amirshahi, secrétaire national du PS aux droits de l'homme

Les idées sur le Web

Les Gracques
Un club de réflexion de centre gauche issu de la société
Repenser la démocratie
[mercredi 03 février 2010 - 05:00]
Social
Couverture ouvrage
Démocratie et relativisme. Entretiens avec le MAUSS
Cornélius Castoriadis
Éditeur : Mille et une nuits
160 pages / 11,40 € sur
Résumé : Occasion de se plonger ou se re-plonger dans la pensée de Castoriadis, cet ouvrage pose les jalons d'une réflexion critique et actuelle sur la démocratie.
Page  1  2  3 

"Je veux secouer les gens, et je veux faire comprendre que l'homme n'est pas, de droit divin, un être démocratique. Que la démocratie a été une création, une conquête de l'histoire, qu'elle est constamment en danger et que d'ailleurs elle est en train de ficher le camp"  . C'est avec un grand optimisme qu'il faut accueillir Démocratie et relativisme. Optimisme, car il est rare de trouver des livres qui ne cherchent pas à dire sur la démocratie ce que l'on croit déjà, qui ne se limitent pas aux quelques idées en vogue dans les mondes journalistiques et politiques.

La pensée de Cornélius Castoriadis témoigne de cette indépendance d'esprit, de cette volonté de penser le monde autrement que par les sens communs, qu'ils soit libéraux, marxistes, ou même démocrates. Invité par le MAUSS   en 1994 pour une séance de débat, le philosophe et psychanalyste y précise certaines de ses idées, retranscrites dans cet ouvrage de 130 pages, si l'on inclut l'introduction. Cette dernière est écrite par Jean-Louis Prat et propose une mise en perspective des propos qui vont être tenus. On pourrait résumer brièvement la démarche intellectuelle en trois points :
 
- Premièrement, refuser le capitalisme en tant que système naturel ;
- Deuxièmement, fonder une pensée marxiste non-dogmatique ;
- Troisièmement, définir ce que serait, dans ce cadre conceptuel, une démocratie.

"Secouer les gens" n'est donc pas un terme exagéré : "libérer l'avenir", dirait Ivan Illich, montrer que les idéaux socialistes ne se sont pas effondrés avec le mur de Berlin, mais qu'ils doivent être constamment mis à l'épreuve de l'évolution des sociétés, et enrichis par une réflexion rigoureuse. C'est un euphémisme de préciser que la tâche est complexe, tant elle implique de passer au crible une multitude de données contemporaines : la consommation, le vote, les classes sociales, etc.

Ainsi, sont regroupés dans Démocratie et relativisme un ensemble de réflexions qui intéresserons un public varié. Le lecteur initié y découvrira une reformulation des idées de Castoriadis, parfois une re-présentation synthétique de ces idées par lui-même, ainsi que des réactions face à certaines critiques minutieuses des membres du MAUSS. Quant au lecteur non-initié, il trouvera une bonne occasion de s'introduire à l'œuvre d'un penseur qui a marqué le vingtième siècle.



Relativisme du relativisme

Parmi les quelques points qui seront relatés ici, la question du relativisme paraît essentielle parce qu'elle amorce une partie importante du débat, même si elle n'en constituera pas, il nous semble, sa perspective la plus éclairante. Peut-on affirmer que tous les systèmes politiques et culturels sont "égaux", et en même temps reconnaitre le rôle particulier de la pensée hellénique-occidentale, de par l'émergence en son sein de l'auto-critique politique ? Admettre que le relativisme est une valeur historiquement fondamentale ne revient-il pas à pratiquer une variante de l'ethnocentrisme occidental ?

Titre du livre : Démocratie et relativisme. Entretiens avec le MAUSS
Auteur : Cornélius Castoriadis
Éditeur : Mille et une nuits
Collection : Essais
Date de publication : 03/02/10
N° ISBN : 2755501448
Page  1  2  3 
Commenter Envoyer à un ami imprimer Charte déontologique / Disclaimer digg delicious Creative Commons Licence Logo

4 commentaires

Avatar

jean-louis

09/02/10 10:46
Juste un mot pour cylael : j'accorde bien volontiers qu'il y a eu et qu'il peut y avoir des marxistes non dogmatiques - à commencer par Marx qui disait "je ne suis pas marxiste" - mais je voulais seulement rappeler que Castoriadis n'a pas voulu "dépoussièrer" le marxisme, et qu'il a rompu avec lui, même s'il n'est pas indifférent qu'il soit passé par là.
Avatar

Cylael

08/02/10 11:43
Tout à fait d'accord avec Jean-Louis!
De plus, même si on est libertaire, on peut tout de même se laisser penser que les marxistes ne sont pas tous dogmatiques. Peut-être que leur ouverture d'esprit est contradictoire avec leurs convictions marxistes. Encore faudrait-il leur prouver. Il semble même que Bakounine lui-même (le révolutionnaire russe j'entends!) ne devait pas trouver le marxisme si dogmatique que ca, vu l'intérêt qu'il a porté à l'oeuvre de Marx.
Avatar

jean-louis

05/02/10 17:48
Tout en vous sachant gré de l'intérêt que vous apportez à la pensée de Castoriadis et aux thèses des Maussiens, je suis un peu surpris que vous puissiez attribuer à Castoriadis une idée dont il a fait une critique impitoyable dans les premières pages de l'Institution imaginaire de la société, celle d'un marxisme revu et corrigé, "dépoussiéré" suivant la formule ironique de Jean-Claude Michéa, et qui serait donc devenu non-dogmatique : il ne s'agit pas là de votre liberté d'opinion, mais de l'exactitude d'une information sans laquelle il ne resterait plus rien à discuter...
Avatar

bakounine

04/02/10 18:29
Pensée "non dogmatique", c'est tout à fait juste, mais comment pouvez-vous dire "marxisme non dogmatique" ?

Déposez un commentaire

Pour déposer un commentaire : Cliquez ici

RECHERCHER

ok
> Recherche avancée