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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Un vœu de pauvreté en philosophie
[mercredi 27 janvier 2010 - 14:20]
Philosophie
Couverture ouvrage
Dire et vouloir dire: Livre d'essais
Stanley Cavell
Éditeur : Cerf
526 pages / 35,15 € € sur
Résumé : Des perspectives fraîches et originales en vue d'une philosophie du langage ordinaire.
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Stanley Cavell : Le vœu de pauvreté en philosophie

L’occasion est trop belle pour qu’un lecteur potentiel s’en prive : la publication du premier livre de Stanley Cavell - qui suit de peu celle en poche de deux de ses livre  - vient rappeler que l’intérêt pour la philosophie américaine se fait de plus en fort en France. A n’en pas douter la philosophie de Cavell qui se présente souvent dans un dépouillement formel et une simplicité langagière apparente recèle une complexité argumentative déroutante pour un lecteur non-initié, ainsi qu’une étonnante finesse dans les interprétations. La stratégie argumentative semble rappeler la tradition analytique et sa rigueur logique et argumentative à laquelle il est rattaché de facto, mais à y regarder de plus près toute la démarche philosophique de Cavell prétend subvertir cet esprit de clarté en insistant sur le devenir d’une démarche qui n’expose pas ses résultats de façon impudique, puisque comme le dit le penseur américain, la philosophie a pour vocation de se trouver sur une marche d’escalier et de méditer sa direction. Ainsi plutôt que des vérités achevées, il faudra parler dans ce livre d’interprétations qui cherchent avec justesse le moyen de coller au plus près de notre perception de ce qui est pertinent. Il y a donc plus qu’une vérité objective une interprétation de ce qui compte pour soi. Stanley Cavell a d’ailleurs fourni une critique de la philosophie analytique qui ne manque pas de tranchant. 

Cette complexité du texte qui fait souvent référence à la tradition anglo-saxonne (l’école d’Oxford, la philosophie d’Emerson) sous couvert d’un usage lexical presque ordinaire amène à une lecture du projet de Cavell qui s’articulerait autour de ce qu’il appelle - suivant ainsi son maître Emerson - un perfectionnisme philosophique, sorte d’éthique de la vertu qui conduit la philosophie à se rapprocher de son public en évitant les impasses transcendantales et métaphysiques du jargon (tout l’enjeu de traduction auquel se sont confrontés Sandra Laugier et Christian Fournier tourne autour de ce problème). L’ensemble du recueil d’essais témoigne de cette volonté de désinvestir le langage de la philosophie de sa chaire pour la ramener vers ce que Cavell nomme l’inquiétante étrangeté de l’ordinaire (the uncaniness of the ordinary).

Titre du livre : Dire et vouloir dire: Livre d'essais
Auteur : Stanley Cavell
Éditeur : Cerf
Titre original : Must we mean what we say?
Nom du traducteur : Sandra Laugier Christian Fournier
Collection : Passages
Date de publication : 24/09/09
N° ISBN : 2204088439
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2 commentaires

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un des noms ddi livre

29/01/10 22:04
"il faudra parler dans ce livre d’interprétations qui cherche avec justesse le moyen de coller au plus près de notre perception de ce qui est pertinent. Il y a donc plus qu’une vérité objective une interprétation de ce qui compte pour soi. "
l'orthographe n'est pas un luxe pour se rapprocher du public et,en l'occurence,ce sont les interprétations qui chercheNT le moyen de coller...
Par ailleurs, une virgule est nécessaire après "il y a donc," et après "objective"
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Pascal Duval

28/01/10 11:13
Ce voeu de pauvreté, dans laquelle disait déjà Emerson, l'Amérique trouve sa chance est déterminant pour l'accès de l'Amérique à sa pensée. Mais il nous regarde intimement aussi outre-atlantique. J'essaie, pour ma part, sur http://study.stanley-cavell.org de tirer toutes les implications de ce perfectionnisme qui nous (re)vient d'Amérique.

L'intérêt de Stanley Cavell est qu'il ne sacrifie pas à une certaine scène philosophique (disons cette méconnaissance entretenue entre la philosophie anglo-saxonne et la philosophie continentale).


Je vous remercie pour cette très belle présentation de Stanley Cavell et témoigne que s'installer dans Stanley Cavell offre effectivement une joie au quotidien et que Stanley Cavell permet d'envisager un certain souci du monde (dans ses phénomènes les plus actuels) mais libéré de l'effroi et de toute cette eschatologie de fin des temps qui le hante.





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