Social
Démocratie et relativisme. Entretiens avec le MAUSS
Cornélius Castoriadis
Éditeur : Mille et une nuits
Et si les citoyens ne voulaient pas de la démocratie ?
La volonté des citoyens pose une question cruciale. Doit-on, en tant qu'intellectuel, admettre l'impact de divers facteurs tels que l'influence des médias sur le peuple, au risque de prendre une posture de supériorité élitiste ? Doit-on s'en remettre à sa volonté immédiate de consommation, au risque d'induire une position de passivité ? Au risque, aussi, de laisser notre démocratie à l'état potentiel de dictature maquillée.
Il semble que ce point essentiel aurait du être abordé dans ce livre, faute de quoi celui-ci finit sur une note très fataliste. A ce sujet, le point de vue de Noam Chomsky, qui envisage le chercheur comme un tenant de cours d' "auto-défense intellectuelle", est plus aboutie. Selon lui, les intellectuels ne sont pas supérieurs en soi mais ils ont plus le temps pour porter attention aux phénomènes sociaux et leurs traitements médiatiques : "Le plus simple, vous le savez, quand vous rentrez du travail, vous êtes fatigué, vous avez été occupé toute la journée, vous n'allez pas passer la soirée à effectuer un projet de recherche. Alors vous allumez la télévision, vous dites que c'est probablement vrai, ou vous regardez les titres de la presse écrite, et après vous regardez du sport ou quelque chose d'autre. C'est fondamentalement comme cela que le système d'endoctrinement fonctionne. C'est sûr que les autres informations sont là, mais vous allez devoir travailler pour les trouver"
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Pour conclure, si nous avons relevé les éléments qui peut-être manquent à l'ouvrage, nous incitons fortement à sa lecture ; celle-ci est l'occasion de se plonger ou se re-plonger dans la pensée de Castoriadis, et d'ailleurs aussi d'avoir un aperçu des idées développées au sein du M.A.U.S.S. On y apprécie la volonté de repenser la démocratie sans pour autant céder aux dogmatismes de tous horizons. On y espère, aussi, que l'ensemble de ces idées en fermentation pourront un jour contribuer au renouveau politique de la gauche
4 commentaires
jean-louis
Cylael
De plus, même si on est libertaire, on peut tout de même se laisser penser que les marxistes ne sont pas tous dogmatiques. Peut-être que leur ouverture d'esprit est contradictoire avec leurs convictions marxistes. Encore faudrait-il leur prouver. Il semble même que Bakounine lui-même (le révolutionnaire russe j'entends!) ne devait pas trouver le marxisme si dogmatique que ca, vu l'intérêt qu'il a porté à l'oeuvre de Marx.
jean-louis
bakounine