Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !

Ce n'est pas un hasard si on le surnomme "Oreilles d'Or" chez EMI. Dès son arrivée, à l'âge de 16 ans, dans les studios d'enregistrement d'EMI, Geoff Emerick fait grande impression. Naturellement doué, mélomane, passionné et pointilleux, il fait vite des merveilles en studio d'enregistrement. Embauché comme stagiaire en 1962, il assiste aux premières séances d'enregistrement des quatre garçons dans le vent. Évoluant rapidement grâce à son sens du détail, il assiste l'ingénieur du son Norman Smith sur les albums des Beatles. Jusqu'à Revolver, en 1966. Smith étant parti s'occuper des prometteurs Pink Floyd, George Martin désigne comme Emerick ingénieur du son officiel des Beatles. Il n'a que 19 ans. C'est à ce moment-là, rempli d'angoisse et d'excitation (prémonitoires de la suite des événements), que débute En studio avec les Beatles.
Heureusement, Emerick passe l'épreuve du feu et réussit même à trouver l'astuce magique, grâce à la fameuse cabine Leslie, pour que la voix de John Lennon « sonne comme celle du Dalaï Lama chantant du haut d'une montagne » sur le fameux et avant-gardiste morceau "Tomorrow Never Knows". Et ce n'est que le début. Pendant sept années, et ici plusieurs centaines de pages, Emerick trouvera des solutions diverses, variées et souvent incroyables, pour satisfaire les caprices sonores les plus fous des Beatles. C'est entre les quatre murs des studios Abbey Road (qualifiés de "glauques" par Emerick!) que s'écrivent les plus belles pages de l'histoire de la pop music. Sgt. Pepper's Lonely Heart Club Band n'aurait pas été tel qu'il est, avec une telle chatoyance sonore, si Emerick ne s'en était pas mêlé. Mais cette émulation constante, cette passion et la fierté de travailler avec des musiciens hors-pairs que sont les Beatles ne suffisent pas à compenser les dissensions grandissantes qui se créent au fil des années. Le mauvais caractère de Ringo Starr, la distance de George Harrison, l'obstination de Paul McCartney et le lunatisme de John Lennon deviennent ingérables. Emerick claque la porte pendant l'enregistrement du White Album... Pour mieux revenir sur Abbey Road, le chant du cygne du groupe!
Malgré une position de choix pour voir et donc commenter les événements personnels qui influèrent sur la destinée des Beatles (l'arrivée de Yoko Ono, la déception indienne, les drogues, etc.), Emerick ne tombe jamais dans la psychologie de bas étage. D'après lui, les Beatles se séparent d'abord et surtout pour cause de divergences artistiques (John veut aller plus loin dans l'avant-garde tandis que Paul souhaite rester dans la pop, etc.) et non pas pour à cause de sombres et mesquines querelles de couples Lennon/McCartney.
1 commentaire
Led Zeppelin
Comme tu le dit si bien, " Nul besoin d'être un spécialiste du genre pour comprendre l'immense rôle que jouent les techniciens et les ingénieurs du son sur l'enregistrement d'un album".
Et comme tu le rajoutes : " de qui plus est un album des Beatles."
Ben oui, comme le reconnait lui-même l'humble Geoff Emerick, ce sont les idées complètement folles des Beatles qui l'on obligé à lui (mais aussi à George Martin), a se démerder à trouver des solutions à leurs exigeances.
Et le mot exigeance n'est vraiment pas trop fort, comme le dit Geoff Emerick, qui signale que pour eux le mot "impossible" n'existait pas.
Ce qui m'a aussi étonné, c'est que Geoff Emerick signale que lui et George Martin pouvaient manger avec d'autres musiciens lors des diverses sessions, alors qu'avec les Beatles c'était le contraire : lorsque ceux-ci voulaient manger, non seulement ils se commandaient des sandwichs sans même leur demander s'ils voulaient manger, mais de plus le groupe mangeait dans son coin, ne l'invitant que rarement lui et George Martin (ou même un quelconque technicien de studio)
On comprends bien que les Beatles faisait la différence entre-eux et les autres. (d'ailleurs Geoff Emerick signale qu'il ne savait même pas comment ils étaient en dehors des sessions de studios).
On comprends aussi qu'ils faisaient ce qu'ils voulaient, puisque qu'ils rentraient et sortaient des studios quand ils le désiraient.
(Si les autres artistes devaient respecter les horaires imposées par E.M.I, par contre les Beatles choisissaient eux-mêmes leur horaires, et personne n'osait rien dire)
Et le pire, c'est qu'ils voulaient construire leur propre studio, car ils n'étaient pas entièrement satisfait! (lol)
Bon sinon t'as raison de signaler qu'on rigole aussi dans ce livre, car si les Beatles pouvaient être des tortionnaires pour le personnel du studio, ils pouvaient aussi être comme des adolescents, débarquant dans le studio en chantant et dansant.