La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Théodose ou l'Antiquité tardive
[mercredi 03 février 2010 - 16:00]
Histoire
Couverture ouvrage
Théodose le Grand. Le pouvoir et la foi
Éditeur : Fayard
381 pages / 23,75 € sur
Résumé : L’ouvrage de référence sur Théodose Ier ainsi que sur l’Empire romain au sortir du désastre d’Andrinople (378).
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Avec son Théodose le Grand, Pierre Maraval comble une lacune ancienne de l’historiographie française puisque la dernière biographie sur cet empereur remontait… à 1679 par Esprit Fléchier "à l’intention de Monseigneur le Dauphin". Les recherches de Maraval, grand spécialiste de l’Antiquité tardive, portent plus particulièrement sur le christianisme ancien  , et cette donnée n’est d’ailleurs pas sans importance au vu de la place de Théodose dans l’histoire du christianisme. Ainsi, c’est par exemple le concile de Chalcédoine (451) qui attache à son nom le qualificatif de "Grand" plus d’un demi-siècle après sa mort. Théodose fait donc partie des grands empereurs chrétiens, sans pour autant être aussi célèbre qu’un Constantin ou un Justinien. Pierre Maraval nous explique que l’état des sources n’est pas sans rapport avec ce fait, puisque celles-ci sont la plupart du temps très subjectives à son encontre, partagées entre écrits encomiastiques des auteurs chrétiens, et portraits à charge des auteurs païens – même s’il faut se garder de toute généralisation concernant l’une ou l’autre catégorie. Et pourtant, l’œuvre de cet empereur – y compris hors du domaine strictement religieux – méritait une autre postérité dans la culture de l’honnête homme que le seul Code Théodosien… qui ne fut en réalité compilé que sous son petit-fils Théodose II. C’est à présent chose faite avec ce magistral Théodose.

"L’historien signe ici une étude s’adressant à la fois au grand public par son caractère didactique et par son sujet ainsi qu’aux spécialistes, qui apprécieront sa rigueur et son exhaustivité. L’ouvrage suit un plan essentiellement chronologique à travers seize chapitres menant de la bataille d’Andrinople (9 août 378) à la mort de Théodose (dans la nuit du 16 au 17 janvier 395), pour conclure sur un bilan de son règne – bilan qui n’est pas du reste sans susciter de houleux débats entre spécialistes. D’aucuns pourront regretter l’absence de cartes, qui est sans doute plus le fait de contraintes éditoriales que de la volonté de l’auteur. Le sous-titre du livre "Le pouvoir et la foi" est également un choix de l’éditeur, choix qui offre l’avantage d’insister sur les deux pans principaux de l’œuvre de Théodose : la façon dont il a tenté de préserver la puissance de l’Empire romain tout en renforçant son propre pouvoir,  et sa politique religieuse dans les conflits entre chrétiens ou entre chrétiens et païens.

C’est pour cette raison que ce Théodose, bien plus qu’une simple biographie, est en réalité un portrait de l’Empire romain durant une période charnière à la fois politiquement (rapports avec les Barbares, évolutions du limes, refoulement des usurpateurs, etc.) et religieusement (exacerbation des violences entre chrétiens et païens, développement d’une législation qui favorise le christianisme avec la proscription du culte païen en 391). Ces deux domaines s’interpénètrent d’ailleurs et l’un des meilleurs exemples en reste sans aucun doute l’oraison funèbre d’Ambroise (De obitu Theodosii). Celui-ci attribue ainsi à Théodose toutes les qualités dites classiques du bon empereur, mais elles sont pour l’occasion christianisées, à l’image de sa pietas transformée en fides au Christ. Surtout, Ambroise introduit la vertu d’humilité, qui renvoie étymologiquement l’empereur à l’humus : on est alors bien loin de la conception traditionnelle d’empereurs divinisés à leur mort. Cependant, et ce n’est pas le moindre de ses paradoxes, Théodose reçoit tout de même l’apothéose habituelle, même s’il faut noter que cette tradition meurt avec lui.

Zohra PICARD-MAWJI
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Titre du livre : Théodose le Grand. Le pouvoir et la foi
Auteur : Pierre Maraval
Éditeur : Fayard
Date de publication : 23/09/09
N° ISBN : 221364263X
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4 commentaires

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Zohra-Françoise Mawji

24/02/10 10:59
@Fred, je vous encourage à lire le livre qui aborde toutes ces questions et remet en cause certaines idées reçues.
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Fred

16/02/10 14:15
Je ne suis pas un expert en la matière, mais il me semble que Théodose était plutôt un sinistre bonhomme, caractériel, nerveux, versatile et fanatique qui, tombé sous le coupe des pontifes de l'église chrétienne, a imposé la religion chrétienne à ses concitoyens sous peine de perdre leurs droits civils. Il n'est "grand" qu'aux yeux de l'église. Il a aussi présider à de mémorables massacres comme celui de Thessalonique en 390 je crois.
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Rédaction@andy

08/02/10 16:28
Cher andy,

Merci pour cette précision qui a son importance. C'est maintenant corrigé grâce à vous.
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andy

08/02/10 11:26
Je signale seulement une coquille au début de ce compte rendu: le concile de Chalcédoine (451) a eu lieu, non pas un siècle et demi, mais un demi-siècle après la mort de Théodose.

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