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critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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CNL
Repenser la démocratie
[mercredi 03 février 2010 - 05:00]
Social
Couverture ouvrage
Démocratie et relativisme. Entretiens avec le MAUSS
Cornélius Castoriadis
Éditeur : Mille et une nuits
160 pages / 11,40 € sur
Résumé : Occasion de se plonger ou se re-plonger dans la pensée de Castoriadis, cet ouvrage pose les jalons d'une réflexion critique et actuelle sur la démocratie.
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Et si les citoyens ne voulaient pas de la démocratie ?


La volonté des citoyens pose une question cruciale. Doit-on, en tant qu'intellectuel, admettre l'impact de divers facteurs tels que l'influence des médias sur le peuple, au risque de prendre une posture de supériorité élitiste ? Doit-on s'en remettre à sa volonté immédiate de consommation, au risque d'induire une position de passivité ? Au risque, aussi, de laisser notre démocratie à l'état potentiel de dictature maquillée.

Il semble que ce point essentiel aurait du être abordé dans ce livre, faute de quoi celui-ci finit sur une note très fataliste. A ce sujet, le point de vue de Noam Chomsky, qui envisage le chercheur comme un tenant de cours d' "auto-défense intellectuelle", est plus aboutie. Selon lui, les intellectuels ne sont pas supérieurs en soi mais ils ont plus le temps pour porter attention aux phénomènes sociaux et leurs traitements médiatiques : "Le plus simple, vous le savez, quand vous rentrez du travail, vous êtes fatigué, vous avez été occupé toute la journée, vous n'allez pas passer la soirée à effectuer un projet de recherche. Alors vous allumez la télévision, vous dites que c'est probablement vrai, ou vous regardez les titres de la presse écrite, et après vous regardez du sport ou quelque chose d'autre. C'est fondamentalement comme cela que le système d'endoctrinement fonctionne. C'est sûr que les autres informations sont là, mais vous allez devoir travailler pour les trouver"  .

Pour conclure, si nous avons relevé les éléments qui peut-être manquent à l'ouvrage, nous incitons fortement à sa lecture ; celle-ci est l'occasion de se plonger ou se re-plonger dans la pensée de Castoriadis, et d'ailleurs aussi d'avoir un aperçu des idées développées au sein du M.A.U.S.S. On y apprécie la volonté de repenser la démocratie sans pour autant céder aux dogmatismes de tous horizons. On y espère, aussi, que l'ensemble de ces idées en fermentation pourront un jour contribuer au renouveau politique de la gauche.

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4 commentaires

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jean-louis

09/02/10 10:46
Juste un mot pour cylael : j'accorde bien volontiers qu'il y a eu et qu'il peut y avoir des marxistes non dogmatiques - à commencer par Marx qui disait "je ne suis pas marxiste" - mais je voulais seulement rappeler que Castoriadis n'a pas voulu "dépoussièrer" le marxisme, et qu'il a rompu avec lui, même s'il n'est pas indifférent qu'il soit passé par là.
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Cylael

08/02/10 11:43
Tout à fait d'accord avec Jean-Louis!
De plus, même si on est libertaire, on peut tout de même se laisser penser que les marxistes ne sont pas tous dogmatiques. Peut-être que leur ouverture d'esprit est contradictoire avec leurs convictions marxistes. Encore faudrait-il leur prouver. Il semble même que Bakounine lui-même (le révolutionnaire russe j'entends!) ne devait pas trouver le marxisme si dogmatique que ca, vu l'intérêt qu'il a porté à l'oeuvre de Marx.
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jean-louis

05/02/10 17:48
Tout en vous sachant gré de l'intérêt que vous apportez à la pensée de Castoriadis et aux thèses des Maussiens, je suis un peu surpris que vous puissiez attribuer à Castoriadis une idée dont il a fait une critique impitoyable dans les premières pages de l'Institution imaginaire de la société, celle d'un marxisme revu et corrigé, "dépoussiéré" suivant la formule ironique de Jean-Claude Michéa, et qui serait donc devenu non-dogmatique : il ne s'agit pas là de votre liberté d'opinion, mais de l'exactitude d'une information sans laquelle il ne resterait plus rien à discuter...
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bakounine

04/02/10 18:29
Pensée "non dogmatique", c'est tout à fait juste, mais comment pouvez-vous dire "marxisme non dogmatique" ?

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